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pas des foyers temporaux. Certains, en particulier, présentent une symptomatologie E.E.G.ique proche de l’épilepsie diencéphalique. Mais la répercussion thymique de celle-ci n’est-elle pas bien connue ? Et certes une telle modification entraîne à coup sûr un remaniement du champ hodologique tel que plus haut nous l’avons défini. Plus démonstrative à cet égard qu’une longue disgression nous paraît être dans sa sobriété la pertinente remarque d’une malade épileptique du Docteur Blanc : « Au fond, à 10 ans, je ne voyais que des vieilles femmes et des porches d’églises ».
Nous plaçant maintenant sur un plan plus général, nous voudrions encore rapporter des conclusions du Professeur Lhermitte dans son livre « Le cerveau et la pensée ».
« La question que l’on peut se poser, nous dit le Professéur Lhermitte à la page 94 de son livre, est de savoir si le rythme de Berger ne correspond pas au scanning, à la scansion qui est le fondement du transmetteur de la télévision. »
Expliquant ensuite comment le scanning convertit les messages spatiaux en signaux étalés dans le temps et comment cet étalement permet une comparaison entre toutes les images-souvenirs fixées selon le même code, le Professeur Lhermitte ajoute que «tout changement profond du scanning doit fatalement amener un bouleversement dans les influx visuels et se traduire par un désordre dans les perceptions ».
Deux ordres d’expérience nous sont ensuite rapportés.
D'une part, le rythme alpha étant réduit de 20 % dans sa fréquence sous l’influence d’une narcose, les sensations s’éteignent progressivement après avoir été parfois on d’hallucinations.
D'autre part, Grey-Walter a mis en évidence que l’accélération de la fréquence d’une stimulation lumineuse intermittente amène le sujet à percevoir des choses qui ne COTrespondent pas aux excitations sensorielles «et quand la cadence du fliker se rapproché de celle du rythme alpha de profonds changements apparaissent dans la perception. Dans cette expérience le sujet peut éprouver les plus singulières sensations de dépla-
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cément corporel ou de représentations visuelles et lé désordre peut aller si loin que si le sujet recèle une tendance à l’épilepsie une crise dé petit mal ou un paroxysme convulsif peut en être la conséquence ». Grey-Walter rapproche de cette expérience le fait qu’une telle stimulation intervénant sur un mécanisme comportant un scanning « non seulement tout autre signal serait -masqué, mais des messages falsifiés apparaîtraient très vite ct éloignés par leur RAS de ce ML "on devrait en eue ndre ».
La réunion de ces ; différents éléments amène le Professeur Lhermitte à conclure : « La mise au jour du jeu respectif des messages. sensoriels et des phénomènes de la scansion est très loin de nous donner le tout de la perception maïs au moins elle nous livre une partie dé ce qui est purement cérébral dans cette prise de contact de notre corps avec le monde extérieur ». |
Nous avons voulu citer presque à la lettre cet important passage pour ne pas risquer d'interpréter abusivement la pensée de son auteur. Nous croyons seulement que cétte conclusion : ‘ajoute son appui à une conception de la dysrythmie épileptoide envisagée comme le signe d’une perturbation dans les-rapports perceptifs que l’être entretient avec son monde.
Si nous rapprochons maintenant de cette conclusion la constatation de Lennox et Gibbs selon laquelle, ainsi que les cliniciens le supposaient depuis longtemps, un effort d'attention est capable d’éteindre une dysrythmie de type épileptique, qu’al- Jons-nous pouvoir en déduire ?
Les rapports de la conscience et de l attention sont dre et si l’on en croit Pradines (1), c’est même « l'attention qui semble créer la conscience ». Or, qui nierait depuis la phrase célèbre de Husserl que « la conscience est d’abord conscience dé quelque éhose ». Un effort d'attention ne fait donc qu’améliorer notre conscience perceptive. Il insère plus profondément notre activité dans le réel. Il confère à une zone privilégiée de notre champ une clarté, une vivacité particulières. Nous ne vou-
a (1) Traité de psychologie, p, 3%
lons pas dire que les sensations prennent une intensité plus grande, mais ce qui augmente, c’est leur « attensité », dirait Dallenbach (1), leur « pregnance », dirait Ebbinghaus (2). Or, n'est-ce pas justement un trouble dans la pregnance des formes qui nous entourent que nous avons cherché à isoler chez les épileptoïdes. [l'est remarquable qu’un effort d'amélioration ‘de cette qualité de la. sensation “entraine comme corollaire chez J’épileptique une disparition de la dysrythmie qui le caractérise.
