EXCÈS. SURMENAGE. TRAUMATISME
Il nous a paru intéressant de réunir en un même chapitre quelques observations rares à la vérité, où il semble que les excès de toute nature, le surmenage, les fatigues, le traumatisme, aient été les causes provocatrices du dèveloppement de la névrose.
Chose remarquable, c’est presque exclusivement chez l’homme (du moins nous n’en avons relevé aucun cas chez la femme), que le goître exophtalmique apparaît dans ces conditions; et on sait que sur dix femmes basedowniennes, il n’y à environ qu’un homme atteint de cette affection ; mais l’homme est plus exposé aux fatigues continuelles, aux excès, aux traumatismes, et c’est à Ces Circonstances sans doute qu’on doit rapporter la sélection étiologique que nous venons de signaler.
Dans le remarquable article que M. le D' Ballet a publié en 1888 (Revue de Médecine) sur l’ophtalmoplègie externe et les paralysies des nerfs moteurs bulbaires dans l’hystérie et le goître exophtalmique, article oùil soutient brillamment la pathogènie bulbo-spinale de la névrose, nous trouvons une observation curieuse que nous avons
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déjà résumée plus haut en quelques mots ; il s’agit d’un homme dégénéré mental, nerveux et émotif, qui tombe dun rocher dans la mer. On le repêche, mais il a perdu connaissance ; il revient bientôt à lui, et ne consérve de cette chute qu’une excessive impressionnabilité. Un mois après débutait sa maladie : hystérie et goitre exophtalmique avec parèsie de muscles oculaires et faciaux.
Certes, ce malade est un dégénéré. Mais il faut remarquer qu'avant. cette chute il était très bien portant. C’est donc ce traumatisme probablement à la fois physique et moral qui a provoqué l’éclosion de la névrose. Nous retrouvons encore le traumatisme dans la première observation de la thèse de Renault. Il s’agit d’un menuisier de 34 ans qui fit une chute d’une hauteur de 7 à 8 mètres et vit éclore aussitôt les symptômes de la maladie de Basedow. Sa mère était nerveuse, lui-même aurait eu quelques attaques épileptiformes qui Pont fait reformer. Mais c'était surtout un alcoolique invétérè.
Il est probable que toutes ces causes réunies avaient créé en lui un terrain de dégénérescence, sur lequel le traumatisme a fait facilement évoluer le syndrôme de Basedow.
Daubresse qui à fait sa thèse sur le goître exophtalmique chez l’homme, à réuni plusieurs cas de cette maladie à la Shite d'exces:
Ogservarion LXIIL (Résumee).
(Daubresse, loc. cit. Obs. I).
G .. Ernest, 26 ans, comptable. Pas d’antécédents sérieux a noter, sauf une mère nerveuse, trèSimpressionnable.
Lui-même a loujours été un peu nerveux et très vif.
En 1880, au régiment, regard fixe et exophtalmie légère avec quelques palpitalions. En 1882, mariage et excès vénériens. Alors apparaît le goître; puis surviennent tous les autres symptômes ordinaires de la maladie de Basedow.
OBsERvATION LXIV (Résumée).
(De Graefe, in th. Daubresse. Obs. VII).
L'auteur rapporte l’histoire d’un malade âgé de 22 ans, qui à la suite d'efforts violents et longtemps prolongés pendant le coït, se sentit malade dès le lendemain, et remarqua un changement dans son regard. Deux jours plus tard, exophtalmie au maximum
et palpitations ; l’état du corps thyroïde n'est pas indiqué.
OpservarTion LXV (Résumée).
(Wynne Foot, Zoc. cit. Obs. XVI).
Homme, 37 aus, chez lequel la maladie de Basedow débute après un excès de danse. D'abord fièvre, puis tachycardie. Gottre et exophtalmie. Traitement par la digitale.
Amélioration obtenue en 4 mois.
OgservarTion LXVI (Résumée).
(Rey, Zoc. cit. Obs. XVII).
Homme, 38 ans, qui à la suite d’excès a vu ses yeux devenir plus saillants, et sa gorge se développer. Palpitations intenses, faim, diarrhée, insomnies.
Caractère irritable.
OgservarTion LXVII (Résumée).
(Duncan Bülklei, Zoc. cit. Obs. XVIII).
Tomasso M..., 30 ans, célibataire, doreur. Jusqu'à 14 ans, bonne santé. Excès de travail à la suite desquels apparaissent les palpitations. Les yeux deviennent saillants. Le cou grossit. Hémorrhoïdes. Diarrhée. Syphilis bien soignée. Masturbation.
Excès de tabac, dix pipes par Jour.
Il est probable que dans toutes ces observations les excès n’ont agi que comme causes occasionnelles chez des sujets plus ou moins prédisposés à la névrose.
Quoiqu'il en soit, le fait était intéressant à noter à cause de sa rareté : nous n’en avons guère trouvé que cinq ou six cas sur plus de deux cents observations dont nous avons relevé l’étiologie.