‹ Contribution à l'étude de l'étiologie du syndrome de BasedowChapitre 22 sur 29 · LÉSIONS DES ÉLÉMENTS NERVEUX · texte numérisé non relu

LÉSIONS DES ÉLÉMENTS NERVEUX

Les autopsies des basedownens dans lesquelles on a trouvè des lésions matérielles des centres ou des cordons nerveux, sont très rares, et d’ailleurs la varièté des découvertes anatomo-pathologiques déconcerte et rend très difficile l'appréciation des observateurs. Aussi est-ce avec beaucoup de circonspection que ceux-ci les citent. Et malgré les récentes découvertes de Mendel, de Marie et MarinesCo, on peut dire que la maladie de Basedow n’a pas encore d’anatomie pathologique définitive.

Du reste, cette varièté de lésions n’a rien qui doive nous étonner, ètant données les origines multiples du syndrôme de Basedow, et s’il existait un substratum anatomique toujours immuable, identique à lui-même et rendant un compte exact des phénomènes observés, le goître exophtalmique aurait droit de cité dans la classe des entitès morbides, et sa pathogènie serait univoque et indiscutable, ce qui n’est pas, du moins dans l’état actuel de la science.

Cependant nous ne pouvons passer sous silence, si rares soient-ils, les quelques cas intéressants où l’on a trouvé à l’autopsie les lésions nerveuses importantes.

C’est ainsi que Moore a publié un fait dans lequel le ganglion sympathique inférieur était envahi par une infil. tration lipomateuse. Recklinghausen a trouvé à l’autopsie d’un exophtalmique une atrophie considérable du tronc

ASSET PEN

même du grand sympathique. Jeigel l’a vu entouré de

chaque côté par une épaisse gaine de tissu cellulo-grais- seux.

Voici l’observation de Shingleton Smith résumée.

OgservaTioN LXXXV (Résumée)

Margaret W..., âgée de 20 ans, entre à l’Infirmerie Royale de Bristol, le 11 septembre 1877, atteinte depuis sept mois de goître exophtalmique. La maladie avait débuté peu de temps après son mariage et à la suite de chagrins domestiques. Elle succomba le 29 décembre 1877. |

Pendant son séjour à l'infirmerie, elle avait présenté les symptômes suivants : saillie considérable des yeux, hypertrophie de la glande thyroïde, palpitations, fréquence considérable du pouls, cyanose de la face, dyspnée et vomissements.

Autopsie. — Peau légèrement ictérique. Pas de rigidité cadavérique, glande thyroïde hypertrophiée ; sa face convexe était lobulée surtout vers ses extrémités supérieure et inférieure. Elle était composée d’un tissu mou et spongieux ne contenant ni vacuoles ni kystes. Le cerveau ne fut pas examiné.

Les ganglions cervicaux supérieur et moyen du grand sympathique ne présentent pas de lésions visibles à l’œil nu. Mais le ganglion inférieur gauche avait disparu, et à sa place existait un corps d'apparence glandulaire adhérent à la trachée, et qui contenait une substance calcaire.

A l’examen microscopique, on trouva une atrophie des cellules des ganglions cervicaux sans lésions de la névroglie ni des fibres

nerveuses.

Dans la Gazette hebdomadaire de 1864, Trousseau et Peter ont publié le cas d’une femme de 60 ans, atteinte Mignon 13

d’un goître exophtalmique intense ayant succombèé à une attaque d’apoplexie en 24 heures.

Voici le résultat de l’autopsie fait par Peter :

« On trouve un vaste foyer hémorrhagique dans l’hémisphère gauche du cerveau, au voisinage du corps strié et de la couche optique ; il y a un très petit foyer dans la protubérance.

Le cœur est très volumineux ; l’hypertrophie porte surtout sur les parois du ventricule gauche, la valvule mitrale est épaissie à ses bords libres, sans qu’il y ait rétrécissement ni insuffisance. L'aorte est tapissée d’infiltrations calcaires à sa grande courbure et de dépôts athéromateux dans sa portion descendante.

Les vaisseaux de la base du cerveau ne présentent aucune altération appréciable ; les capillaires du voisinage du foyer ne présentent ni dépôts calcaires ni athérome.

La rate est volumineuse. Le foie a un volume presque normal; il a Ja couleur de la cirrhose, les cellules hépatiques sont conservées ; hypertrophie conjonctive interstitielle. Reins granuleux rouges.

Le corps thyroïde n’est presque pas augmenté de volume; les lobes en sont durs, squirrheux ; leur aspect est lobuleux, cirrbotique ; à la coupe le tissu glandulaire est étranglé par des. trabécules d’un tissu fibreux extrêmement épais, de couleur nacrée et qui crie sous le scalpel. s

Les yeux sont refoulés hors de l'orbite par les tissus celluloadipeux, les globes oculaires ne sont ni volumineux ni altérés.

Les parois du crâne très vasculaires ont plus que doublé de volume. Il y a une véritable hypertrophie de tous les os de la boîte crânienne.

Les ganglions sympathiques sont disséqués soigneusement et

examinés des deux côtés par M. Lancereaux el moi. Le supérieur et le moyen sont normaux d'aspect et de grosseur. Il n’en est pas.

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