ANATOMIE PATHOLOGIQUE
a. — Viscères.
L'’anatomie pathologique des différentes lésions produites dans l'organisme par la diphtérie humaine et aviaire présente les plus grandes analogies. Mais il faut avoir soin d'examiner les différents organes le plus près possible du moment de la mort, car au moment de lautopsie, fausses membranes diphtériques et lésions diverses ont en partie disparu ou sont plus ou moins altérées.
Les poumons présentent, avec des lésions mécaniques comme l'emphysème et l’atélectasie, des lésions de bronchite diphtérique, avec inflammation des grosses bronches et production d’exsudat fibrineux, inflammation des vaisseaux capillaires qui sont remplis de globules blancs.
Assez souvent on remarque des ecchymoses souspleurales, des suffusions sanguines et fréquemment de l'épanchement dans les plèvres.
Les reins, sains en apparence, sont presque toujours altérés dans la diphtérie grave : hypérémie et hémorrhagie dans la couche corticale, état trouble de Pépithélium des tubuli. Congestion des capsules surrénales.
Le foie présente souvent des lésions de stéatose hépatique avec dégénérescence parenchymateuse.
PR ne La fibre musculaire cardiaque est alteinte surtout au niveau des muscles papillaires, de dégénérescence granulo-craisseuse. Quelquefois l’endocarde valvulaire présente des altérations caractéristiques de l’endocardite végétante avec dépôt de fibrine sur les valvules.
Enfin le sang, surtout dans la diphtérie toxique, est de couleur foncée, jus de pruneaux, il tache les doigts, donne aux organes une teinte sale et renferme des caillots bourbeux. Le nombre des globules rouges est diminué, les globules blancs sont considérablement augmentés : c’est l’état de dissolution, qu’on retrouve dans les pyrexies graves. | |
Toutes ces lésions, quoique plus rares chez les gallinacés, se rencontrent cependant chez les poules, mais à une
condition, c’est que les fausses membranes qui sont d’une prolifération excessive chez les volailles n'aient pas obstrué prématurément les voies aériennes et provoqué l’as-
phyxie.
b. — Fausse membrane.
La lésion dominante de la diphtérie est la fausse membrane, elle tapisse les différentes parties du larynx et principalement les ligaments aryténo-épiglottiques et les éordes vocales. La couleur est d’un blanc'jaunâtre quelquefois teinté par de petites extravasations sanguines.
Elle est parfois très mince, dans d’autres cas son épaisseur peut acquérir jusqu’à deux millimètres, grâce aux
couches stratifiées qui naissent à sa face profonde.
opte
A la surface de la fausse membrane on trouve brdinairement une couche de mucus renfermant un assez grand nombre de globules de pus, des cellules épithéliales altérées, des granulations graisseuses, des colonies de microbes variés, au milieu desquels on décèle le bacille de Klebs-Lôüffler quand on emploie la méthode de coloration de Gram.
Ce n’est que dans les diphtéries graves, toxiques, qu'on découvre le bacille de Lôffler, à l’état de pureté presque parfaite, le plus souvent il est mêlé à d’autres microbes.
Sous cette première couche, on découvre l’épithélium altéré de la muqueuse, avec les différents degrés de l’altération des cellules. Les altérations sont plus prononcées dans les parties superficielles de la fausse membrane que dans les couches profondes. Dans la couche profonde avoisinant le derme on rencontre des cellules épithéliales notablement. augmentées de volume, contenant deux ou trois noyaux, indice évident d’une prolifération abondante de cellules. On voit au milieu de ces cellules épithéliales une grande quantité de granulalion graisseuse et des portions plus ou moins grandes de filaments fibrineux.
Le derme sous-jacent est enflammé, infiltré d’un grand nombre de globules blancs, mais ce sont surtout les capillaires qui sont altérés, gorgés de leucocytes plus ou m oins déformés. ;
La struclure de la fausse membrane change un peu aux différentes périodes de son évolution : au début ce sont les transformations de l'épithélium qui dominent et le réseau fibrineux est moins important, plus tard, la
membrane est épithéliale, fibrineuse et purulente. La
he) muqueuse, avons-nous dit, sur laquelle les fausses membranes se développent, est enflammée et tuméfiée, quand les membranes sont tombées, la muqueuse prend un aspect dépoli dû à l’absence d’épithélium.
