PTS
Nous voulions seulement montrer, au début de ce traval, sous quel jour avait été envisagée jusqu'ici la question qui nous occupe.
Liltérateurs, juristes, médecins ont traité le sujet de facons bien diverses; cent hypohtèses ont été émises sur les causes principales de la perversion infantile: cent réformes différentes ont été préconisées comme traitement primordial. Mais toutes ces hypothèses formulées, toutes ces réformes si ardemment réclamées sont nées jusqu'ici de l'étude purement sociale des faits. Les médecins euxmêmes sont très peu sortis, dans leurs recherches, du domaine de la sociologie.
Nous ne saurions, certes, les en critiquer, le problème de la criminalité n'est-il pas, avant tout, d'ordre social, et n'est-ce pas dans le sens où la médecine touche aux questions de psychologie et de législation que nos devanciers devaient pousser leurs recherches ? Mais nous avons voulu nous placer sur un terrain purement médical et apporter à l'étude des faits une méthode d'observation pareille à celle qu'emploie le médecin dans l'examen clinique d'un malade.
Dans une thèse toute récente et pleine d'intéressantes chservations, M. le docteur G. Colombier, de Bordeaux, vient d'étudier le phénomène de la criminalité juvénile en appliquant aux jeunes filles de la maison de préservation de Cadillac une méthode d'étude clinique analogue à celle que nous préconisons.
C'est cette méthode, professée par notre maître, le docteur Etienne Martin, dans ses leçons à la prison Saint- Paul, que nous allons tâcher d'exposer.