DOCUMENTS CLINIQUES ET DISCUSSION
Certes il ne nous échappe pas que dans cette succession de raisonnements bien des points restent encore en suspens et que la démonstration n'offre pas encore la rigueur que l'on est en droit d'attendre pour une idée nouvelle que l'on veut introniser en pathologie. Bien souvent nous avons été obligé de raisonner avec des arguments de possibilité ou d’impossibilité, mais pas avec des faits établis d’une façon définitive.
C’est à la clinique, ou plutôt c'est à l'interrogation des malades, que nous comptons demander la démonstration sous forme d’un fait grossier, brutal, n’étant plus soumis en somme à cette incertitude qu'offre toujours les raisonnements, même reposant sur la logique la plus stricte.
Dans les faits que nous allons envisager, nous allons voir que les uns offrent d'emblée par avance la signature de la maladie infectieuse avant que l’on observe la localisation appendiculaire; pour les autres, ce n’est qu’avec peine pour ainsi dire, par un interrogatoire long, que nous : arrivons à déceler chez le malade les signes d’une maladie infectieuse, primum movens plus ou moins éloigné de l’inflammation de l’appendice.
Nous empruntons au mémoire de MM. Tripier et Pa-
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viot trois observations, deux leur appartierinent, une est empruntée à M. Talamon. Ce sont des faits que ces auteurs résument et que nous-mêmes condensons encore. Sans vouloir en diminuer la valeur, nous les rapportons parce qu'ils font nombre, mais aussi parce qu’ils nous paraissent typiques dans leur simplicité. Mais ce n’est pas de cette façon nette, convaincante, sautant à l’œil du premier coup, que les rapports pathogéniques de l’appendicite se présentent en clinique. Tant parce que le médecin luimême n’est pas gagné aux idées que nous venons de défendre, que parce que ie malade se présente rebelle à un interrogatoire qui remonte dans son passé jusqu’à des faits qui lui paraissent n’avoir aucun rapport avec l’affection actuelle, la maladie infectieuse antérieure est souvent très difficile à retrouver.
Nous voulons insister de suite sur l’importance et la difficulté qu’il y à à déceler dans les anamnestiques d’un malade simple, voire même inintelligent, ou d’un autre à intelligence suffisante mais se prêtant mal à cette recherche, les incidents quelquefois légers mais de nature infectieuse qui, pour nous, sont la clef de l’inflammation de l’appendice.
Résumé de trois observations empruntées à MM. Tripier et Paviot.
La première observation est celle d’un homme, observé par l’un d’eux,âgé de trente et un ans,qui avait eu un première crise appendiculaire il y a cinq années, une deuxième dix-huit mois après et unetroisième plus légère il y a trois ans. Dans l'intervalle des crises, cet homme ne présentait rien de particulier, Il y a environ un an et
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demi à l’occasion d’une grippe caractérisée par de la trachéite, du coryza et de la sinusite maxillaire aiguë, il eut une ou deux crises légères. Enfin, au mois de décembre dernier, le patient atteint d’un rhumatisme polyarticulaire subaiga fut pris, au bout d'environ cinq semaines, d’une diarrhée accompagnée de coliques et qui se termina par une crise appendiculaire vive ayant duré vingt-quatre heures.
La deuxième observation citée est celle de la maladie à la suite de lagnelle Gambetta a succombé. La plaie fistuleuse produite sur la main et l’avant-bras par une balle de revolver n’était pas encore cicatrisée que déjà se produisaient des troubles digestifs mal caractérisés auxquels succédaient bientôt les signes évidents de l’affection considérée alors comme une pérityphlite. L’autopsie a démontré qu’il existait en effet une appendicite avec deux perforations ayant donné lieu à un abcès assez étendu.
La troisième observation est citée d’après M. Talamon. Il s’agit d’une femme ayant succombé à un appendicite aiguë avec péritonite partielle et suppurée qui avait eu quelques semaines après une pneumonie suivie d'une parotidite suppurée,