‹ Contribution à l'étude de l'étiologie et de la pathogénie de l'appendiciteChapitre 21 sur 26 · AGIT PRAE · texte numérisé non relu

AGIT PRAE

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Depuis cinq à six jours, la malade est de nouveau constipée et, depuis ce moment, elle accuse quelques coliques pendant les périodes digestives. On fait une ceinture avec pelottes; la malade va partir pour la campagne, il est très probable que l’amélioration s’accusera progressivement. =

Examen histologique, communiqué par M. Paviot, professeur agrégé.

Comme dans tous les appendices enlevés à froid que nous avons examinés jusque-là, les lésions ont une rrédominance péritonéale manifeste :

Néomembrane mi-partie fibreuse, mi-partie fibrineuse à la périphérie, avec gros vaisseaux dilatés.

Sclérose avec infiltrats de petites cellules dans toute l'épaisseur des deux couches musculaires.

Dans la sous muqueuse, à la face profonde des follicules, tissu scléreux épais ancien, avec lots de vésicules adipeuses.

Les follicules sont plus riches en petites cellules lymphatiques que d’ordinaire, mais ils sont parfaitement limités, les leucocytes ne débordent pas en dehors d’eux.

Enfin, la muqueuse elle-même est tombée, mais cela doit être attribué à ce que l'organe a été ouvert, car les glandes de Lieber. kuhn sont alors, elles toutes, intacteset sans trace d’inflammation.

OBsERVATION VI

(Communiquée par M. le D' Mouisset, médecin des hôpitaux.)

Catherine G..., trente-huit ans, tisseuse. Entrée à Sainte-Clotilde le 42 mars 1899. Sortie le 5 avril 1899.

Antécédents héréditaires. — Mère morte en couches à vingtsix ans. Père mort d’un refroidissement à quatre-vingts ans. Frères et sœurs morts en bas âge, un frère subitement ; une sœur actuellement vivante et bien portante.

Antécédents personnels. — Au point de vue personnel, on ne relève pas d’autre affection sérieuse que de la pelvipéritonite pour

laquelle elle dut subir une opération à la Charité il y a sept ans.

Réglée à treize ans; menstruations assez régulières. Une fausse

couche à vingt-six ans. Pas d'enfants. Leucorrhée assez abondante depuis deux mois.

Nervosisme très accentué: la malade n’a jamais pris de crises de nerfs, mais elle pleure très souvent, s'énerve sans motif.

Pas d’éthylisme, pas de traces de tuberculose, pas de rhumatismes.

Affection actuelle. — Jusqu'à il y a deux mois done, la patiente sans être d’un fort tempérament, jouissait d’une bonne santé habituelle. fi

L’affection actuelle aurait débuté à ce moment assez brusquement. Un jour, pendant son travail, la malade fut prise d’une douleur dans le flanc et l’hypocondre droit, sensation de gêne pas extrêmement douloureuse; celte douleur irradia ensuite en ceinture au niveau de l'estomac; à la suite, les ingestions alimentaires déterminèrent, pendant une quinzaine de jours, des coliques abdominales qui ne furent d’ailleurs jamais accompagnées de diarrhée. Elle dut garder le lit quinze jours; quand elle voulut se lever, elle était comme retenue en avant par des cordes. Pendant cette première quinzaine, elle aurait eu souvent des frissons sans mou. vement fébrile apparent, et, à la suite, aurait présenté un teint jaune assez marqué (ictère ?). Les urines étaient alors très rouges. Jamais elle n’a eu de vomissements.

Puis ces douleurs devinrent plus vagues, la malade les ressent depuis dans les reins (plus fortes toutefois au niveau du rein droit), dans le dos, dans l'estomac et presque dans les jambes, Elles sont vagues, peu précises, ne déterminant jamais une vive douleur, mais s’accompagnant d’une sensation de courbature et de faiblesse générale qui ont forcé la malade à interrompre son travail, et décidé, après deux mois d’un traitement inefficace (surtout par les médicaments alcalins et nervins), son entrée à l'hôpital.