Les parties superficielles de la fausse membrane renferment le bacille de Lôffler, c'est là qu’il faut le chercher, il est toujours séparé de la muqueuse dépouillée de son épithélium par une couche de fibrine granuleuse et par un réseau fibrineux adhérent au tissu muqueux.
C’est aussi dans la zône superficielle de la fausse membrane qu’on rencontre des colonies de microbes divers, bâtonnets, microcoques en chaïinettes, streptocoques,
staphylocoques, etc.
La fausse membrane de la diphtérie aviaire suit à peu de chose près le même processus.
Il est à remarquer cependant que le bacille aviaire se développe fort bien en dehors du contact de l'air, d’où son extension beaucoup plus grande dans les organes profonds et même dans les viscères chez le pigeon, la poule; il en est de même des inoculations faites sur le lapin, le
cobaye.
La fausse membrane ne se développe pas sur les muqueuses à l’abri du contact de l'air. C’est qu’il faut au bacille de Klebs-Lülfler l'air pour pouvoir se développer, il est aérobie. Il lui faut non seulement de l'air mais encore de la lumière, son action très lente à l'obscurité, s'accélère beaucoup sous Pinfluence de la lumière.
Le bacille de la diphtérie aviaire n’est pas soumis aux
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aus
mêmes conditions, on le retrouve jusque dans le poumon: et le cœur, l'estomac et les intestins où il continue à produire des fausses membranes en grande abondance, mais principalement dans l'intestin : tandis que le bacille de Lüffler n'a jamais été retrouvé soit dans le sang, soit dans les organes profonds des malades qui ont succombé à la diphtérie.
Lôüffler a trouvé dans la fausse membrane aviaire le microbe spécifique de la diphtérie des poules et des pigeons ; c’est un bâtonnet qui ressemble assez à celui de la diphtérie humaine, mais dont les extrémités ne sont pas remplies et qui d’ailleurs est plus court. Il pousse sur la gélatine à 17° ou 18.
Mais ce pseudo-bacille n’est pas le seul qu'on ait trouvé dans la fausse membrane aviaire, de même que dans la fausse membrane humaine, il est au contraire, le plus souvent peu nombreux, tandis que des colonies d'autres micro-organismes sont toujours plus ou moins abondantes.
Nous développerons dans notre étude bactériologique les caractères du bacille de Klebs-Lôffler et du bacille de la diphtérie aviaire au point de vue microscopique et bactériologique.
ÉTUDE BACTÉRIOLOGIQUE
Etudions maintenant l'élément essentiel, le bacille des ‘fausses membranes diphtériques humaine et aviaire et remarquons chemin faisant leurs caractères de ressemblance et ceux qui différencient ces deux affections l’une de l’autre.
Pour recueïllir des fausses membranes diphtériques et -en faire des préparations microscopiques convenables, on peut employer différents procédés. L'essentiel, c’est d’obtenir le lambeau de fausse membrane indemne de tout contact avec la langue ou les autres parties de la bouche, afin de ne pas recueillir en même temps des microbes étrangers à la fausse membrane. Celte condition rigoureusement remplie, on prend un morceau d’exsudat à examiner au bout d’un fil de platine soigneusement stérilisé à la flamme, et l’on en frotte la surface de quelques
lamelles.
208 peut avoir à examiner des fausses membranes desséchées, ou bien de l’exsudat collé à un tampon d’ouate stérilisé monté sur une pince, on les décolle alors facilement en les imbibant d'un peu d'eau stérilisée, il suffit
“ensuite de gratter la surface avec un fil de platine sté-
rilisé et d'en étendre des parcelles sur plusieurs lamelles.
