SOON
Les cataractes produites par la naphtaline sont toutes dues au contraire à lexpérimentation.
- Bouchard et Charrin en firent connaître les premiers exemples, il y a huit ans à poine, à la Société de biologie (18 déc. 1886). Leurs expériences étaient faites sur des lapins à qui ils faisaient ingérer par la voie intestinale 1 gr.50 à 2 grammes par jour de naphtaline; du vingtième au vingt-cinquième jour de ce régime apparaissait un début de cataracte, et dès lors, soit qu’on fit toujours ingérer la naphtaline, soit qu’on la supprimât, la lésion continuait à marcher parallèlement dans les deux yeux, et la cataracte se complétait progressivement, reproduisant de tout point les cataractes molles ordinaires avec leur teinte blanc crayeux, grisâtre ou opalescente.
« Cette Curieuse communication intéressa vivement les oculistes, et dans l’espace d’une année au plus paraissaient des travaux considérables, montraut que l’empoi sonnement par la naphtaline produit non seulement la cataracte, mais aussi des lésions des tissus profonds de l’œil » (Kolinski). La naphtaline produit, en effet, de nombreuses lésions du côté de l'œil, des hémorragies dans la choroïde et le corps ciliaire, le décollement de la rétine et de Phyaloïde, une accumulation de liquide de Morgani sous la capsule du cristallin, la prolifération des cellules de la cristalloïlde et des couches superficielles du cristallin, des taches de la cornée, des lésions du vitré, etc., mais en premicr lieu, la cataracte; aussi, Bouchard et Charrin, n'avaient-ils vu que celle-ci, et voici comment ils l’expliquaient :
La naphtaline se sulfo-conjugue, elle agit chimiquement sur la globuline jour lui enlever son soufre de constitu -
tion, et de ce fait, elle altère la cellule du cristallin. Mais cette explication, fondée sur un fait qui s’observe in vitro, v’est guère qu'une hypothèse, d'autant plus que l’acide phénique et le phénate de soude qui se sulfo- conjuguent ne produisent rien du côté de l’œil. Aussi Kolinski se refuse à accorder à la naphtaline une action spécifique sur les yeux.
Pour lui, en effet, la naphtaline est un poison du sang : de là trouble de la nutrition des parois des vaisseaux, altération de ces parois et diathèse hémorragique; de là lésions de la choroïde, de Ja rétine, des procès ciliaires, du corps vitré. Ces parties une fois altérées, le liquide nutritif de l'œil « qui se dirige dela choroïde à travers la rétine dans le corps vitré» pour passer ensuite à travers l'appareil eristallinien dans la chambre antérieure, ne se filtre plus dans les mêmes conditions, sa constitution varie, il y a trouble dans la nutrition du cristallin et l’opacification apparaît.
L’ergot de seigle et la naphtaline ne sont pas sans doute les deux seules substances capables de produire la cataracte ; et certes il ne serait pas sans intérêt de rechercher quelles sont ces autres substances, mais là n’est pas tout notre but; nous nous sommes demandé avec M. Frenkel «si les substances élaborées par l'organisme luimême ne peuvent être mises en cause » dans certains cas au moins, si en un mot cerlaines cataractes ne reconnaissent pas pour origine une auto-intoxication. |
A l’état normal, il se forme dans le corps des déchets, des détritus, tout comme dans une machine quelconque, — Bouchard n’a-t-il pas dit que l’organisme est un labo -