TE
3 ou 4 séries de secousses expiratrices,
Pendant le sommeil, disparition de la toux, mais quelques mouvements cloniques des bras et des jambes.
2h mars 1922 : Petites secousses (quatre séries de secousses) dues uniquement à l'expiration, d’origine diaphragmatique et abdominale, cessant dès le début du sommeil.
Tremblement, mouvements myocloniques pendant le sommeil ; petites secousses musculaires des muscles de la cuisse. Petites secousses dans les membres supérieurs, agitant faiblement la main. Dès le réveil, l’enfant tousse aussitôt.
Examen du liquide céphalo-rachidien : réaction ceytologique discrète (quelques mononucléaires dégénérés avec cellules endothéliales).
Hyperglycorachie : 81 centigrammes (normale : 50 centigr.)
Albumine : 0 centigrammes.
Toute la journée, l'enfant reste au lit, couché sur le dos, ne parle pas, répond à peine, ne s’occupant pas des autres enfants : indifférence complète. Il ne s’assied même pas sur son lit.
Depuis 48 heures, il n’a uriné que 450 eme d'urine. Pas de selles.
Alimentation depuis 48 heures : deux verres de limonade.
I n’y a pas moyen de lui faire avaler quelque chose, même en insistant et en lui expliquant que rien ne l’empêche de manger. Il a fini par accepter quatre cuillers de lait par per: suasion., Îl prétend avoir un chatouillement dans la gorge au moment où il tousse et répond à voix basse.
Etat général : l’enfant est très maigre. Marche un peu titubante due à l’état d’inanition. La paupière gauche paraît plus tombante que la droite,
L'anorexie est seulement d'origine psychique : on ne peut lui faire avaler ni bouillon, ni lait, ni café.
24 mars 1922 : Tension artérielle au Pachon : 14-8.
Examen des Yeux : pas de troubles oculaires de motilité intrinsèque,
Parésie de la convergence. — Diplopie croisée s’exagérant dans le regard à gauche (parésie du droit interne droit), Pupille droite légèrement plus dilatée que la gauche.
Réflexes normaux. — Acuité visuelle normale.
25 mars : Eramen des urines et du sang.
Ürines : Densité : 1028.
Quantité : 4oo eme en 48 heures.
Urée au.litre : 27 gr. 26.
— en 24 heures : 10 gr. 30.
Pas d’albumine, ni de nueléo-albumine.
Mucine en quantilé notable. — Urobiline en excès. Pas de glucose, — Traces d’indican.
Phosphates au litre : 4 gr. 10 (sur 4oo gr. d’urines en 48 heures).
Phosphales en 24 heures : o gr. 4r.
Sang.
Numération : globules rouges : 4.960.000, globules blancs : 7.600.
Formule leucocytaire
Polynucléaires ........ PRE NE PC 39
Formes de passaréi. 2 25e ie dti otae ' Mononueléairestonands Ps 13 — IDONCNE EL. AALAULT ÉNRON ET ATEN SECONRNT Ne es LE)
Mononucléose : 57 %.
27 mars : Urines des 48 heures : 200 eme. — Alimentation toujours aussi pénible : il faut lutter longtemps pour faire prendre quelques cuillerées à l’enfant : lavement goutte à coutte au sérum glucosé à 50 %.
L'enfant qui, ordinairement, parle bas et semble enroué, peut parler à haute voix quand on insiste,
Un essai d'alimentation à la sonde ne réussit pas, mais impressionne l'enfant qui avale un bol de chocolat.
Pendant la journée, en insistant beaucoup, l'enfant prend hoo grammes de chocolat au lait avec trois jaunes d'œuf.
28 mars 1922 : Alimentation : 400 grammes de chocolat avec jaunes d'œuf.
Radiographie : Ganglions hilaires très marqués aux deux hiles. Induration du sommet droit sous la clavicule.
L'enfant inspire d’un seul coup, mais il n’a aucun mouvement du diaphragme habituel : l’expiration se fait par la toux, en deux ou trois fois successivement.
1 et 2 avril 1922 : l’enfant absorbe deux verres de limonade en deux jours. Potion au benzoate de benzyle : trois cuillers à soupe par jour et sérum glucosé.
3 avril : la mère est venue voir le malade : scène de larmes et, cependant, malgré la promesse que sa mère viendra le chercher quelques jours plus tard s’il accepte de s’alimenter, il ne veut rien prendre. Dans la journée : trois cuillerées à soupe de chocolat, un verre de limonade et sérum glucosé. Benzoate de benzyle : cinq gouttes, deux fois par jour.
4 avril : Poids : 30 k. 300. Depuis onze jours, l'enfant a perdu {oo grammes.
Alimentation des huit derniers jours
h litres de sérum glucosé à 50/000= 200 gr. de sucre.