Puis on fait sécher les lamelles, quand elles paraissent sèches on les passe trois où quatre fois sur la flamme d'un bec de Bunsen, en ayant soin de tenir la face enduite en haut. Enfin on les plonge dans un bain colorant.
I y à un grand nombre de procédés de coloration, nous n'indiquerons que les plus usités. On emploie beaucoup la solution alcaline de bleu de méthylène, dite bleu de Lôffier, dont voici la formule :
Solution alcoolique saturée de bleu de méêlhylène. 30c.e& - Enu distillée. ss... EEE NN SEE EN SE SES 100 €. €. Potase caustique... ........ LS S SNS EUR d,0e:
Il est préférable de préparer cetle solution à chaque examen.
Pour cela, il suffit de conserver dans un premier flacon une solution de potasse à 1/10,000 et dans un second flacon une solution alcoolique saturée de bleu de méthylène.
Au moment de l'examen on remplira un verre de monte de solution de potasse et lon y ajoutera quelques gouttes de la solution de bleu de méthylène, jusqu'à ce que la surface du bain colorant ne soit plus translucide. Les lamelles sont retirées au bout de quelques minutes et lavées dans un courant d’eau filtrée. Pour conserver la préparation il faut la monter, äprès déshydratation, au baume de Canada au xylol.
On emploie aussi beaucoup le violet de gentiane ou mieux encore le bleu composé de Roux.
Solution aqueuse à 1 pour 100 de violet de dalhia..,. 4 partie. Solution aqueuse à 1 pour 100 de vert de méthyle... 3 parties. Eau distillée...., Q. S. pour obtenir une teinte bleue pas
trop foncée.
Il suffit de mettre sur la lamelle séchée une goutte de ce bleu, d'appliquer celle-ci presque aussitôt sur la lame, en essuyant l’excès de matière colorante avec du papier à filtre. On voit alors avec un objectif à immersion que parmi tous les bacilles des fausses membranes, ce sont les bacilles dipthériques qui se colorent le plus vite et avec le plus d'intensité.
Le bacille de Klebs-Lüffler se présente sous un aspect assez analogue à celui de Koch, mais il est deux fois plus
épais. Les extrémités en sont arrondies, parfois légèrement reuflées, et d’une façon inégale, de manière à figurer une sorle de massue. Quelques bâtonnets présentent un ou plusieurs élranglements, d’autres semblent granuleux, parce qu'ils prennent inégalement la couleur. Un grand rombre d’entre eux sont recourbés, en plusieurs points, ils sont groupés en petits amas.
Dans les cas de diphtérie à marche rapide, après coloration au bleu de méthylène des coupes d’une fausse membrane diphtérique et de la muqueuse à laquelle elle est adhérente, on voit que les parties superficielles de la fausse membrane sont formées par une grande quantité
de microbes très variés. Mais ce fait est rare. Le plus
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souvent ils sont mêlés à une grande quantité de microbes divers, tous bien colorés. Ce sont les microbes habituels de la bouche : de grands filaments de leptothrix,
de gros microcoques,.. des staphylocoques et des strepto-
coques, des bacilles, les uns plus gros et plus longs que celui de la dipthérie, les autres plus courts et plus massifs.
Il n’est pas toujours facile au milieu de ces bactéries de distinguer le bacille de Lüffler, car on n’a pas encore trouvé de métho le sûre pour déceler sa présence comme on le fait pour le bacille de la tuberculose par exemple.
La fausse membrane, placée dans l'alcool absolu, est convenablement durcie au bout d'un ou deux jours. Il suffit alors d’en faire des coupes et de les colorer.
Nous avons vu que la bacille de Lôffler n’est pour ainsi dire jamais à l’état de pureté, mais toujours associé à d’autres variétés de microbes. Aussi pour déceler plus facilement sa présence au milieu de ses congénères emploie-t-on habituellement le procédé de coloration dit : Méthode de Gram.
Voici en quoi consiste celle méthode.
