‹ Contribution à l'étude de l'étiologie du syndrome de BasedowChapitre 24 sur 29 · EF OR · texte numérisé non relu

EF OR

Rien à noter dans les nerfs grand sympathique, pneu-

mogastrique ou nerfs périphériques.

Dans la moëlle, sclèrose systématique des cordons postérieurs avec hypertrophie des ganglions spinaux et particulièrement des ganglions sacrés.

Dans le bulbe, une dégénérescence du faisceau solitaire et de la racine ascendante du trijumeau. Rien dans les noyaux du pneumogastrique ou du glosso-pharvnsien. 5

Cette double lésion, dit l’auteur, de dégénérescence en faisceau solitaire et de la racine ascendante du trijumeau a ètè vue déjà par Oppenheim dans le tabès, mais cette malade d’Oppenheim avait de la fachycardie, de la diarrhée. De plus Mendel a trouvé cette mime lésion avec atrophie du corps restiforme dans le goître exophtalmique sans tabès. D’ailleurs cette théorie bulbaire est adoptée par Eulenburg, Sattler, Panas, Jendrassik, White, Raymond et Ballet surtout qui la défendue avec tant d'autorité; et l’on sait que Filehne et Dourdoufi prètendent avoir réalisé expérimentalement le syndrome de Basedow en lisant les deux corps restiformes. M. Marinesco est personnellement convaincu que dans la pathogène de la tachycardie, de la polyurie, de la glycosurie observées dans la maladie de Basedow, c’est le pneumogastrique plus que le sympathique qui est en cause ; c’est l'avis de M. Ballet; c’est aussi celui de M. Arthaud qui a

étudié si longtemps la psychologie du nerf vague.

Cependant, à notre avis, il y a certains symptômes qui semblent appartenir au grand sympathique ; les troubles

vaso-moteurs, les troubles congestifs, la diarrhèe, peutêtre même l’exophtalmie. |

En somme dans l’état actuel de la science, il est difficile de se prononcer définitivement ; et pour notre compte, s’il nous est permis d'émettre une opinion personnelle, nous pensons que les deux systèmes de nerfs, vague et sympathique, jouent chacun leur rôle dans le complexus symptomatique de la maladie de Basedow ; car la névrose du vague, si bien mise au jour par MM. Arthaud et Rescoussiè, n’est pas le goître exophtalmique ; et comme cette dernière maladie emprunte beaucoup de symptômes à la pathologie du pneumo-gastrique, qu’elle en a d’autres qui semblent relever du grand sympathique; qu’il y a des autopsies avec lésions très nettes de ces deux nerfs, nous croyons devoir assigner l’ensemble symptomatique observé dans le goître exophtalmique à Punion pathologique des troubles de ces cordons nerveux avec prédominance plus ou moins marquée de l’un d’eux selon les cas.

A l’opinion émise par MM. Marie et Marinesco on a objecté que les lésions bulbaires dépendent du tabs : soit. Mais comme le syndrome de Graves est survenu dans le cours de ce tabès, on peut bien admettre que la sclérose médullaire, montant | jusqu’au bulbe, atteint des centres nerveux dont la lésion se caractérise par le syndrome du goitre exophtalmique.

Quant à la théorie thyroïdienne, les auteurs n’y croient gœuére. A leur avis, les altérations du corps thyroïde sont secondaires : elles peuvent avoir un certain rôle dans le complexus symptomatique de la maladie, mais rien de plus.

Enfin, pour clore cette discussion et donner un nouvel appui à la théorie bulbaire, citons cette curieuse observation de M. Gauthier de Charolles, où malheureusement pour nous, manque lautopsie, mais où les symptômes cliniques sont assez nets pour permettre un diagnostic sûr; il s’agit d’une tumeur bulbo-cérébelleuse qui a amenè chez la malade le syndrome de Basedow.

OBsErvaTION EXXXVII

(Gauthier. Lyon Medical, 1593).