1300 gr . de chocolat au lait additionné de jaunes d'œufs.
Ouelques verres de limonade.
5 avril : À l’aide d’un ouvre-bouche snécial usité en laryngolosie, on essaie de faire pénétrer une sonde stomacale, mais un spasme du cardia empêche l'introduction dans l’estomac. L'enfant se débat : il faut six personnes pour le maintenir. L'évreuve échoue.
Gardénal : o gr. 10 centigr. par jour.
6 avril : Une sonde œsophagienne à pu vaincre le spasme du cardia. L'enfant refuse d'ouvrir la bouche et il faut deux ouvre-bonche placés successivement pour pouvoir passer la sande. T’enfant se débat avec nne force très grande nécessitant l’intervention de quatre personnes, Fos orammes de café au lait ont été introduits dans l'estomac, Vomissements aqueux
dans la journée. Le gardénal a produit de l'agitation nocturne et des cauchemars. Etat mental stationnaire. La toux persiste avec les mêmes caractères qu'au début. L'enfant reçoit journellement un litre de sérum glucosé avec > grammes de bromure à partir du 7 avril.
7 avril 1922 : Rien dans la journée comme alimentation, malgré les supplications de sa mère qui est venu le voir.
8 avril : Alimenté à la sonde : un litre de lait et deux jaunes d'œufs. |
9 avril : N'a rien absorbé. L’agitation pendant le sommeil continue, mais moins intense. Cauchemars.
Les tremblements musculaires continuent aussi intenses, plus marqués du côté droit.
10 avril : Alimentation à la sonde : 1 litre de liquide. Il faut toujours quatre personnes pour arriver à passer la sonde et à maintenir l'enfant. Il faut le surveiller lorsqu'il se recouche, car il essaie de se faire vomir : il faut attacher ses mains jusqu'à ce que la digestion gastrique soit terminée.
11 avril : un litre de lait et œufs à la sonde.
12 awril : — jusqu'au 15 avril.
18 et 109 avril : Alimentation par voie rectale : 1 litre par jour.
Depuis le 13 avril. le malade se plaint de céphalée occipitale discontinue, L'enfant à perdu un kilo du 5 au 18 avril et un autre kilo du 18 au 25 avril.
>> avril : Les cauchemars ont fait leur réapparition.
5 avril 1092 : L'enfant quitte l’hônital le 25 avril : avant son départ, on lui fait une ponction lombaire qui donne une hvnerolveorachie très nette, soit o gr. 86 centiger. de sucre.
Pendant la fin de son séjour, l'enfant est resté immobile, fourné vers le mur contiou à son it, silencieux, indifférent » Aout. Il ne parle pas. T était dans le même état que chez lui. au début de sa maladie.
15 juin ras2 : Depuis le retour du jeune malade chez ses varents, nous avons appris qu'il s’alimente en cachette pendant la nuit.
Tes parents avant Jaissé, un soir. du beurre sur une table
vojsipe du lit de lenfant, constatèrent Je lendemain matin
que la motte était fortement entamée. Ils conçurent alors l’idée de déposer des aliments tous les soirs sur celte même table. L'enfant a continué à se nourrir de cette façon, mais sans vouloir rien prendre pendant le jour. L'état général est resté sensiblement le même. Cette façon de s’alimenter en cachette ne peut être considérée comme une amélioration de l'état psychique du malade.
Vers les mois de juillet-août 1920, l'enfant est tombé brusquement malade et a présenté, pendant huit jours, un syndrome étiqueté : état méningé, se manifestant surtout par une sorte de torpeur et d'indifférence, avec constipation, mais sans raideur. La convalescence est survenue au bout de dix jours et la santé est revenue intégralement sans séquelles, sans modification de caractère. L'enfant est resté très gai ; il est retourné en classe au bout de six semaines et a recouvré un excellent appétit.
Pendant près de dix-huit mois, la santé de l'enfant reste normale quand, le à janvier 1922, le jeune malade est pris de frissons et se met à tousser continuellement pendant la journée, d’une petite toux nerveuse, sèche et bruyante, donnant plutôt l'impression d’un tic, d'une manie d'enfant, plutôt que d’une toux due à une affec- Hon pulmonaire. Cette toux cesse complètement pendant le sommeil. En outre, l'enfant devient indifférent, reste au Hit le plus possible, ne cherche plus à se lever, ni à jouer, I parle à voix basse, enrouée et dit à peine quelques mots. I devient sombre, taciturne, ne lit plus, ne travaille plus. D'affectueux et caressant qu'il était, il devient nerveux et irritable. Il présente en outre, dans la soirée, une sorte de crise bizarre constituée par des
mouvements athétoïdes des membres, de torsion et de
SR
reptation sur eux-mêmes, crises survenant pendant le somineil, sans rompre ce dernier.
