L'ÉPILEPTOIDIE COMME DIALECTIQUE PATHOLOGIQUE ; DE L’ETRE AU MONDE
Si nous nous arrêtons à la diversité remarquable des éléments qui, indépendamment les uns des autres, nous apparaissent suffisants pour affirmer lépileptoïdié d’un sujet, nous sommes en droit de nous demander si ce terme recouvre une entité justement isolable.
| Chez tel sujet une hérédité épileptique nous suffira pour affirmer notre diagnostie, alors que chez tel autre, nous l’affirmerons aussi sans qu'une telle hérédité puisse en aucune façon être retrouvée. De même des antécédents personnels de convulsions infantiles pourront nous donner une preuve pour l’un alors que leur inexistence ne nous arrêtera pas chez l’autre. Dans le seul cadre de la clinique proprement dite, nous n’hésitons pas à rapprocher deux enfants en apparence combien différents ! Quelle est donc cette maladie dont tous les caractères isolément suffisent sans qu'aucun soit jamais nécessaire ?
En fait, comme le laissait entendre la définition que nous donnions au début de ce travail, le substantif « épileptoïdie » dérive d’un adjectif et c’est de là que vient notre gêne. Dans la nosologie classique la démarche est inverse, la maladie d’abord individualisée donne sa qualité à l’être qu’elle habite.
Est anémique celui que frappe une anémie, paludéen eelui qu'a contaminé le paludisme. Et ce serait une tautologie que de vouloir définir une maladie par le caractère d’en être atteint. C’est. justement ce risque dont nous voudrions nous garder. L’épileptoïdie n’est'que le fait de se manifester épileptoïde. Ce n’est donc pas une maladie. Ge n’est pas non plus seulement la. mentalité de l’épilepsie puisque nous ne considérons pas -comme nécessaire les manifestations essentielles de celle-c1.
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Est-ce donc une constitution ? Peut-être, mais nous ne pouvons mettre toujours en Ste le caractère Core des troubles observés.
Sans préjuger de cette dernière hypothèse, il reste our que l’épileptoïdie nous apparaît comme une certaine modalité d'existence. Ne pouvant l’isoler que par sa description, nous ne devons l’aborder que dans l’esprit d’une analyse phénoménologique, syndrome si l’on veut, mais que nous devons alors ranger dans le cadre d’une pathologie du comportement.
Nous allons chercher dans les pages qui vont suivre à . montrer la validité et la valeur un te d’une telle perspective.
Pour cela, dans un premier point, nous chercherons à appliquer à à l’épileptoïdie les conceptions d’une phénoménologie gestaltiste.
Dans un deuxième point, nous envisagerons sous . Soeb quelques constatations expérimentales d’électrophysiologie cérébrale.
Dans un troisième point, enfin, nous examinerons le rap-
prochement à faire, de ce point de vue, entre ÉpHepioue et la
deuxième enfance.
De cette triple étude naîtra d’une façon en quelque Lu exhaustive la question que nous indiquions dans notre introduction, question justifiée par cela même qui nous amènera à la poser, question qui, pensons-nous, indique l’homogénéité possiblé de l'entité à l’étude dé laquelle nous nous sommes attaché : l’épileptoïdie pourrait-elle être considérée comme sousous par une perturbation au plan perceptif de l’ pen des messages sensoriels..
M. Merleau-Ponty, dans son livre sur la phénoménologie de. la perception nous dit : « Le premier acte philosophique serait de revenir au monde vécu en-deçà du monde objectif, de rendre à la chose sa physionomie concrète, aux organismes leur manière propre de traiter le monde, à la subjectivité son inhérence historique, de retrouver les phénomènes, la couche