‹ Contribution à l'étude de l'Encéphalite épidémique polymorphe: Chez l'enfantChapitre 18 sur 32 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

Encéphalite épidémique polymorphe avec toux spasmodique ; spasme myoclonique du diaphragme. — Facies figé. — Psychose, anorexie mentale. — Troubles démentiels.

M... Charles, 12 ans.

A. H. : Père : 52 ans, bien portant, travaille dans une usine.

Mère : 47 ans : trois enfants ; aîné : 20 ans ; second enfant : 14 ans ; troisième enfant : 12 ans : c’est notre malade.

Une fausse couche.

A. P. : Enfant nourri au sein ; enfance normale.

Il y a 18 mois, l'enfant est resté alité pendant dix jours. Le médecin traitant aurait parlé de symptômes méningés. A cette époque, l’enfant aurait présenté les signes suivants : yeux fixes, indifférence complète, pas de conversation possible ; pas d’incontinence des matières, mais constipation ; pas de raideur. L'enfant restait inerte dans son lit sans rien demander. Cet état a duré huit jours, puis l’appétit est revenu progressivement ; l'enfant a pu suivre de nouveau la classe au bout de six sémaines et a repris son aspect normal. La mère n’a pas remarqué alors de changement de caractère, l'enfant est resté très gai.

- Le 3 janvier 1922, l'enfant se plaint de frissons : toux continuelle sauf pendant le sommeil, La toux est sèche et bruyante

AU

et dure sans arrêt pendant la journée : elle est moins forte, moins intense à certains moments, mais aussi fréquente.

Quand l'enfant dort, la toux cesse complètement ; dès le réveil, la toux reprend. Pas d’appétit : l'enfant ne tousse pas davantage en mangeant.

Depuis quinze jours, l'enfant ne dit pas un mot de lui-même et répond aux questions à voix basse, enrouée. L'enfant ne lient pas à se lever, cependant il s'habille tout seul assez rapi: dement., Aussitôt habillé, il s’assied et ne bouge plus : il semble n'avoir aucun désir. L'enfant dessinait encore quelquefois, mais, depuis quinze jours, il ne fait plus rien et ne lit même plus. Affectueux autrefois, l’enfant est moins caressant, s’agace et semble de plus en plus indifférent.

Vers le Q mars 1922, l'enfant aurait eu des crises convulsives pendant trois jours, mais survenant seulement le soir, de 7 à Q heures. L'enfant étant couché sur le ventre, les bras et les jambes étaient animés de mouvements de torsion. La mère a eu l'impression que l'enfant continuait à dormir pendant la crise : la respiration était alors sifflante. Pas d’inconlinence.

Fncore actuellement, les membres de l’enfant sont agités de mouvements athéloïdes, de torsion sur eux-mêmes, pendant la nuit, mais l’enfant ne {ousse pas pendant cette crise.

Autrefois, l'enfant avait un facies animé ; actuellement, l’allure est figée.

Depuis le 3 janvier, il ne va à la selle qu'après lavement ; il ne bave pas et ne crache pas.

Depuis six semaines, l’enfant refuse de manger et, depuis quinze jours, il ne prend plus qu'un peu d’eau et de limonade, prétendent qu'il a envie de vomir. Depuis six semaines, il ne prend plus ni pain ni viande ; il acceptait encore quelques œufs jusqu'il y a quinze jours ; depuis ce moment. plus rien. L'enfant est toujours refroïdi.

Ftat actuel : 22 mars 192%. — Démarche : l’enfant titube, avance avec difficulté.

Réflexes oculaires normaux, Réflexes patellaires très vifs.

Rabinski en flexion ; pas de trépidation épileptoïde.

Toux spasmodique continuelle avec 20 à 30 secondes de

pause entre les accès. Pas d'effort considérable dans cette toux qui semble superficielle : le thorax est à peine secoué. On peut en figurer le rythme de la façon suivante :

Pie inspir. toux inspir. toux toux CAT — III — HIT pause (20 à 307) JN — JT —

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