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LE CANCER DE L'INTESTIN GRÊLE

Les cancers de l'intestin grêle doivent être divisés . en deux groupes, suivant qu'il s’agit de tumeurs nées sur place, aux dépens de la muqueuse de l’intestin grêle ou bien de tumeurs développées autour de cellules néoplasiques détachées d’un autre organe cancéreux et qui sont venues se ds sur l’intestin grêle.

Nous ne nous attarderons pas à l’étude de ces cancers secondaires, mais nous devons en dire

quelques mots, étant donné qu'ils sont plus fré-

quents que les primitifs.

r. Gancer secondaire

L'étude des métastases cancéreuses de l'intestin est relativement récente, puisqu'elle n’a guère été commencée qu'en 1893 par M. Letulle. Jusqu'à cette époque, l’on ne trouve dans la littérature médicale qu’un certain nombre de cas, publiés à titre de faits isolés, concernant généralement des cancers multiples sténosants.

M. Letulle, après avoir discuté la possibilité de la coexistence de deux cancers primitifs sur le même

sujet, étudie le mécanisme des métastases et des’ greffes cancéreuses, au niveau du tube digestif.

En 1905, au Congrès de Lisbonne, MM. Bensaude et Okinezyce indiquent les relations qui unissent les sténoses multiples de l'intestin au cancer de l’es-

! x ° FAN. 1 tomac, surtout à cette forme si spéciale quest la

linite plastique.

En 19097 et 1910, M. Bensaude étudie de nouveau les métastases intestinales et rectales du cancer de l’estomac. | :

En 1913, MM. Carnot et Bauffle font connaître, sous le nom de cancer en jante, une nouvelle forme de cancer métastatique de l'intestin grêle.

L’étiologie de ces cancers est la suivante : Ils peu-

vent être secondaires:

1° À un cancer de l'estomac.

MM. Bensaude et Okinczyc en rapportaient +0 cas en 1910.

La tumeur primitive de l'estomac est rarement un cancer vulgaire, presque toujours il s’agit d'une. infiltration cancéreuse diffuse de toute la paroi stomacale, surtout marquée dans les couches sous-séreuses et sous-muqueuses, c’est-à-dire de la linite plastique, ou encore d'une infiltration limitée à l’antre pylorique, qui est transformé en un tube rigide ;

2° À un cancer de la vésicule biliaire (Ménétrier) ;

3° A un cancer des côlons ;

4° À un cancer de la trompe ou de l'ovaire;

5° À un cancer mélanique de la peau.

Les métastases se font le plus souvent de dehors en dedans, par voie lymphatique directe ou rétrograde et affectent, d’après MM. Bensaude et Rivet,

deux aspects principaux : la forme nodulaire et la forme sténosante,

Dans la première forme, les noyaux cancéreux occupent le bord libre de l'intestin. Ces nodules sont comparables à des taches de cire, accolées par leur face saillante à la paroi; ils s’enfoncent dans son épaisseur et refoulent la muqueuse, mais ils ne font pas saillie sous le péritoine. Ces nodules ont la dimension d’un pois, d’une noisette, et ils ne vont presque jamais jusqu’à l’ulcération.

Dans la deuxième forme ou forme sténosante on remarque une série d’anneaux, qui étranglent l’intestin grêle ot le gros intestin avec une égale fréquence. Presque toujours, ces anneaux prédominentau niveau de l’attache mésentérique et semblent se prolonger à l’intérieur du mésentère et du mésocôlon, à la façon d’une bague, dont le chaton serait encastré dans la racine mésentérique et dont l’anneau étranglerait la circonférence de l'intestin.

L'on peut rapprocher de cette forme sténosante la forme particulière, décrite par MM. Carnot et Bauffle sous le nom de cancer en jante de linsertion mésentérique. La métastase néoplasique se fait au

‘ niveau du bord adhérent mésentérique de l'intestin;

elle semble extra-intestinale, mais au lieu de filer le long des tuniques pour encercler l'intestin, elle se développe là où elle a pris naissance el les nodules repoussent le péritoine au-dessus de l'intestin. Ces nodules, quelquefois confluents, forment une bande qui coiffe l'intestin d’un bout à l’autre.

Au point de vue de la symptomatologie, l’on peut examiner plusieurs cas :

1" Les signes généraux : affaiblissement, amaigrissement progressif dominent (type anémique); Ë se Les symptômes de la tumeur primitive existent seuls ;

de 40 ‘2

3° Il existe dessymptômes abdominaux, qui peuvent même être prédominants. Dans ce cas, l’on a surtout des symptômes de sténose intestinale plus ou moins complète, avec constipation opiniâtre, douleurs abdominales et souvent du tympanisme avec péristaltisme des anses intestinales. Avant l’occlusion complète, l’on peut constater le syndrome de Koônig. Dans tous les cas, l’évolution est fatalement progressive et il semble que la généralisation intestinale vienne hâter la mort, qui survient par cachexie cancéreuse ou par ocelusion.

Le diagnostic est d’une extrême: difficulté. Les métastases cancéreuses de l'intestin passent généralement inaperçues; l’on compte les cas où cette complication a pu être reconnue pendant la vie. Pourtant, l'on pourra y penser, lorsqu'on constatera des signes de sténose de l'intestin, au cours de l’évolution d’un cancer de l’estomac, des voies biliaires, etc., déjà diagnostiqué.

Au point de vue du iraitement, le chirurgien est réduit à des interventions palliatives, s’adressant aux phénomènes de sténose, telles que l’entéro-anastomose. Il est des cas où la multiplicité des tumeurs défie toute intervention. Les résultats obtenus sont loin d’être encourageants: les surviesles pluslongues semblent être de six ou sept mois après l'opération.

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