. Nous pourrions trouver encore dans les expériences du Professeur Titeka et dans ceiles qui les ont suivies, une preuve de la corrélation qui existe entre l’attensité des sensations (nulle chez l’hystérique) et les manifestations bioélectriques cérébrales, mais.ce serait étendre-abusivement notre sujet hors du domaine de l’épileptoïdie. Aussi, arrêtant là cette brève ineursion sur le terrain de la physiologie électrique du cerveaù voulonsnous seulement indiquer pour terminer une analogie curieuse -qui nous amènera au troisième point de ce chapitre, nous voulons parler de l’analogie entre les tracés électro-encéphalographiques de’ certains “RPSPIOIRE dits immatures et les tracés pris chez l’enfant normal de 3 à 5 ans. Cette analogie nous a conduits tout naturellement à nous demander si nous ne pourrions trouver des points communs dans les dialectiques respectives qu’éntretiennent l’épieptoïde et l’enfant parvenu au deuxième âge de sa vie avec le monde qui les entoure. C’est alors que nous nous sommes rappelé que lorsque M. le Professeur Wallon essayait de rapporter les prin- - cipaux syndromes neuro-psychiatriques de l'enfance aux stades du développement qu’il a isolé, c’est justement su stade projectif qui se situe après la troisième année, qu'il rapprochait .l’épilepsie. Or, sans préjuger des hypothèses pneus qui paraissaient en découler, les faits demeurent.
Dans la description de ce stade projectif, quels sont, en
effet, les caractères essentiels isolés ax M..le Professeur Wal- 4; (1) DALEENBACE. — The rang of attention, Psychological bulletin; XXV, 1928.
ÿ ‘(2) EBBINGHAUS. — Grandzuge der psychologie, J, IV (enge der bewustseins und aufmerksammkeit).: :
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lon ? (1) C'est un âge à la fois turbulent et adhésif. Une activité presque pseudo-maniaque amène l’enfant à toucher à tout et en même temps il tient essentiellement au cadre dans lequel il vit. Changer la plus anodine en apparence de ses habitudes le bouleverse. Tout baigné de concret, l’enfant inventorie sans gesse ce qui l'entoure, s’appuyant de toutes parts à un monde extérieur et fermé il cherche son individualité.
Si nous considérons maintenant tout aussi bien le stade puéril isolé par M. Piaget et qui, chronologiquement, correspond à cette période, que trouvons-nous ? L’une des caractéristiques essentielles en est le syncrétisme, tel que Renan l’avait définit : « Démarche de l'esprit générale, compréhensive, mais obscure et inexacte où tout est entassé sans distinction ». L’en-' fant à cet âge est incapable de saisir les relations des parties d’un ensemble. C’est l’âge de la pensée en flots. Pour lui « le tout n'existe pas » (2). Cette incompréhension des structures . explique les autres caractères de cet âge. Le réalisme consiste en une extension du point de vue immédiat à tous les points de vue possibles substitués à la généralisation « d’une relation clairement conçue comme relative » (idem, p. 74). De même, dans son langage, l’enfant juxtapose seulement ses propositions les reliant tout au plus par un vague « alors ». Dans son raisonnement il n’opère, selon le mot de Stern, que des transductions passant d’un terme à l’autre sans que ceux-ci aient entre eux d’autre rapport que de particulier à particulier.
Si nous ajoutons à ces traits le négativisme caractéristique de cet âge, l'opposition et les colères impulsives qui l’accompa-' gnent, la tendance bien connue à tout « tripoter », à s’attacher tant aux êtres qu'aux choses, nous croyons pouvoir retenir comme certain un parallélisme entre les phénomènes psychiques que nous nous proposions de comparer, Mais ce que nous devons surtout constater, c'est que si les comportements sont analogues, leur composante perceptive ne l’est pas moins. Du
(1) Stades et troubles du développement psychomoteur et mêntal de l'enfant, pp. 133 à 168.
(4) PIAGET. — Le jugement et le raisonnement chez l'enfant, p. 87.