C..., Maurice, 6ans. février 1920. G
C..., Henriette, Gans. février 1920. Jon PAP Teanune 8ans. 30 juin 1921. F.
M..., Charles, 12 ans. 3 janvier 1922. G.
F..., Suzanne, 11 mois. 18 février 1922. F
D'après ce tableau, nous pouvons aussi constater chez tous la longue évolution de la maladie : sur huit enfants, cinq ont vu leur encéphalite débuter entre décembre ct février 1920, et, depuis cé moment, l'affection continue à évoluer jusque maintenant. Elle a tout au moins laissé des séquelles persistantes, dont rien ne peut faire prévoir la disparition ou tout au moins la diminution.
Pa = 152 —
M. Leswé signale de son côté que, deux fois sur seize cas, l'encéphalite s’est compliquée de chorée du type Sydenham et deux fois, elle a été suivie de signes de démence précoce.
Les premiers auteurs qui ont étudié l'encéphalite épidémique chez l'enfant ont pensé qu'il y avait licu de faire des réserves pour le pronostic et qu'un certain nombre de cas d’épilepsie, d’hémiplégie ou diplégie, de troubles mentaux étaient les séquelles d'encéphalite survenues dans l'enfance.
MM. Parerson et SPENCE ont pu observer très complètement vingt-cinq enfants dont le plus jeune avait 3 mois et le plus âgé 11 ans : chez tous, le diagnostic avait été posé de façon incontestable : ils ont été revus au moins un an après la fin de la période aiguë. La mortalité a été très faible : un seul cas chez un enfant de »1 mois (début brusque avec fièvre, convulsions, délire, puis coma et mort en sept jours).
Il y a eu six guérisons complètes.
Chez les dix-huit autres, les séquelles mentales sont très fréquentes : sept enfants sont des idiots pour qui on ne peut espérer aucune amélioration. Chez les onze autres, les troubles mentaux sont moins accentués : quelquesuns peuvent reconnaître leurs parents, mais sont incapables d'apprendre quoi que ce soit : ils resteront des imbéciles ; d’autres ont un déficit intellectuel plus ou moins prononcé, parfois des tendances délictueuses.
Les séquelles nerveuses organiques sont très variables le développement général est peu troublé, les enfants grandissent et prennent du poids, mais les plus jeunes sont en retard pour faire leurs premiers pas.
Dans quelques cas, on observe des paralysies organi-
rire
ques, mono ou diplégies spasmodiques, tout à fait semblables aux paralysies consécutives à un traumatisme obstétrical ; dans d’autres cas, de l’ataxie et de l’incoordination des membres supérieurs ; un seul enfant est atteint de paralysie agitante à la suite d'une encéphalite choréiforme. Ces séquelles d’encéphalite sont d'autant plus graves que l'enfant est plus jeune et que la maladie s'est montrée plus forte et plus longue.
M. Srær de Vienne a eu l’occasion de suivre vingt-deux sujets qui avaient présenté une encéphalite de peu de gravité. La suite des événements a montré à M. SPÆr combien son pronostic initial optimiste était peu justifié. Après une sédation complète des symptômes objectifs et subjectifs de plus ou de moins longue durée, bien des malades qui paraissaient définitivement guéris revinrent avec Jes troubles les plus divers. Chez la plupart, la rechute ne survint qu'après plusieurs mois et consistait soit en syndrome parkinsonien, soit en atrophie musculaire, soit en sialorrhée, soit encore en céphalée persistante et insomnie rebelle. On voit par là combien le pronostic lointain des encéphalites doit être réservé.
Si, d’après la statistique du ministère de l'hygiène, les enfants sont touchés dans la proportion de un pour deux adultes et si la moyenne des décès est exactement Ja même aux deux périodes de la vie, il nous faut conclure que le pronostic vital de l’encéphalite épidémique est plus sombre chez les enfants que chez les adultes, quoique les premiers soient moins souvent atteints que les seconds.
L'âge de prédilection de l’encéphalite polvmorphe semble osciller entre 0 et 4o ans. En poursuivant nos recherches bibliographiques et d’après les cas que nous avons rencontrés dans les différents services hospitaliers, nous
avons pu remarquer le très grand nombre de jeunes gens frappés entre 15 et 25 ans.
Quoique, dans ces derniers mois, un assez grand nombre de cas infantiles aient été signalés dans diverses sociétés médicales, il semble que l’encéphalite soit moins fréquente chez l'enfant (de 1 à 12 ans) que chez l'adulte, mais le pronostic à longue échéance est aussi sombre chez les uns que chez les autres, plus sombre même chez Jes enfants, étant donné Îles tristes conséquences qui en résultent pour leur avenir.
Sur huit enfants que nous avons observés, sept ont présenté cette longue évolution tenace ou ces séquelles persistantes dont rien ne semble faire prévoir la disparition.
Un seul de nos jeunes malades n’a pas présenté de troubles mentaux ou psychiques nets : il n’en était pas moins atteint d’un syndrome parkinsonien typique. Seule la jeune malade soignée par le D° TniNesse n'a pas présenté de séquelles.
Chez cinq enfants sur huit, l'affection évolue depuis plus de deux ans, ce qui prouve bien la longue persistance du virus au niveau des centres nerveux.
Notre conclusion est que sans pouvoir donner plus de précision, le pronostic relatif à l’avenir de l'enfant est très sévère. Celui-ci ne peut être porté d'une façon à peu près sûre que plusieurs mois et même plus d’un an après le début de l'affection, car, c'est après une phase d'apparente guérison ou de convalescence que surviennent insidieusement les séquelles de toutes sortes ou mieux ces formes chroniques à évolution lente susceptibles de régresser quelquefois, mais capables aussi de présenter des rechutes inattendues ou des recrudescences
sous l'influence d'une nouvelle épidémie ou d’une affection intercurrente.
Il existe cependant un très grand nombre de formes légères ou larvées qui ne sont pas suivies de séquelles et où la guérison semble complète, mais il faut attendre plusieurs années avant d'être absolument rassuré pour l'avenir.
Quant au pronostic vital, il est déjà très sévère à lui seul. Un assez grand nombre d'enfants ont succombé à la période aiguë de l'affection, dans les dix ou douze premiers jours, soit par suite de l'intensité des phénomènes nerveux, soit à la suite d’une affection intercurrente ou d'une complication pulmonaire.
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