Mme P.., âgée de 38 ans, sans tare nerveuse, héréditaire ou personnelle. Deux enfants à 18 ans d'intervalle, le dernier âgé de trois ans. Bien menstruée. Elle s’est toujours bien portée jus-

qu’au mois de juin dernier où elle a été atteinte d'une sciatique gauche qui a bien guéri; mais la douleur s’est portée à la tête, dès le milieu de juillet. Depuis ce temps-là, la malade a souffert de douleurs continues et atroces dans la région occipitale ; elle avait de la peine à porter sa tête. De violents vertiges l’obligeaient à chaque instant à s’asseoir, ou à saisir un objet pour ne pas tomber ; la marche est devenue incertaine par suite de mouvements de propulsion et de rétropulsion. Légère parésie des quatre membres, surtout du membre supérieur gauche, la vessie

élait devenue paresseuse. Mictions parfois douloureuses. Constipation opiniâtre ; de temps à autre vomissements alimentaires. La parole est hésitante, rappelant un peu celle des paralytiques généraux ; les idées élaient moins nettes, légère obnubilation de la mémoire ; le caractère très doux d'habitude est devenu très exigeant, acariâtre.

À notre première visite, 20 août, nous portons le diagnostic de tumeur cérébelleuse.

Rappelé le 21 septembre, nous constatons ce qui suit, en plus des premiers phénomènes. Les yeux saillants sortent de l'orbite, ophtalmoplégie externe gauche ; strabisme externe ; diplopie; pas de signe de de Græfe ; pas de trouble de l’accommodation.

Le corps thyroïde est tres développé, animé de mouvements pulsatiles ; le pouls bat à 140 ; pas de souffle au cœur; pas d'arythmie.

Un tremblement général intense, non pas menu comme celui de la maladie de Basedow, mais semblable au grelottement de la fièvre intermittente, agite le corps de la malade au point que la marche n’est possible qu’à l’aide de deux’bâtons. Pas d'hyperthermie. Sensation de chaleur subjective, telle que la malade dit avoir de l'eau chaude dans les veines.

Réflexes patellaires exagérés. Fringales, constipation, sueurs profuses, dysurie, 40 grammes de sucre par litre d'urine.

Tous ces nouveaux symptômes existent seulement depuis une quinzaine de jours. -

Une dose quotidienne de 2 grammes d’antipyrine et de 10 gouttes de teinture de veratrum viride sont données pendant 4 jours. Le tremblement diminue considérablement d'intensité et révêt la forme ordinaire du tremblement basedownien. Les autres symptômes ne s’amendent pas.

Le 6 octobre, la malade s’alite. Respiration haletante.

Elle s’éteint brusquement comme par compression bulbaire.

Les symptômes, la marche, la terminaison, ne permettent aucun doute sur l’existence d’une tumeur bulbo-cérébelleuse, dont le syndrôme de Basedow n’était qu’une conséquence.

A noter l’absence d’antécèdents névropathiques et d’émotivité.

Miguon 14

3° TUMEURS DE LA RÉGION CERVICALE COMPRESSION DU COU (Koeben-Piorry).

Soutenue par Koeben, Marshall Hall, Taylor, puis par Piorry en 1862 devant l'Acadèmie de Médecine, reprise et clairement exposée par Bèénard dans sa thèse inaugurale en 1882, la théorie qui faisait dépendre le syndrôme de Basedow d’une compression des organes du coù par un corps thyroïde hypertrophiè a été combattue ou passée sous silence par la plupart des auteurs qui suivirent. Cependant Chamberlain dit qu’il ne faut pas la rejeter complètement, et qu’il y a des cas où elle est Ia seule explication plausible des accidents.

Nous avons pu relever une certaine quantité d’observations où la compression est manifestement le primum movens de la maladie de Basedow. Avant de les passer en revue, nous allons en établir une division. É

Il y a des cas où c’est la tumeur thyroïdienne, de date ancienne, goître, kyste, sarcôme, etc., qui comprime le faisceau vasculo-nerveux du cou et donne le syndrôme d’après le mécanisme indiqué par Piorry. Dans d’autres cas, et ceux-là répondent à la catègorie des observations où le goître n’est pas le premier symptôme en date, c’est une compression d'un autre genre qui entre en cause, c’est soit un anévrysme de l’aorte, soit surtout de Padé-— nopathie trachéo-bronchique, soit toute autre tumeur para-thyroïdienne, qui devient Pagent compressif.

Examinons d’abord les cas de compression par un goi- | tre ancien :

Ici nous devons citer en première ligne les deux opérès de M. Tillaux ; maïs comme ces deux observations se trouvant tout au long dans plusieurs thèses, notamment celle de Bénard et celle de Chamberlain, nous nous bornerons à les résumer en quelques mots.

Ogservarion LXXXVIIL (Résumée).