Les préparations, sorties du bain colorant, sont après lavage à l’eau filtrée, plongées dans la solution de Gram jusqu’à ce qu’elles prennent une teinte noirâtre, ce qui demande une à deux minutes. Elles sont lavées ensuite à l'alcool absolu jusqu'à décoloration, ce qui s'obtient en quelques minutes. La méthode de Gram fournit des caractères de déterminations précieux, certaines variétés de micro-organismes se décolorant par son emploi, se distinguent par là d’autres qui traitées de la même façon gardent la couleur : ainsi qu'il en arrive au bacille de
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Klebs-Lôffler qui reste coloré en violet noir lorsqu'on a usé d’un bain au violet.
4° Solulion de Gram.
Ipde 22 pride PTT 4 gr Ilodurede potassium", . , , 1... ‘ 2 gr TO CP RE RER RE REP DE LIPE 300 gr.
2° Culture.
Quand on veut cultiver le bacille de Lôüffler, il faut prendre un débris de fausse membrane au bout de l’anse dun fil de platine stérilisé.
Ce fil doit être gros, ne pas plier aisément, afin qu’on puisse râcler un peu fortement et enlever une parcelle assez étendue. Avec ce fil ainsi chargé on commence à ensemencer en stries une série de tubes de sérum.
Le sérum est le milieu de culture sur lequel le bacille diphtérique pousse le plus rapidement et Le plus abondam-
ment. '
Voici la formule du sérum de Lôffler :
Sérum de veau ou de mouton. . . 3 parlies Bouillon de veau stérilisé. . . . . La Peptonerremom Pr enafer 2e 4 pour 100 CADDIE RU RE see 1 pour 100
Belnarin Pr SU 1/2 pour 100
ie —
On obtient d'excellents résultats avec le sérum de sang de bœuf ou de cheval placé cinq jours de suite à l'étuve à 58° pendant deux heures afin de le stériliser, puis à 70° jusqu’à gélatinisation.
On a employé également la sérosité d’ascile ou de pleurésie, mais avec moins de résultats.
L'ensemencement sur plaques de gélose donne également peu de résultat. Le bacille pousse moins bien dans ce milieu et la plaque est rapidement envahie par la végétation luxuriante des autres microbes que contient Ja fausse membrane.
Les plaques de gélatine sont aussi très peu employées parce que le bacille de Lülfler pousse très lentement et très maigrement dans ce milieu.
Revenons donc à nos tubes de sérum. |
Une fois ensemencés ils sont placés à l’étuve à 37°. Au bout de 18 à 20 heures on peut les retirer, s’il s’agit de diphtérie, les tubes contiennent une grande quantité de colonies alors que les autres microbes n’ont pas eu le temps de se développer. De même, si les tubes n’ont pas été ensemencés avec des exsudats diphtériques, ils ne présenteront que peu ou pas de colonies dans les 24 premières. heures.
Après 18 heures de séjour à l’étuve, les colonies de bacilles de Lüffler se montrent sous forme de taches rondes, blanc grisâtre, à centre opaque, grosses comme une tête d’épingle.
Il ne faut pas se contenter, pour établir le diagnostic de diphtérie, de l’examen des cultures à l’œil nu.
I faut toujours transporter à l’aide d’un fil de platine
ee sur une lamelle un débris de la colonie suspectée, la colorer et en faire la vérification au microscope.
La diphtérie des oiseaux frappe surtout les pigeons, les poules, les faisans et quelques oiseaux sauvages.
Elle est épidémique et contagieuse.
On la rencontre souvent dans les basses-cours où elle décime les animaux. La maladie peut se localiser sur une seule muqueuse, du bec ou de la gorge, ou se généraliser et les envahir toutes.
Il existe une forme viscérale de cette affection que nous avons plusieurs fois rencontrée, caractérisée par des dépôts fibrineux, c'est à elle sans doute qu’il faut attribuer la diarrhée et les symptômes gastro-intestinaux qui caractérisent fréquemment la période ultime de la maladie.
On consta e des fausses membranes non seulement sur les muqueuses buccale, linguale, laryngée, etc. mais encore dans les poumons, les sacs aériens, les intestins. Au-dessous de l’exsudat fibrineux, il y a de la congestion de la muqueuse et de l’infiltration des parties sous-jacentes, du tissu conjonctif du cou.
