‹ Contribution à l'étude de l'étiologie de la cataracte: Cataractes par auto-intoxicationChapitre 23 sur 28 · SOS · texte numérisé non relu

SOS

Injectée dans la carotide, la poudre de lycopode prend la route des artères cérébrales et produit dans le territoire de la sylvienne des embolies multiples et tous les phénomènes consécutifs aux lésions des circonvolutions rolandiques. Mais ces phénomènes ne se produisent qu’après un temps quelquefois assez long et la mort immédiate ne survient jamais. — D'ailleurs les urines ne peuvent guère contenir que des cristaux d’urates ou des grumeaux muqueux,— les urines albumineuses ayant été écartées. Or, les urates se déposent très rapidement au fond du bocal et c’est toujours à la partie supérieure de celui-ci que hous avons puisé l'urine à injecter. Quant aux grumeaux muqueux, ils ne doivent avoir que bien peu d’importance, si nous nous en rapportons à l’observation VIII, dans laquelle nous avons pu injecter 330 cc. d’une urine contenant quelques légers grumeaux. — Néanmoins, nous croyons que la filtration eût été une précaution bonne à prendre, r’aurait-ce été que pour éviter une objection à laquelle nous ne pouvons échapper que par le fait, très net il est vrai, que dans toutes nos expériences nous avons dù injecter une quantité d’urine toujours égale et souvent supérieure à la dose ordinairement suffisante de 45 à 09 cc.environ.

4 Le rôle du chauffage est multiple.— Tout d’abord, il agit par le simple élément chaleur ; il est tout naturel de penser en effet qu’un liquide à une température de 15 à 20 degrés, qui est celle d’un intérieur d'hôpital ou d’un laboratoire, introduit dans l'organisme du lapin dont la température est d'environ 39 degrés, va lui emprunter du calorique et se mettre à niveau de température suivant

=s Ge l'expression des physiciens. C’est là une loi physique qu dans l'espèce se réalisera fatalement. Il s’agit donc de savoir si un organisme vivant peut prendre sans inconvénient pour son état de bon fonctionnement une telle quantité de chaleur et aussi brusquement ; nous le croyons, car l’abaissement de température parfois très grand (jusqu’à 31 degrés, obs. XX VI) que nous avons noté dans toutes nos observations s’observe toujours, même avec des urines chauffées à la température de l’animal. Que la soustraction de calorique contribue à l’abaissement de température, oui; mais qu’elle suffise à la produire, où non. j

La chaleur ne peut-elle modifier la toxicité des éléments de l'urine soit en plus, soit en moins? Sur les éléments minéraux, potasse, soude, etc., son action doit être faible, peut-être exalte-t-elle quelque peu leur toxicité, de même qu’elle augmente le pouvoir bactéricide d’une solution antiseptique ; mais sur les éléments que Bouchard a découverts ou mis en relief, et dont l’un agit sur la pupille, l’autre sur la sueur, etc., la chaleur agit, il n’est point douteux, d’une façon plus énergique. Toutescessubstances sont influencées par elle à la façon des produits solubles et des sécrétions microbiennes. Les principes convulsivants qui se retirent du sang, par exemple, le principe sialogène extrait de la glande biliaire,les matières pyrétiques signalées par M. Lépine dans les reins sont atténués par la chaleur ; aussi pour étudier leur degré de toxicité Roger a-t-il préféré pratiquer les opérations à froid. Les produits solubles microbiens, séparés des éléments figurés et devenus de ce fait des poisons dosimétriques ont une toxicité fixe qu’il est facile d’atténuer par le chauffage.

Page 1