(Thyroïdectomie par M. Tillaux).

G... Virginie, 29 ans. Réglée à 15 ans, sept enfants. Goître datant de quatre ans, accru jpar poussées successives à chaque accouchement.

Depuis quatre mois, aménorrhée, étouffements, dyspnée, palpitations ; cœur gros. Pouls 100. Alternatives de chaleur et de rougeur.

Pas d’exophtalmie appréciable, mais troubles variés de la vue.

Opération par thyroïdectomie le 28 janvier 1880. Le 10 février guérison définitive de l'opération.

A partir de ce moment plus de palpitations ; plus de-phénomenes oculaires. Pouls 80. L’appétit et l’embonpoint reviennent.

Elle sort le 27 mars parfaitement gnérie.

OgservarTion LXXXIX (Résumée) (/d.).

Cazabonne, concierge, 33 ans, comme antécédents héréditaires nervosisme et goître fréquent dans la famille.

Rien de particulier comme antécédents personnels. Dans l’enfance, enSorgements ganglionnaires du cou.

Début de la maladie, il y a quatre ans, par troubles de la vue. Palpitations ; augmentation de volume du cou; puis exophtalmie, alors les palpitations s'accroissent et la dyspnée sur-

vient.

Depuis dix mois, la maladie de Basedow est allée en s’aggravant.

Depuis six mois, accès de suffocation : la voix devient rauque.

Opération sans chloroforme le 21 mai 4884. M. Tillaux enlève un goître sarcomateux.

Aussilôt l’opération la dyspnée disparaît.

Le 22 mai. — Plus de palpitations; les yeux ont perdu leur hypertonie.

Le 28 mai. — Diminution considérable de l’exophtalmie. Réunion de la plaie par première intention.

Le malade meurt en juillet de récidive de son sarcome. C'était un fibro-sarcome fasciculé et myxomateux par places (Malas-

sez).

Dans ces deux observations, la dyspnée, l’étouffement, la voix rauque et la guérison rapide montrent bien qu’il s'agissait de gêne mécanique au niveau du cou, occasionnée par la tumeur thyroïdienne.

OrsERvATION XC

(Lasvènes. Thèse de Paris, 1890-1891. Obs. III).

For..., 63 ans, charpentier. Pas de renseignements sur la famille. Pas de maladies graves antérieures, pas d’accidents nerveux, pas de syphilis, pas de goître dans la famille.

Il y a 25 ans, il a remarqué que son cou augmentait de volume. Depuis cette époque la tumeur s’est développée lentement sans douleurs. Depuis deux ans est apparue l’oppression, puis les palpitations. [l y a huit mois les jambes ont commencé à enfler. Depuis deux mois, œdème des bras. L'état s'aggrave,

Etat actuel. — Faciès anxieux, respiration rapide, pouls petit

et trop rapide pour être compté. Yeux brillants mais peu saillants, pupilles inégales, haleine fétide, hypertrophie du lobe droit de la thyroïde. Voix éteinte, étranglée. OEdème du bras gauche. Respiralion haletante et peu profonde. Cyphose dorsale, un peu de bronchite avec emphysème. Respiration soufflante et râles souscrépitants dans l’aisselle droite, pneumonie probable. Râles souscrépitants fins aux deux bases.

Cœur rapide, l’emphysème empêche de mesurer son volume. Foie un peu gros, diarrhée.

Réfiexes rotuliens très exagérés. Tremblement intense des membres supérieurs. Sensibilité normale. Pas d'accès fébriles.

En mars la dyspnée augmente. Mort le 12.

Aulopsie. — Te corps thyroïde hypertrophié dans ses deux lobes latéraux est adhérent au péricarde et comprime complète ment le nerf récurrent gauche qui est entouré d’un tissu fibreux très abondant. La trachée et l’œsophage ne sont pas sensiblement déplacés ou comprimés, le nerf récurrent gauche à une teinte rosacée anormale, et il est tuméfié avant de s'engager sous le constricteur du pharynx. Le pneumo-gastrique est comprimé, aplati et grisâtre, le sympathique ne paraît rien avoir.

Le tronc veineux brachio-céphalique gauche est comprimé par une poche kystique pédiculée, isolée de la tumeur.

Le goître a subi une dégénérescence colloïde.

Ganglions trachéo-bronchiques très volumineux. Poumon gauche DÉpAUsE, Cerveau normal.