La diphtérie aviaire, comme la diphtérie humaine, frappe surtout les jeunes sujets.
Le microbe spécifique de la diphtérie des oiseaux est un bâtonnet qui ressemble assez à celui de la diphtérie humaine, mais dont les extrémités ne sont pas renflées, et quiest un peu plus court que le bacille de Klebs-Loffler.
Il pousse sur gélatine à 17° ou 18° et ne la liquéfie pas. Haas 7
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Les colonies s’élalent largement sur la surface de la gélatine.
Sur pomme de terre, il donne une mince culture grisâtre.
Lôütfler a inoculé quatre pigeons avec ce bacille. Il a toujours obtenu de l’inflammation au point d’inoculation, puis une fausse membrane.
Deux de ces pigeons sont morts et l’on retrouvait le bacille dans le poumon et le foie. |
Ce bacille employé en culture purc est moins actif que celui de la diphtérie humaine. Mais inoculé en présence d’autres microbes, d’une colonie de streptocoques, par exemple, il tue invariablement le cobaye et le lapin.
Haushaller a isolé récemment des fausses membranes de poulies atteintes de diphtérie un bacille qui morphologiquement ressemble au bacille de la tuberculose, mais sa longueur est variable.
Sur gélose à 37° il forme une petite membrane blanche, surélevée, lisse. Il se développe bien sur sérum gélatinisé et donne une papule grisâtre. Le bouillon ensemencé devient rapidement trouble et laisse déposer un magma pulvérulent.
L'injection de ses cultures dans le sang du lapin provoque de la diarrhée et de la fièvre, mais ne le tue pas.
Mais Associé au pneumocoque, il le tue rapidement.
La conclusion de notre étude bactériologique est celleci, c’est que le bacille de la diphtérie aviaire, en présence des autres micro-organismes qu'il rencontre dans l'organisme humain, peut acquérir de la virulence. Klain
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l'a démontré sur les animaux, il a attiré l'attention spécialement sur les infections secondaires, accessoires, qui viennent s’ajouter à l’agent spécifique dans toute infection primitive. |
Formad, dans une série d’inoculations, est arrivé à produire chez le lapin et le cobaye, des fausses membranes, du tirage et l’ensemble symptomatique complet de la diphtérie vraie en ajoutant au micro-organisme de la diphtérie aviaire le streptocoque pyogène qu’on retrouve si fréquemment à l’état de pureté dans les suppurations qui accompagnent parfois la maladie.
Outre la non-virulence, on a contesté au bacille de la diphtérie aviaire de n’avoir jamais pu produire l’ensemble des grands symptômes de l'intoxication générale et en particulier les paralysies si fréquentes dans la diphtérie humaine. Les exemples cependant ne manquent pas de paralysie consécutive à la diphtérie chez les animaux, il suffit de les chercher, et il y en aura sans doute beaucoup plus, le jour où ce phénomène ne passera plus inaperçu, comme il arrive trop souvent de la diphtérie aviaire elle-même.
Formad cite le fait de plusieurs poules qui atteintes de diphtérie- manifeste, contaminèrent quatre enfants d’une ferme où ce fait se produisit, ferme absolument isolée et aucun cas de diphtérie humaine ne régnant dans la région. Il fit des recherches bactériologiques, trouva un microorganisme analogue, dit-il, à celui de Lôüffler, le cultiva, puis fit des inoculations.
De quatre lapins inoculés, deux présentèrent un en-
semble de symptômes généraux et locaux assez sembla-
US ES bles à ceux de la diphtérie, et succombèrent, l’un de ceux qui survécurent présenta une paralysie de l’arrière-train qui fut très longue à disparaître.
Delthil et Klein rapportent des faits semblables. Sanderson raconte avoir vu une paralysie de très longue durée, de la patte droite d’un dindon, inoculé avec du virus diphtérique d’une poule atteinte de diphtérie.