‹ Contribution à l'étude de l'épithélioma sébacé du pénisChapitre 5 sur 14 · CHAPITRE HI · texte numérisé non relu

CHAPITRE HI

SYMPTOMATOLOGIE

L'épithélioma de la verge débute en deux points différents, ou bien sur le gland et la muqueuse du prépuce, ou bien sur la peau du pénis. Demarquay, dans son livre des Maladies du Pénis, à rassemblé 112 observations de caneroïde de la verge et sur le nombre il a pu en localiser 84 fois exactement le siège. Le prépuce et le gland avaient été envahis 24 fois; 17 fois la tumeur siégeait à toute l'épaisseur de la verge, 12 fois au gland seul; les autres cas siégeaient sur la peau et sur les corps caverneux. [ne trouva l’urèthre atteint que deux fois. Les autres statistiques qu'on a dressées à ce sujet sont d'accord avec celle de Demarquay et prouvent bien que les parties les plus atteintes sont le gland et le prépuce.

Serra, dans sa thèse, écrit à ce sujet que : « Lorsque « l’épithélioma prend naissance dans le sillon qui con- « tourne la base du gland, il est d'ordinaire d’origine « sébacée, landis que s'il débute du côté de Ia peau, il « est plutôt pavimenteux. » C'est à, en effet, la règle, car, il est tout naturel que l’épithélioma sébacé se développe dans le sillon balano-préputial, puisque c'est là qu'abondent les productions sébacées. Pourtant, per-

sonne n’en à décrit sous ce nom. Nous chercherons à en comprendre la raison dans notre chapitre sur l’anatomie pathologique de la tumeur. Nous ne saurions ici nous occuper de la symptomatologie de lépithélioma pavimenteux ordinaire; c’est une question qui à été longuement étudiée; il évolue beaucoup plus vite que l’épithélioma sébacé ; il envahit les ganglions beaucoup plus rapidement et récidive souvent.

L'’épithélioma sébacé, au contraire, a une allure clinique spéciale qui le fera toujours reconnaître. Son point de départ est constant. C’est, nous l'avons dit, sur le gland ou la muqueuse du prépuce qu'il débute toujours et nous avons dit à ce sujet, au chapitre de l’'étiologie, que toutes les causes capables de favoriser la stagnation des matières sébacées, éliminées par les glandes, dans le sillon balano-préputial aidaient beaucoup à sa formation. Il est certain que lorsque la tumeur a pris un énorme développement, il devient difficile d'en préciser le point de départ.

Pour la tumeur qu'il nous à été donné de voir, il n° avait pas de doute possible. Le malade était bien affirmatif; il avait bien pu s’observer et, dans son histoire, 1} nous a bien précisé que, tout au début, entre le prépuce etle gland, il avait senti apparaître une petite boule, dure, indolore, sur laquelle la peau du prépuce semblait normale. Un phimosis congénital très serré ne lui avait pas permis d'observer, à ce moment-là, l’état de la muqueuse à ce niveau. Puis, la boule avait grossi et bientôt apparaissait sur le prépuce un bouton verruqueux, à surface écailleuse, de couleur un peu plus jaunâtre que la verge, de la dimension d'un gros

ve

pois, et à contours nettement eycliques. Dès lors, la lumeur avait évolué el avait mis quinze mois pour atteindre le volume qu'elle avait au moment de l'extirpation. Tous ces détails sont rapportés plus longuement dans l'observation du malade.

C'est toujours ainsi que se fait l’évolution de l'épithelioma qui débute par le prépuce. Sitot que le noyau d'induration entre le gland et le prépuce à apparu, on voit le prépuce s’infiltrer rapidement dans sa totalité, S'épaissir et revêtir la consistance du carton. S'il est encore possible de le ramener en arrière, il se rabat tout d’une pièce, comme un volet; mais nous l'avons vu, il y à presque toujours un phimosis congénital qui empêche de le rabattre. Alors même qu'il n°v aurait pas de phimosis congénital, on se trouverait tout de même dans les mêmes conditions au bout de quelques jours d'évolution de l'épithélioma, car sitôt que les lésions sont plus aceusées, 1! se forme, sous l'influence de l'inflammation qui accompagne toujours la formation des verrucosités, un véritable phimosis cancéreux qui hâtera l’évolution du cancer en permettant aux substances sébacées de s'accumuler. Comment faire le diagnostic à ce moment-là, quand un phimosis congénital a toujours empêché de rabattre le prépuce? La lésion pourrait échapper à l'exploration directe mais presque tout au début, elle se révèle par des signes de balano-posthite avec écoulement sanieux:; puis, très rapidement, l'organe augmente de volume et présente une déformation bien significative : la verge à l'aspect d’une massue ou d'un battant de cloche; elle est comme boursouflée du

côté de la lésion.

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