‹ Contribution à l'étude de l'épithélioma sébacé du pénisChapitre 4 sur 14 · CHAPITRE IH · texte numérisé non relu

CHAPITRE IH

ÉTIOLOGIE

Comme étiologie, l’épithélioma sébacé de la verge résulte en général des mêmes causes que l’épithélioma pavimenteux ordinaire ; néanmoins, comme 1l y à toujours un point de départ déterminé, le gland ou le prépuce, c’est seulement à ce niveau.qu'il faut rechercher la cause qui a pu l'engendrer. Cette cause est souvent bien aléatoire car peut-on dire que l’on connaît l’étiologie du cancer ! On fait des probabilités, voilà tout.

De l’âge, nous ne dirons pas grand’chose. Notre malade étaitjeune encore, 44 ans. Il faudrait que nous ayons observé plusieurs cas pour pouvoir en tirer une conclusion ; nous croyons d’ailleurs que ça serait variable, car les statistiques des épithéliomas ordinaires montrent qu'iln ya rien de fixe à ce sujet et que l’on voit bien des écarts, bien que l’on admette en général poureux que le maximum de fréquence soit réalisé entre 40 et 70 ans.

Nous croirions plutôt à l'influence de l’état social du malade. Il est certain que toutes les classes pauvres celles où le malade, par défaut d'éducation ou par négligence, délaisse les soins de propreté les plus .élémen-

laires, doivent payer à cette affection un plus large tribut que les classes aisées où l’on a en général souci d'une bonne hygiène corporelle.

Toutes les causes d'irritation de la muqueuse doivent être invoquées. D'abord, nous l'avons dit, le manque d'hygiène et de propreté, dont le défaut permet l'accumulation des produits sébacés dans le sillon balanopréputial et par suite leur fermentation.

Le phimosis congénital ou acquis devra être ensuite incriminé : Roux disait qu'il n'avait jamais vu d’épithélioma sans phimosis préexistant. Son dire est certainement exagéré; néanmoins, c'est là il nous semble la disposition la plus favorable pour permettre aux concrétions sébacées de s’accumuler; qu'il y ait avec cela de la stagnation de quelques gouttes d'urine, et nous aurons facilement de l'inflamnation pour peu que la muqueuse s'ulcère. Les glandes sébacées si nombreuses à cet endroit peuvent bien vite s’enflammer sous cette cause d’irritation, et, que de cet état découle l’évolution d’une tumeur sébacée à dégénérescence maligne, rien de bien extraordinaire, bien que nous n'ayons pas le moins du monde la prétention d'expliquer par ce mécanisme l’étiologie de l’épithélioma qui nous occupe. Nous croyons simplement que toutes les causes d'irritation favorisent sa formation.

Dupuytren cite bien un malade porteur d'un cancroïde du pénis et qui avait été victime d’une singulière pratique : c'est aux vingt appositions successives, sur le prépuce, d’un cadenas qu'une maîtresse jalouse avait fait subir à ce malade, que Düupuvytren attribua la dégénérescence de l'organe.

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D'autres auteurs ont invoqué comme causes de l’épithélioma, la déchirure du prépuce, la balanite, la syphilis et même la contagion... Peut-être toutes ces causes agissent-elles par les ulcérations qu'elles peuvent produire et elles rentrent alors dans le cas des causes d’irritation ordinaires ; c'est du moins notre avis.

£n tous cas, nous ne saurions longuement insiter sur ce sujet, croyant que tout ce qu'on à pu dire de l’étiologie de l'épithélioma malpighien ordinaire peut s’appliquer à celle de l'épithéhioma sébacé.

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