Ici deux causes de compression, le goître et l’adénopathie trachéo-bronchique.

Osservarion XCI (Résumée).

(Chrétien : in th. Chamberlain. Obs. [X),

E. J.…, journalière, 24 «ns, entre le 23 avril 4885 à Saint- Louis.

Apparition d’un goître à 8 ans. ÆEvolution lenle pendant laquelle ‘apparaissent ‘ous les signes du goître exophtalmique. ÆExophtalmie, palpitations.

Etat actuel. — Respiration et déglutition gênées par la tumeur Voix raaque. Etat anémique et cachectique, Menstrues régulières Mais peu abondantes.

Le 2 mai. — Thyroïdertomie partielle. Guérison rapide, parfaite en 6 mois, plus de dyspnée, ni de palpitations.

OBservarTion XCII (Résumée).

(Boursier, Loc. cit.).

Le nommé Pauthier Elisée, 37 ans, cultivateur, entre le 4 février 1880, dans le service de M. le professeur Trélat, à la Charité. Cet homme habite la campagne. Pas de goître dans son pays. Pas d'antécédents diathésiques quelconques ; pas de maladies graves antérieures. 11 y a 10 ans, piqûre d’insecte au cou; et depuis, tuméfaction légère au niveau de la piqûre.

En février 1879, gonflement notable, et au bout de quelque temps compression des organes du cou. Depuis, symptômes suivants : maux de tête localisés à droite, et bouffées de chaleur, le tout semble localisé du côté droit, rien à gauche.

La face et l'oreille droite sont rouges et plus chaudes qu'à gauche. Eblouissements, vertiges, sueurs abonnantes. Pupilles

égales. Baltements du cœur plus forts et plus fréquents. Pouls à

100. Respiration 22, pas d'hypertermie générale. Dyspnée continuelle exaspérée par le décubitus horizontal. Voix rauque. Salivation abondante et dysphagie. Amaigrissement et insomnie. Le 12 février. — Extirpation par M. Trélat. Mort le 13. Autopsie. — Poumons congestionnés ; quelques parcelles de la tumeur sont dans les grosses bronches. Carcinome encépha- loïde du corps thyroïde (Malassez ).

OBservaTION XCIHIJ

(Gauthier de Charolles).

Le nommé Prov.., âgé de 50 ans, habitant un village où le goître est assez fréquent, présente depuis plus de 25 ans une hypertrophie du lobe gauche de la thyroïde. En temps ordinaire il n’en éprouve aucune gène. Une nuit, 1l est réveillé brusquement par un accès de dyspnée intense: un lien lui étreint la gorge ; cornage extrêmement prononcé. À notre première visite, nous portons le diagnostic de goître suffocant. L'état nous paraît si grave, l’asphyxie si menaçante, que nous envisageons l’éventualité d’une trachéotomie, et dans cette prévision nous demandons l'assistance d’un confrère. Ea attendant nous appliquons 10 sangsues sur le cou.

Le lendemain la respiration est plus facile, et les jours suivants nous voyons apparaître ces phénomènes : 3

Violentes douleurs de l'oreille gauche ; sueurs profuses avec prédominance à gauche. Tachycardie permanente, pouls 120, sans élévation de température ; exophtalmie plus prononcée à gauche. Tremblement général. Cet élat dure près de deux mois. Peu à peu

tout rentre dans l’ordre. !

Spencer rapporte le cas d’une jeune fille morte par asphyxie par une hypertrophie kystique du corps thy-

roïde comprimant les organes du cou et chez laquelle tous les symptômes de la maladie de Basedow existèrent pendant toute la durée de la tumeur.

Osservarion XCIV. (Personnelle).

La nommée Marie Vecrigner, âgée de 44 ans, domestique, entre le 3 novembre 1894, à la Pitié, salle Grisolle, n° 6.

Elle entre à l’hôpital pour son état anémique et son tremblement nerveux.

Antécédents héréditaires. — Père mort de gastrite cancéreuse à 68 ans. Jamais de maladies nerveuses. Grands parents inconnus.

Mère encore vivante, maladie de cœur, un peu nerveuse, jamais de crises. Grand père mort à 80 ans pas nerveux. Grand’mère morte en couche vers 30 ans.

Pas de goître dans la famille, ni dans le pays (Moselle).

