CHAPITRE II
L'ÉPREUVE DE ROTTER
En 1937, Rotter a proposé d’utiliser un test intradermique, introduisant le dichloro-2-6-phénol-in@ophénol employé par Tillmanns.
Dans la technique primitive de cet auteur, on injecte dans le derme un centième de centimètre cube de produit coloré, à la concentration de 2 milligr. pour 4 centimètres cubes 9 d’eau, et on mesure le temps de décoloration de la boule d’œdème ainsi produite.
D’après Rotter, un sujet non carencé doit réaliser ce virage en 5 minutes. Au-dessus de 10 minutes, on peut conclure à ia carence.
Aussitôt le travail de Rotter publié, de nombreux auteurs ont apporté leur contribution à l’étude de cette épreuve.
En Angleterre : Portnoy et Wilkinson; en Italie : Zoccoli et Lombardo; aux Etats-Unis : Poncher et Stubenrauch, Jetter; en Roumanie : Iancou, Oprisiu et Jula; en France : Uzan; Codvelle, Simonet et Mornard; Uzan et Bronstein; Roubinet, ont apporté des résultats qui n’ont pas été des plus concordants.
Cette absence de synchronisme dans les conclusions n’est cependant pas tout à fait inexplicable : les uns ont comparé les résultats de la méthode de Rotter à ceux donnés par les méthodes de surcharge, ou les méthodes d'étude de l’ascorburie ou de l’ascorbémie.
Des considérations ci-dessus rapportées, on comprend aisément qu’ainsi il puisse exister une absence de parallélisme entre des méthodes fort diverses, et toutes dans leur ensemble, pour le moins également discutables.
Il faudrait donc surtout retenir les travaux qui ont cherché à comparer la nouvelle méthode avec des faits cliniques indiscutables, ou avec des dosages tissulaires réellement effectifs.
Dans ces conditions, l'épreuve de Rotter princeps apparait déjà, à la lumière de ces travaux, comme plus capable d'apporter des renseignements utiles. Il est vrai, cependant, qu’on lui a opposé certains faits où des carences établies ont donné au test intra-dermique des résultats paradoxaux.
Et c’est pourquoi certains auteurs, tenant compte de ces contradictions, ont tenté d'apporter des correctifs à la méthode de Rotter primitive.
C’est ainsi que, dans des publicauous récentes, Uzan et Bronstein, dans le laboratoire de P. Lassablière, ont tenté de reprendre, par la base en quelque sorte, létude de la réaction de Rotter. Ils se sont posé ainsi un certain nombre de questions auxquelles ils ont tenté
d'apporter une réponse expérimentale.