CHAPITRE PREMIER
Théories sanguine, infectieuse, dégénérative. Cataractes toxiques, auto-intoxication et toxicité urinaire.
L’étiologie de la cataracte est une des questions complexes de la pathologie oculaire ; nombre de thécries ont été émises pour expliquer l’origine de cette affection. De Wecker dans son 7'railé des maladies des yeux les a groupées sur trois chefs, ce sont :
1° La théorie sanguine ou dyscrasique ;
2° La théorie infectieuse ;
3° La théorie de la dégénérescence consécutive à un trouble de nutrition.
Ces trois théories suffisent amplement, et même en les discutant, nous verrons qu’il est possible de ramener les deux premières à un vice de nutrition. Nous montrerons
Donc pis
ensuite que cette dernière théorie est vraie pour des cas où il est au premier abord impossible d2 trouver une cause viciante quelconque dans la nutrition de l’appareil cristallinien ; nous montrerons que cette cause existe et n'est autre que Pauto-intoxication.
Théorie sanguine ou dyscrasique. — Les modifications du sang ont été naturellement invoquées pour expliquer la pathogénie de la cataracte, en raison de l’importance physiologique et pathologique, qu’a ce liquide dans l'économie. Or ces modifications peuvent être, soit physiques, soit chimiques.
La modification physique par excellence, c’est la diminution de la quantité d’eau contenue dans le sang. « Toute soustraction d’une quantité d’eau assez considérable aux liquides de léconomie, maintenue pendant un temps suffisant, ou répétée à plusieurs reprises peut, par la condensation du sang et l’augmentation proportionnelle des sels qu’il contient, suffire à déterminer la cataracte. »
Kunde et Kühnhorn ont fait des expériences dans ce sens et ont réussi à produire artificiellement des cataractes. En faisant ingérer à des grenouilles, à des chats, ou à des chiens, des quantités variables de sel gemme, de nitrate de soude ou de sucre, ces expérimentateurs ont pu coustater apres plusieurs jours de ce régime, outre un amaigrissement général rapide, l'apparition presque constante d’opacités cristalliennes doubles. Ce sont bien là, semble-t-il, des cataractes par déperdition d’eau.
Mais pour de Grœfe, ces opacités cristalliniennes ne sont pas de véritables cataractes. Si lPopacification du cristallin est le caractère essentiel d’une cataracte, la