OBSERVATION V
(Communiquée par M. le Dr Mouisset, médecin des hôpitaux.)
Madame X..., âgée de vingt-six ans.
Antécédents. — Poussée aiguë d’appendicite probable avant le mariage, à l’âge de dix-huit ans, suivie d’entéro=colite. pseudoraembraneuse.
Après un accouchement, à l'âge de vingt ans à peu près, accidents graves ayant fait porter le diagnostic de péritonite puerpérale, mais qui, d’après M. Pollosson, devaient être rapportés plutôt à des accidents infectieux d’origine péritonéale avec retentissement sur le péritoine., La douleur prédominait à droite, Depuis cette époque, persistance des douleurs abdominales, supprimant toute vie active.
En novembre 1898, je vois la malade pour la première fois : amaigrissement, pâleur, trouble fonctionnel du gros intestin avec signe d’entérite pseudo-membraneuse, quelques métrorragies. Douleurs exagérées pendant les règles.
Traitement. — Régime, trois irrigations chaudes, lavements chauds.
Disparition des hémorragies; amélioration considérable de l’état
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général, diminution des troubles du gros intestin. Cependant, la douleur localisée à droite persiste de plus en plusforte, Point de Mac Burney. Exagération des douleurs et faiblesse plus grande depuis plusieurs heures, après le repas. Depuis deux mois, la marche est difficile, En somme, depuis plusieurs années, cinq à six ans, la malade est condamnée à ne pas vivre comme tout le monde.
M. Pollosson, qui a assisté autrefois aux accidents de la puerpéralité, ne croit pas à l’origine génitale et fait le diagnostic d’appendicite avec symptômes péritonéaux.
La malade actuellement est névropathe. Je ne trouve pas dans la névropathie seule l'explication des symptômes de douleur à droite, et si la trompe est saine, l’appendice doit être le point de départ des troubles locaux et réflexes.
Opération,mai 1899, par M. Pollosson.—Appendice dur, tendu.
Après ouverture, les parois présentent sur les deux tiers inférieurs du trajet un épaississement considérable (forme hypertrophique) qui tend à faire disparaître la lumière de l'organe ; au fond on trouve trois ou quatre gouttes de pus. Pendant l'opération, l’exploration de la trompe et des annexes n’a rien révélé de pathologique.
18 juillet 1899. — Les suites opératoires ont été plus prolongées qu’elles n’auraient dû l'être, par suite d’un point de suppuration superficiel (abcës de la paroi).
Depuis quinze jours, la malade, sortie de la maison de santé peut aller et venir dans sa maison. Elle se plaint encore de souffrir, mais il faut dire que la cicatrice est en relief et douloureuse. Elle accuse également une sensation d’éventration pendant la station debout. Cet inconvénient disparaîtra sans doute lorsque l'applicacation d’une ceinture sera possible,
L'état général est bien meilleur. Cependant, depuis deux mois. la malade n’est pas sortie et elle supporte mal les chaleurs da la saison. D’après l'avis de l’entourage, l'amélioration est plus grande que ne semble l’accuser le récit de la malade,
Pendant la dernière semaine, la malade a eu plusieurs selles moulées absolument normales; ce phénomène n’avait pas eu lieu depuis huit ans, c’est-à-dire depuis le début présumé de la maladie.
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