Antécédents personnels. — Née à terme, élevée au sein par sa mère. À marché vers un an. Pas de maladies dans l'enfance. Cependant la malade dit avoir toujours été faible et chétive. Réglée à 18 ans, bien réglée ordinairement.

Depuis l’âge de 12 ans, la malade porte un goître qui a débuté par une grosseur du volume d’une noisette. À 20 ans, il est gros comme un œuf, Pas mariée. Pas de grossesse. Vers 335 ans, la malade dit avoir eu une maladie de cœur, soignée par la digitale, de l’ædème des jambes, des vomissements bilieux. Depuis cette époque œdème des jambes à la moindre fatigue.

Tremblement généralisé depuis l’âge de 34 ans. Une grande contrariété il y a 4 ans. Depuis ennuis fréquents.

La malade entre à l'hôpital pour se faire soigner de sa grande faiblesse. Elle ne peut travailler sans avoir les jambes enflées, de violentes crises de dyspnée, tout travail est impossible.

Etat actuel 13 novembre 1894.

Au cœur : Premier bruit très intense, très frappé. Pas de souffle, pas de lésions orificielles. Pouls 96 à 110. Palpitations très violentes, calmées depuis que la malade prend des douches. Souffle et battements carotidiens. :

Il y a 8 ans, en 1887, la malade est allée à Strasbourg pour subir la thyroïdectomie ; mais au dernier moment, elle a refusé l'opération.

Goître bilobé, volumineux ; hypertrophie à peu près égale des deux lobes, nettement séparés l’un de l’autre. A l’auscultation souffle et piaulement à chaque diastole artérielle. Le goître est dur, fibreux, le lobe droit est gros comme une orange et s'engage profondément à gauche, sous le sternum et dans la gaîne des vaisseaux ; le lobe gauche est presque aussi gros, mais moins dur et plu limité, c’est le lobe gauche le plus ancien : la malade a remarqué qu’il était moins dur et animé de battements violents et d’élancements. |

Depuis 15 ans, trois extinctions de voix, la première à 30 ans, par compression du récurrent droit, le lobe droit étant déjà plus dur et plus volumineux. ;

Depuis 4 ans, ouïe très dure à droite.

Pas d’exophlalmie. Pas de signe de de Graëfe. Pupilles normales.

Tremblement : Il est général, très tenu, à oscillations régulières, la malade vacilie en marchant.

Sensations de chaleur et sueurs profuses. Sialorrhée abondante, alternatives de constipation et de diarrhée. Vives douleurs

dans les reins.

Boulimie fréquente. Souvent migraines suivies de vomisse-

ments. Sommeil très agité. A la moindre fatigue, œdème des pieds et des jambes. Urines abondantes. Pas d’albumine ni de sucre. Maux de tête continuels depuis son entrée à l'hôpital. La

Mignon 15

malade est ordinairement très pâle. Mais elle a souvent des rou-

geurs et des chaleurs subites. Elle a toujours soif. Emotivité.

Mélancolie.

Ces quelques observations prouvent assez que c’est bien lègitimement que Piorry et Kœben avaient assigne un rôle important à la compression des organes du cou, dans la genèse du goître exophtalmique.

Remarquons que toutes se ressemblent par quelques symptômes particuliers: œdème des bras, troubles de la phonation, violents accès de suffocation, cyanose de la face, dysphagie, symptômes qui n'existent pas dans les cas ordinaires du syndrome de Basedow, et qui permettent à la fois d'établir la lègitimité de la varièté mécanique de -cette maladie et de poser les règles du diagnostic de cette variété.

À côltè de ces cas où le goître est nettement cause de la gêne mécanique et de la compression du cou, il y en a d’autres surtout parmi les observations de thyroïdectomie, où il est permis de supposer une compression analogue, à cause de la cyanose de la face généralement observée, d’une part, et d’autre part, à cause de l’amélioration souvent rapide amenée par l’ablation du goître. : En voici quelques cas résumés :

1° Femme de 57 ans, pas de cachexie, Depuis 10 ans,.tumeur ihyroï dienne ayant augmanté depuis 2 mois. Dyspnée, cyanose. Exophtalmie. Cœur saia. Opération par Bœckel. Amélioration.

20 Femme, 14 ans, dyspnée, palpitations, exophtalmie. Cyanose, pouls 138. Enrouement. Opération par Weidemann. Dispa-

rition de tous les malaises.

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