Cet état bizarre dure depuis trois mois quand l'enfant entre au service. En même temps, le facies est devenu triste, sans expression, fermé et soudé. L'appétit a diminué progressivement et, depuis quinze jours, l'enfant ne veut plus s’alimenter et ne prend que de l'eau et de la limonade.
Cette toux nerveuse, bien décrite dans l'observation, persiste toujours et ne cesse que pendant le sommeil de l'enfant pour recommencer dès le réveil. Bien entendu, on ne constate aucune lésion pulmonaire pouvant expliquer cett” toux.
Mais ce qui domine maintenant toute la symptomatologie de l'affection, c'est l’anorexie mentale du sujet, qui se refuse absolument à prendre n'importe quelle nourriture, avec un entêtement qui va croïssant.
Après avoir essavé de la persuasion, il a bien fallu le nourrir de force au moyen d’une sonde œsophagienne, mais cela ne se fait pas sans une très grande résistance de l'enfant qui se débat de toutes ses forces. On lui fait en outre des injections de sérum glucosé ou du goutte-àcoutte rectal.
À noter cependant que la sonde se heurte à un spasme du cardia au'il faut vaincre pour pénétrer dans l'estomac. On continue à l’alimenter ainsi tant bien que ral, soit par sonde œsophagienne, soit par goutte-àœoutte rectal. 1 maigrit visiblement et refuse toujours de s'alimenter.
On voseaie de Jui donner dun gardénal, dans l’espoir ane ee médicament calmant facilitera son alimentation,
mais, au contraire, cette spécialité semble provoquer chez
lui de l'agitation nocturne et des cauchemars. Le bromure de potassium ne réussit pas mieux.
L'enfant persiste ainsi dans son mutisme, son indifférence et son inébranlable volonté de ne pas se nourrir jusqu'au 25 avril 1922, date à laquelle ses parents veulent le reprendre chez eux.
Il reste toujours renfrogné dans son lit, ne parle plus el présente toujours sa toux spasmodique.
L'hyperglycorachie a augmenté et est passée de 81 à 86 centigrammes.
15 juin 1922. — Depuis quelque temps, l'enfant se nourrit la nuit avec des aliments qu'on laisse à sa disposition, sans paraître le faire exprès.
OBSERVATION VIIT
(Cette observation nous a été très aimablement communiquée par le D' THinesse, d'Epinal, ancien interne des hôpitaux.)
Encéphalile épidémique à début brüsque simulant une gastroentérite. — Forme oculo-léthargique avec ptose de la lèvre inférieure, surtout nette à droile. — Hyperglycorachie. — Guérison sans séquelles. | Suzanne F..., 11 mois 1/2.
Amtécédents héréditaires et personnels : Enfant toujours bien portante et forte pour son âge, assez grasse, nourrie au sein et au biberon ù |
Aucun antécédent bacillaire dans Ja famille ou l'entourage. Pas d’éthylisme.
Histoire et début de la maladie. — Le Docteur TniNesse est appelé près de l’enfant, le »0 février 1022, dans l’après-midi.
HW: v a deux jours, soit le 18 février, elle a sucé deux quartiers d'orange et un gâteau et, depuis 36 heures, elle présente de Ta diarrhée, Elle à eu aussi un vomissement et quelques
régurgilations. Cet état s'accompagne de fièvre : l'enfant est abattue, dort mal et boit peu.
20 février 1922, au soir : Température : 38°6. Langue blanche. Pouls aux environs de 100. L'enfant a eu, dans la journée, cinq selles verdâtres très glaireuses.
On porte d'abord le diagnostie de troubles digestifs, entérite et on constitue le traitement suivant : diète (infusion, eau de riz), salicylate de bismuth et lactéol.
21 février 1922 : Mème état que la veille.
22 et 23 février : Amélioration : trois selles seulement, très peu glaireuses. L'enfant est un peu abattue. On reprend le lait dans l'alimentation en alternant avec l’eau de riz. On continue les antiseptiques intestinaux, mais on remplace le salicylate de bismuth par l’aniodol à l’intérieur
24 février : Deux selles à peu près normales : les troubles digestifs semblent s’amender, mais il subsiste de la fièvre avec abattement. L'enfant refuse de boire et devient de plus en plus maussade : le sommeil est agité.
25-28 février : Agoravation générale des symptômes, La fièvre monte de 38° à 39°5. Les traits sont tirés et l’enfant pousse des cris à timbre hydrencéphalique.
On constate en même temps un léger strabisme, de l’inégalité pupillaire et une légère photophobie, mais variables d'intensité aux divers moments de la journée, On constate également une ptose de la lèvre inférieure, mais plus accusée du côté droit.
L'enfant repousse les personnes qui l'entourent et rejette Les jouets et les objets qu'on lui présente. Elle présente une certaine somnolence et semble avoir de l’hyperesthésie généralisée. Respiration ‘un peu rapide.
