‹ Contribution à l'étude de l'érythème noueuxChapitre 6 sur 14 · RUE · texte numérisé non relu

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servi de porte d'entrée à l'agent infectieux produisant l'érythème, témoin l'observation de M. Joullié (1), rapportée dans sa thèse et ayant trait à un érythème noueux survenu au cours d’une angine diphtéritique.

La langue est blanche, saburrale, et dès cette période, il n’est pas rare de voir survenir de la diarrhée. Enfin des troubles nerveux, tels que de la céphalalgie, de l’insomnie, de l'abattement, de la courbature, quelquefois du délire accompagnent l’éclosion de la maladie, surtout chez les enfants, et peuvent faire craindre les débuts d'une méningite.

La période d'état, si l'on peut s'exprimer ainsi, s'affirme par l'éruption et la persistance des symptômes généraux. L'éruption qui caractérise la dermatite contusiforme de Hébra présente un aspect particulier et véritablement pathognomonique. Elle est constituée essentiellement par des nodosités saillantes siégeant au niveau de l’hypoderme. Ces nodosités présentent à leur début une coloration rouge vif, intense. En pleine évolütion la coloration se fonce, devient violacée surtout à la périphérie. A leur déclin cette teinte rouge violacée s’atténue progressivement et les nodosités prennent une nuance ecchymotique, qui peut persister plus ou moins longtemps. Ces nodosités sont ‘saillantes : elles forment à la surface de la peau un relief plus ou moins marqué, très nettement appréciable au doigt. La pression à leur niveau est toujours douloureuse. Elles présentent d'ordinaire une forme arrondie quelquefois ovale. Leur volume est variable : le plus habituellement elles sont de la grosseur d'un pois; elles peuvent cependant présenter des dimensions plus considérables ; on voit alors les nodosités s’aplatir, s'étaler en quelque sorte et simuler pour un œil peu exercé une plaque d’érysipèle. Le nombre des nodosités pré-

(1) Souillé. De l’Erythème noueux secondaire. Thèse de doctorat. Paris, 1898.

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sente aussi les plus grandes variétés; dans certains cas l’'éruption se traduit seulement par quelques éléments discrètement localisés aux jambes ; dans d'autres cas, au contraire, l'éruption plus confluente, occupe des points du revêtement cutané qu'elle n'atteint pas d'ordinaire, les muqueuses même peuvent être prises (Rondot).

L'érythème noueux a un siège de prédilection : c'est aux membres inférieurs, au pourtour de l'articulation du genou, à la face interne de la jambe, le long du tibia, vers les malléoles, que les éléments éruptifs se localisent de préférence; il est plus rare de les voir se développer au niveau des cuisses, du tronc, des membres supérieurs et de la face. On a vu ces localisations rares se présenter dans les cas d’érythème polymorphe ou sur des individus chez lesquels l'érythème noueux était dû à une cause toxique (Observation personnelle).

La nodosité érythémateuse n'est pas la seule manifestation du processus morbide du côté de la peau. Outre que l'éruption peut être polymorphe, on peut parfois constater que la peau est le siège d'une infiltration ædémateuse plus ou moins marquée. Celle-ci se décèle par la pression du doigt, qui laisse à l’endroit comprimé un godet caractéristique. Il faut dire, toutefois, que cet œdème est dur, et qu'il faut une pression assez forte pour en déterminer l'apparition. Cet œdème. qui accompagne l’érythème noueux, montre bien l'importance des troubles vasomoteurs dans le mécanisme de sa production, et constitue un argument, bien faible il est vrai, en faveur de la théorie de Kæbner et de Lewin, faisant de l'érythème noueux une angionévrose.

Il nous resterait, maintenant, à décrire la marche et les symptômes généraux de cette dermopathie. Mais comme ceuxci, celle-là varie suivant les cas, nous les signalerons quand

nous étudierons les formes de la maladie.

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