‹ Contribution à l'étude de l'étiologie de la cataracte: Cataractes par auto-intoxicationChapitre 6 sur 28 · CURE · texte numérisé non relu

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atrophique, ete. « Il se pourrait, dit Panas, que la pathogénie de la cataracte sénile trouvât un jour son explication véritable dans les troubles survenus du côté de ce courant optico-vitréen. La sclérose des vaisseaux avec atrophie progressive du nerf optique, qui sont l'apanage d’un âge avancé, en seraient dès lors la cause toute naturelle. » L’athérome et l’artériosclérose sur le compte desquels on s’est plu souvent à mettre la pathogénie de la cataracte, procèdent vraisemblablement de cette facon ; mais dans ce cas, le plus souvent la cataracte est accompagnée de gérontoxon de la cornée.

Reste maintenant à examiner le cas où les liquides de l'œil sont altérés en même temps que les liquides natritifs de l’économie, le sang et lalymphe.

Nous avons vu à propos des cataractes goutteuses que le processus athéromateux, invoqué pour l'explication de leur pathogénie, n’était pas absolument satisfaisant et que Warnütz demandait une autre explication. Gal et Petit l'ont peut-être trouvée en constatant la présence de sels uriques dans le cristallin, D’après ce fait, il est naturel, en effet, de penser que la goutte agit à la facon du diabète par imbibition altérante.

Mais alors nous voici ramenés à la théorie dyscrasique, et cela n’a rien d’étonnant, car en somme la théorie sanguine n’est qu’un long chapitre de la théorie dégénérative par trouble de nutrition. Que les liquides nourriciers du cristallin soient altérés parce qu'ils ont été mal préparés par les parties de l’œil à qui est dévolu ce rôle, ou parce qu’ils y ont été apportés déjà et irrémédiablement anormaux, peu importe; ils sont aitérés, voilà le fait, et en raison de leur viciation ils deviennent impropres à la nu-

trition des cellules cristalliniennes qui se mettent à régresser, à s’opacifier, et la cataracte s'ensuit.

Ayant ramené la théorie infectieuse à la théorie sanguine et fait rentrer celle-ci ensuite dans la théorie dégénérative, nous avons en somme ramené la pathogénie de l4 cataracte à un trouble de nutrition. Gette théorie est vraie, nous le verrons, même quand elle ne parait pas l'être.

Nous n’avons pas parlé jusqu'ici des cataractes toxiques, c’est à peine si à propos de la théorie sanguine nous les avons signalées en passant, et cependant au point de vue pathogénique, elles rentrent évidemment dans la classe des cataractes sanguines par altération chimique du sang, où, ce qui revient au même, dans celles des cataractes dégénératives par trouble de nutrition. Aussi n'est-ce point pour en faire une classe à part, ni pour soutenir la théorie toxique que nous allons nous en occuper maintenant. C’est uniquement parce qu’elles doivent nous servir de point de comparaison, et que, d’après nous, les cataractes qu’il est de prime abord impossible d'expliquer se raménent, en somme, à des cataractes par empoisonnement.

Nous savons que certaines substances introduites dans l'organisme produisent l'opacification du cristallin. Deux sont aujourd’hui connues : l’ergot de seigle et la naphtaline,

L’ergotisme qui est un empoisonnement par l’ergot, champignon parasite du seigle, et quoique plus rarement

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des autres céréales, affecte deux types cliniques, le Lype gangréneux et le type convulsif ou raphanie, la gangrène dépendant de la contraction définitive des éléments vasculaires, et la convulsion de leur contracture momentané» et de leur dilatation consécutive (Brown-Séquart). Il se manifeste sous forme d’épidémies régionales, à la suite d’étés pluvieux et de périodes de famine, dans la classe des pauvres et des campagnards: gangrène des Solognots, feu sacré, feu de Saint-Antoine, feu de Saint-Marcel, wal des ardents, etc.

Dans ces différentes épidémies, on a observé souvent des lésions oculaires les plus diverses. Dans la forme spasmodique, c’étaient des aveuglements subits et passagers, dus sans doute à une anémie rétinienne également subile et passagere et en rapport avec un spasme des vaisseaux rétiniens ; dans la forme gangréneuse c'étaient des cataractes se développant en quelques semaines chez un nombre plus où moins grand d'individus vivant tous dans les mêmes conditions alimentaires (pain de seigle) et dues sans doute à un trouble de nutrition du cristallin, soit qu’on invoque une viciation générale du sang, soit qu'on pense à une altération des humeurs oculaires par contracture persistante des vaisseaux de la rétine, de la chorcïde ou des proces ciliaires.

Mais qu'importe le mode d'action, et retenons de ce court exposé ce fait seul, mis en relief déjà par les observateurs du moyen âge, queles troubles oculaires ne sauraient être attribués à d'autres causes qu’à l'introduction du seigle ergoté dans le sang, qu’à l’intoxication ergotinique. Jamais cependant où n’a pu produire avec l’ergot une cataracte expérimentale chez un animal.

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