MÉTHODES DE SURCHARGE
Certains auteurs ont cru devoir alors rechercher l’ascorbie urinaire, après l’introduction de quantités connues de vitamines C per os ou par voie parentérale: Les méthodes d’'Harris et Ray, d’Abbasy, et toutes celles, multiples, qui en dérivent, résultent de ces préoccupations.
On a ainsi introduit des doses plus ou moins massives, de 300 milligr. à 1.000 milligr., en une fois ou plusieurs fois, par voie buccale ou par voie musculaire, et même par voie veineuse, dans le but de regarder la part qui s’élimine dans des délais connus.
Ces méthodes se basent sur le fait qu’un organisme carencé fixe toute la Vitamihe C qu'on lui administre, sans que le taux d'élimination urinaire soit pratiquement augmenté. Au contraire, après saturation, une très forte proportion de la Vitamine administrée passe immédiatement dans les urines.
Deux techniques sont employées dans cette méthode de charge : l’une lente, Pautre rapide.
Dans la première de ces techniques, on administre une dose quotidienne de 300 milligr. d’acide ascorbique le matin. S'il y a saturation, il y aura élimination urinaire immédiate de 50 % de la dose quotidienne absorbée.
En cas de carence, il y aura un retard d'élimination
, d'autant plus grand que la carence sera plus accen-
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tuée. L’acide ascorbique est dosé, soit à l’iode, soit au réactif de Bezssonoff, soit à l’aide du bleu de méthylène ou de dichlorophénol-indophénol, suivant la méthode de Tillmanns. Cette technique, pas plus d’ailleurs que celle proposée par Vauthey, qui introduit la notion de l’élimination ascorbique horaire à jeun (ascorburie de base) dont les variations sont observées pendant plusieurs jours, n’est applicable dans l’armée.
La seconde technique, dite rapide, et que préconisent Harris ct Ray, est basée sur.l’étude de l’élimination urinaire dans les heures qui suivent l’administration d'une forte dose d’acide ascorbique. Ainsi pour qu'il y ait saturation, il faut qu’au moins 30 % d’une dose de 700 milligr., soient éliminés dans les 12 heures qui suivent l'injection. Mais cette technique est encore bien trop longue pour avoir une utilisation pratique dans l’armée.
De plus, ces méthodes n’échappent pas aux deux sroupes de critiques ci-dessus résumées.
4° ÉTUDE DE L'ASCORBÉMIE
On s’est demandé (Van Eckelen) aussi, si le dosage de l’acide ascorbique dans le sang ne pourrait pas refléter, en réalité, l’état de l’ascorbie tissulaire.
Le taux à l’état normal, comme à l’état de carence, donne lieu à de nombreuses discussions. La teneur du sang en acide ascorbique chez un individu en équilibre, serait de 1 milligr. pour 100 centimètres cubes environ. Un taux inférieur à 0,50 pour cent centimètres cubes, serait l'indice certain d’une carence en Vita-
mine C.
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En fait, dans la carence nette et grave, on observe un fléchissement du taux de la Vitamine C dans le sang.
Mais, et depuis des recherches déjà anciennes de Achard, on sait qu’il existe un mécanisme régulateur de la circulation du sang qui fait que, d’une façon générale, le sang tend à conserver, dans des limites assez restreintes, un équilibre chimique, établi et considéré comme normal.
L’acide ascorbique n’échappe pas à la règle et, dans les cas de pré-carence, l’ascorbémie peut ne pas rester dans la limite normale, mais c’est aux dépens des réserves tissulaires que le sang en maintient le taux dans la circulation.
Or, ce que nous recherchons surtout dans nos études cliniques, c’est la détection des cas les plus frustes, et, là encore, l’ascorbémie n’apporte pas les précisions demandées. De plus, du point de vue strict de la technique clinique, le dosage de l’ascorbémie n’est pas des plus simples et nécessite des installations de laboratoire compliquées, et en dehors des méthodes spectro-photométriques, la plupart des réactifs employés ne sont pas encore rigoureusement spécifiques. Il faut donc tenter de rechercher un moyen plus simple et plus fidèle, d'appréciation de la teneur tissulaire en acide ascorbique.