Etat actuel. — Actuellement, la malade est assez amaigrie, elle dit avoir beaucoup maigri depuis le début de sa maladie, mais surtout elle se sent très faible, brisée, courbaturée, Elle se plaint peu de ses douleurs abdominales qui ne sont en somme de véritables douléurs que lorsque la malade s’est fatiguée. Elle ressent alors un

Es point dans l’hypocondre droit. De même, toutes les fois qu'elle se lève, elle a la sensation d’une masse qui tombe dans tout l’abdomen, mais qui s'accompagne, dans le côté droit, d’une sensation de décrochement spécial,

L'examen local nous révèle une paroi-abdominale très souple et dépressible ; l'abdomen, d’ailleurs, d'une façon générale, n’est pas douloureux à la pression, La pression, forte au niveau de l’épigastre et de l’hypocondre droit, réveille bien une souffrance, mais légère; la région hépatique n’est pas douloureuse à la percussion, et le foie n’est pas augmenté de volume. Par la pression brusque et profonde dans le flanc droit, on obtient une douleur assez vive, cette douleur est maxima au point de Mac Burney. Le palper bimanuel permet, après une forte inspiration, de saisir une masse

globuleuse dont la captation est très douloureuse; on ne peut obte-

nir le même phénomène du côté gauche, Pas de clapotage stoma cal. La pression dans les fosses iliaques, même profonde, n’est pas douloureuse ; le toucher vaginal ne révèle rien de particulier ; pas de traces des anciennes lésions; mais le col est volumineux, l’utérus est affaissé et fixé par du tissu cicatriciel.

L’appétit est très diminué, les digestions sont lentes, pénibles, mais s'effectuent toujours. Les ingestions alimentaires ne provoquent ni douleurs, ni brûlures, ni renvois acides. Jamais d’hématémèses, ni de melœna, Pas de diarrhée, peu de constipation. Pas ‘d’état saburral des voies digestives.

Il y a un an à peu près, la malade avait craché un peu de sang pendant une quinzaine de jours, mais en assez faible quantité, A ce moment, elle aurait toussé pendant trois semaines. Mais habituellement, la malade ne tousse ni ne crache. Dyspnée d'effort s’accompagnant de palpitations à l’occasion de monter les escaliers. Pas d’œdème des jambes. |

Rien de pathologique à signaler au côté des poumons et du cœur.

Céphalée fréquente; souvent crampes dans les jambes; bourdonnements d'oreille, picotement et sensation de brûlure dans les doigts. Pas de vertiges.

Mictions normales. Les urines sont un peu foncées, légèrement troubles, pas d’albumine,

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Comme stigmates de névrose : battements rythmiques des paupières. Anesthésie des muqueuses pharyngées et oculaires, Pas de troubles de la sensibilité à la figure. Les réflexes patellaires semblent abolis. Mais pas d’incoordination.

Température à l'entrée 38°2 le soir; le matin 37 degrés.

5 avril. — On fait passer la malade en chirurgie pour lui faire réséquer l’appendice. Les trois semaines de repos au lit n’ont en effet pas amélioré la malade. Pendant la première semaine de son séjour, qui a correspondu à une période menstruelle, la malade n’a pas souffert plus que d'habitude,

En raison de la persistance des douleurs et de l'état général pas très bon, en raison également de la nécessité dans laquelle se trouve la malade de travailler pour gagner sa vie, ce qu’elle ne peut faire dans son état actuel, on pense qu’une intervention est indispensable. -

5 mai. — La malade a été opérée le 8 avril, actuellement les suites opératoires sont complètement terminées, la malade est très contente, elle peut se redresser sans éprouver de douleurs dans le ventre. Si elle mange de la viande, elle sent, dit elle, une petite douleur dans la fosse iliaque droite; mais les sensations douloureuses sont très atténuées et différentes de celles qu’elle éprouvait avant l'opération.

La pression, au niveau du point de Mac Burney, est encore douloureuse, mais moins qu'avant l’opération. La malade quitte l’hopital. Pas de troubles de la sensibilité cutanée,

17 juin 1899. — Sortie de l'hôpital depuis un mois, a engraissé, elle est moins pâle, se trouve de mieux en mieux.