On songe à un début de méningite, malgré l'absence de Kernig. Il n'y a pas de véritable photophobie, ni de rétraction du ventre en bateau. Il n’y a ni constipation marquée, ni vomissements caractéristiques.
L'état devenant alarmant, M. le Prof. HauUsnALTER est appelé en consultation.
a mars 1922,: Tous les symptômes ci-dessus décrits persistent. Une ponction lombaire est pratiquée : le liquide céphalo-
EU
rachidien s'écoule abondamment, sous très forte pression, mais absolument clair. L'examen de laboratoire y décèle la présence d’une très forte quantité de sucre : hyperglycorachie très nette : o gr. 70 egr. On porte le diagnostic d’encéphalite et on commence un traitement comprenant l'administration d’antiseptiques intestinaux, d’urotropine et d'iodaseptine.
Dès le soir du 2 mars, l’enfant paraît mieux et s'intéresse à quelques jouets. Fille ouvre les yeux el regarde autour d'elle. Le lendemain et les jours suivants, l'amélioration continue rapidement, la fièvre tombe ; tous les symptômes de Ja maladie disparaissent peu à peu.
Le 14 mars, l'enfant est considérée comme guérie : on cesse tout traitement. Seule persiste la ptose de la lèvre inférieure, toujours plus accusée à droite. Ce n’est que plusieurs semaines après que cette ptose a disparu complètement.
Cette enfant de 11 mois, soignée par le D° THixesse, a été atteinte d'une encéphalite à début brusque, mais bizarre en ce sens qu’elle présentait tous les signes de la gastro-entérite aiguë des nourrissons avec diarrhée, selles glaireuses verdâtres.
Ce n’est que six jours après le début qu'apparaïssent les véritables symptômes de l’encéphalite épidémique polymorphe, caractérisés par une fièvre assez élevée, des signes d'irritation méningée, sans Kernig cependant et, chose plus importante, par du strabisme, de l'inégalité pupillaire et de la photophobie. Le médecin traitant signale également une ptose de la lèvre inférieure surtout accusée du côté droit. On constate aussi une certaine hyperesthésie cutanée et de la somnolence s’accompagnant d'indifférence : l'enfant crie et pleure, repousse les personnes qui la soignent, devient maussade, ne joue plus, est complètement abattue.
Tous ces symptômes oculo-léthargiques durent pendant
so Les .6 à 7 jours et la ponction lombaire pratiquée à cé moment dénote une hyperglycorachie très nette.
À partir de ce moment, les symptômes s'amendent très rapidement : l'enfant sort de sa torpeur, la fièvre tombe tandis que les phénomènes oculaires régressent.
Seule la ptose de la lèvre inférieure persiste encore plusieurs semaines, au bout desquelles elle disparaît entièrement.
En résumé, il semble bien que nous ayions affaire ici à une atteinte d'encéphalite épidémique chez un nourrisson de 11 mois, ayant présenté un peu de somnolence et d'abattement avec torpeur, caractérisée surtout par du strabisme et de l'inégalité pupillaire, une légère atteinte de la zone sensitive se traduisant par de l'hyperesthésie cutanée, et une paralysie de l’orbiculaire des lèvres, mais paralysie partielle localisée à la moitié droite de la lèvre inférieure.
La guérison semble avoir été complète au bout de quelques semaines, non suivie de séquelles.
Mais à quoi attribuer ce début par des phénomènes d'ordre intestinal : diarrhée, selles glaireuses verdâtres ?
Suivant, la théorie de M. Coms, partisan de l'unicité de l’encéphalite et considérant l’encéphalite épidémique dite léthargique comme une simple modalité de l’encéphalite aiguë non suppurée de l'enfance, nous aurions pu porter le diagnostic d'encéphalite aiguë consécutive à une gastro-entérite ou à une infection du tube digestif, mais l’hyperglycorachie constatée à la suite de la ponction lombaire n'est-elle, pas la signature de l’encéphalite épidémique polymorphe ? surtout qu’elle fut accompagnée de paralysies oculaires, de ptose de la lèvre inférieure, de
ER
somnolence. Tous ces symptômes ont présenté également celte fugacité, cette variabilité propres à l’encéphalite épidémique.
L'évolution complète de la maladie a duré environ six semaines et il semble que lenfant ait échappé aux séquelles habituelles de laffection jusque maintenant, mais il est encore trop tôt pour se prononcer définitivement à ce sujet.
Nous pensons donc qu'il s’agit bien ici d'une forme d'encéphalite épidémique, à début anormal par des phénomènes d'ordre gastro-intestinal, à moins qu'il n'y ait eu coïncidence d’une atteinte de gastro-entérite avec l'apparition de l’encéphalite polymorphe chez le même sujet.