‹ Contribution à l'étude de l'étiologie et de la pathogénie de l'appendiciteChapitre 18 sur 26 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

(Service de M. le professeur Gangolphe.)

M. C..., quinze ans et demi, serrurier, né à Lyon, entre à l’Hôtel-Dieu le 19 octobre 1898.

Antécédents héréditaires. — Père âgé de soixante ans, atteint d’un cancer de l’estomac (mort depuis l’ubservation). Frère âgé de vingt-deux ans, atteint de rhumatismes.

Antécédents personnels. — A l’âge de six mois, une hernie qui disparut une année où deux après par le port d’un bandage. A six ans,le malade a eu la fièvre typhoïde,maladie qu'il nous a dit avoir été très grave. Il a eu surtout une convalescence très longue (soigné à l’hôpital).

Il est depuis ce moment sujet à des coliques qu’il considérait comme insignifiantes ; cependant, en recherchant dans ses souvenirs, il déclare que ces coliques étaient toutes situéés dans la fosse iliaque droite et que l’exercice, la marche, une longue station debout les exaspéraient. Néanmoins, il ne se rappelle pas avoir souffert plus de deux ou trois jours de ces coliques. Il eut quelques vomissements pendant ses crises.

Deux mois avant son entrée à l’Hôtel-Dieu, le malade prit la grippe ; cette indisposition fut très légère, il eut seulement un grand frisson un soir et pendant trois jours de violentes céphalées, des courbatures qui l’empêchèrent de travailler.

Quelques jours plus tard, il eut du sang dans des selles avec des coliques violentes ; après l'évacuation du sang, il fit quelques selles glaireuses et peu abondantes. En même temps, les douleurs de l’appendicite commencèrent. La douleur débutait du côté droit de l'abdomen, sur le milieu d’une ligne allant de l’épine iliaque antérieure et supérieure à l’ombilic et s’irradiant ensuite jusqu’à la ligne médiane entre le pubis et l’ombilie. Cet accès fut accompagné de vomissements glaireux qui ont duré une heure; les coliques durèrent quatre ou cinq jours, plus violentes le premier jour et diminuant d'intensité les jours suivants.

Asie

Depuis cette époque, les douleurs revinrent plusieurs fois, environ toutes les semaines, mais moins violentes.

Vers le 1°" octobre 1898, un accès survint aussi violent que la première fois, avec les mêmes douleurs et la même irradiation, mais avec une durée moindre et sans vomissements.

17 octobre. — Nouvel accès, mais moins violent que le précédent. Entré à l’Hôtel- Dieu le 19 octobre, le malade va déjà beaucoup mieux ; les douleurs ne se réveillent plus que par la pression; la station verticale ou les mouvements, les vomissements ont cessé.

21 octobre. — Le malade va mieux, il s’est soulagé par les applications de glace. Il reste un point douloureux à la pression sur la ligne blanche vers son milieu.

3 novembre, — Le malade est allé faiblement à la selle. Légère pollakiurie. Assez d’appétit, Pas d’albumine dans les urines.

Sorti le 4 novembre. ù

Actuellement, 2 juillet 1899, le malade se porte assez bien, il a toujours de petites coliques et des douleurs réveillées par la marche ou la fatigue, mais les grandes crises ont disparu depuis le départ de l’Hôtel-Dieu.

OBsERVATION IV (personnelle).

A. P..., employé, quarante ans.

Antécédents héréditaires. — La mère du malade est morte à trente-six ans ; elle souffrait de l'abdomen et, tous les ans environ, elle avait ure crise plus ou moins violente. Le malade ne peut fournir d’autres renseignements qu’une localisation de la souffrance à droite de l’abdomen.

Le père est mort à cinquante cinq ans ; il a pris à cet âge une typhoïde, puis une phlébite, et ensuite il est mort d’une péritonite. Il souffrait depuis longtemps de douleurs dans la fosse iliaque droite. Croyant à une maladie de foie, il alla consulter un médecin d’Angers, qui lui dit : « Le foie n’est pas là, vous êtes un malade imaginaire. »

Antécédents personnels. — Dans la première enfance, rougeole, varicelle; le patient a eu une amygdalite violente à six ans, à la suite de laquelle on lui a coupé les amygdales.

Au régiment, sergent-fourrier, il avait alors vingt-deux ans; le malade, vers le mois de mars, était éreinté par le service militaire. Il remarqua, à cette époque, que la moindre plaie qu'il avait s’infectait; un furoncle de l’avant-bras lui amena un abcès et même un petit phlegmon qu’on dut lui ouvrir.

Parti en manœvres avec ce mauvais état général et de suite après l'opération, il tombait en route le dixième jour. Il fut transporté à l'hôpital avec le diagnostic : « fièvre typhoïde »? Cette pseudotyphoïde fut très courte, elle dura à peine cinq à six jours.

La fièvre était un peu tombée, quand des douleurs violentes et localisées exactement au point de Mac Burney survinrent, les dou-leurs étaient irradiées, exaspérées par les moindres mouvements. Le malade, très constipé, prit des lavements; on lui fit des frictions avec de la pommade mercurielle belladonnée.

La fièvre diminua rapidement; on permit au malade de manger un peu.

Le soir du premier jour où il mangea, une attaque violente recommença; vomissements, diarrhées, coliques, etc... On luit fit des ventouses scarifées ; il prit des lavements. Puis, après deux vésicatoires, le malade se sentant mieux, demanda une convalescence ; la convalescence lui fut refusée. Comme il se sentait toujours un point douloureux (point de Mac Burneyÿ), on voulut le verser aux incurables; devant cette menace, il reprit son service, Son bulietin de sortie de l'hôpital portait « typhlite »,

Arrivé à son corps, il dut entrer à l’infirmerie, où il resta huit ou dix jours; à ce moment, il eut une éruption de furoncles sur tout l'abdomen. Après cette dernière alerte, son service se termina sans autres complications. :

Rentré chez lui, il eut l’influenza en 1889, il y a cinq ans, une attaque de rhumatisme subaigu, mais n’eut pas de crises appendiculaires. Cependant, le point douloureux de l’abdomen persistait. Pendant son influenza, il eut une crise sourde à cet endroit. Du

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