Constipation exceptionnelle, tandis qu’elle était opiniâtre auparavant.

Digestions très bonnes. Suit le régime prescrit. Eprouve parfois une douleur dans le côté droit de l'abdomen, la douleur survient à l'occasion de la fatigue et non à la suite de l’ingestion des aliments. Gette douleur n’est pas du tout semblable à celle qui existait avant l'opération, Actuellement, la douleur cesse complètement après le repas, tandis qu'autrefois elle ne cessait jamais

complètement. Autrefois, sensation de piqûre, actuellement sensation de tiraillement.

La malade se sent de mieux en mieux et compte reprendre son

service la semaine prochaine.

Examen histologique de l’appendice-communiqué par M. le professeur agrégé Paviot.

Les lésions d'appendicite sont manifestes au microscope, mais d’appendicite ancienne; en effet, l'organe est oblitéré par un tissu fibro-adipeux, dans lequel on ne trouve plus trace des follicules clos, de la muqueuse ni de ses glandes ; de plus, épaississement et vascularisation de la sous-séreuse avec tractus conjonctifs qui ont presque fait disparaître la couche externe des fibres musculaires en la pénétrant.

Nous avons groupé ces observations V et VI parce que,vour l’une sûrement et pour l’autre fort probablement, il s’agit d’une appendicite par voisinage par inflammation péritonéale du petit bassin à l’appendice, en somme d’une de ces variétés pathogéniques que nous avons, envisagées comme d’étiologie infectieuse mais locale offrant une localisation appendiculaire par propagation. Les manifestations symptomatiques douloureuses du côté de lap pendice ont été très manifestes dans l’observation V et, au contraire, dans l'observation VI, nous les voyons se perdre dans les douleurs de la sphère génitale dans celle de l'ovaire, dans celles enfin d’un rein flottant, quel que soit le haut intérêt clinique de cette observation, le sujet que nous nous sommes imposé ne comporte pas que nous nous y arrêtions; mais à ceux qui douteraient de l’appendicite à la lecture de l’observation, nous répondrons par l'examen histologique. En somme, ce sont deux observa-. tions bien typiques d’inflammation appendiculaire, mani-

MO festement dues à la péritonite par propagation ; le siège a été révélé par la localisation au niveau du vermium, tandis qu’elle aurait passé iuaperçue ou se serait perdue dans le reste de l’ensemble symptomatique, si elle s'était produite en point, dont la souffrance nous échappe encore en clinique. $

OBsERvATION VII

(Communiquée par M. Levet, interne des hôpitaux.)

W, F..., vingt-cinq ans.

Appendicite arrivée dans le service avec un abcès de la fosse iliaque droite le dixième jour après le début de laffection. Péritonite.

Antécédents héréditaires. — Mère morte en couches. Père mort d'accident. Trois frères et sœurs encore vivants et bien portants.

Antécédents personnels. — A l'âge de dix-huit mois, une fluxion de poitrine ; depuis aucune maladie virulente.

Cependant, l'hiver dernier, 1897 98, il a eu une succession de rhumes assez violents avec un peu de bronchite. Quelque temps après ces rhumes, le malade eut quelques coliques qu’il ne localisa pas exactement. Après 1l fut longtemps constipé, puis tout l’été il eut des diarrhées et des coliques alternatives ou simultanées.

Cet hiver 1898-99 il se porta bien; mais au printemps il prit un nouveau rhume plus violent que les autres avec des quintes de toux fréquentes et un peu de fièvre pendant quatre ou cinq jours.

Les donleurs de la fosse iliaque se firent de nouveau sentir, cette fois plus localisées dans la fosse iliaque droite ; cependant rien de grave,

Début, — Le 18 juin le malade était au café et se sentait mal à l’aise, il erut que c'était une colique a frigore qui débutait ; il s'était trouvé dans un courant d’air et avait senti un frisson.

La souffrance débuta par une douleur légère dans la fosse iliaque

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