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pigeons, des dindes, elc., dont les ordures sont balayées par la pluie dans les citernes et dans les puits.
Il va sans dire que l’eau ainsi souillée est proscrite des usages alimentaires, en principe du moins, mais ces prescriptions ne sont pas toujours observées.
La famille d'un médecin de Pausilippe fut victime de la paresse d’un domestique, qui pour s’éviter une course,
se permit un jour de servir de l’eau prise à une de ces citernes. ;
Sur cinq enfants, quatre ne tardèrent pas à être atteints de diphtérie, et de diphtérie grave, car ils sccombèrent tous les quatre.
Le cinquième, celui qui fut épargné, ne buvait jamais d’eau.
L'épidémie ne se limita pas à la maison du docteur, elle s’étendit à d’autres personnes.
Un garçon de sept ans qui demeurait en face et qui avait bu de l’eau du même puits eut une diphtérie mortelle.
Une autre épidémie de diphtérie, reconnaissant pour cause l’infection d’un puits par les immondices d’un colombier, atteignit dans la même ville, une femme et cinq enfants dont trois succombèrent.
Ce n’est qu’à la suite de ces évènements et malheureusement trop tard, qu’on chercha les causes dela maladie.
Au moment même où ces faits se sont passés, on n’avait pas encore reconnu la diphtérie parmi les volailles, mais on reconnut bientôt qu'elle régnait fréquemment parmi elles, et, la plupart du temps, d’une façon tout à fait béni-
gne.
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On me dira peut-être que c’est chercher les faits un peu loin.
Evidemment, puisque nous ne voulons citer que ceux qui ont été dûment contrôlés, et qui échappent autant que possible à la critique. Je ferai seulement remarquer que le fait qui s’est passé dans la famille du docteur de Pausilippe, s’est passé dans des conditions absolument identiques à celles de la contagion interhumaine.
L'observation suivante a été recueillie par Seebec, Wolff la rapporte comme une des plus probantes de l’origine aviaire de la diphtérie.
L'établissement d’élevage de Messelhausen reçut des environs de Véronne 2600 poulets dont quelques-uns avaient déjà la diphtérie. |
La maladie ne tarda pas à prendre une extension telle que 1400 sujets succombèrent.
L'été suivant un milier de jeunes poulets obtenus d'œufs de diverses provenances, contractèrent aussi la diphtérie et en moururent.
Un perroquet l’eut encore, mais il en guérit. On voit que dans le cas présent, la diphtérie aviaire bénigne d'ordinaire cause de sérieux ravages parmi les volailles. Mais ce n’est pas tout. Les cinq chats de l’établissement contractèrent la diphlérie et en moururent.
Le gérant de l'établissement en badigeonnant à l’acide phénique un coq italien atteint äe diphtérie fut mordu par celui-ci au poignet gauche et sur le dos du pied. Le blessé fut pris d’une forte fièvre, les plaies s’envenimèrent, se couvrirent de fausses membranes, se tuméfièrent. Il y eut de la lymphangite, de l’adénite axillaire et
AT TA inguinale. L'état général fut grave et la guérison définitive très lente.
En outre les deux tiers des journaliers employés eurent de la diphtérie de la gorge.
Il n'existait alors à Messelhausen aucun autre cas de diphtérie.
Rien ne manque à cette observation : importation de la diphtérie dans un pays où elle n'existait pas, transmission aux chats, au perroquet, inoculation à l'homme et contagion sur places, épidémie, enfin transport du germe à l'extérieur : voilà dit M. Longuet, ce que l’on rencontre dans cette remarquable observation qui paraît diffi- <ile à récuser.
Turner et Jacobi ont rapporté entre autres observations de contagion isolée, le fait suivant observé à Daglesford. Il éclata subitement en cette localité une épidémie de diphtérie qui fit de grands ravages durant plusieurs mois en 1890. Une enquête approfndie révéla une épidémie semblable sévissant depuis longtemps sur les chats qui succombaient en masse et Turner n'hésite pas, malgré les expériences encore insuffisantes de Klein, à identifier la diphtérie humaine avec la diphtérie animale, quelle que soit la transformation que le pseudo-bacille de la diphtérie animale est obligée de subir pour acquérir son action virulente.
Wheeler cite un cas où la diphtérie qui fit de grands ravages dans une localité américaine à la suite d’installation d’une colonie de pigeons sauvages dans le voisinage de cette ville. Les habitants les chassaient et les
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mangeaient sans précautions aucunes. Or, Wheeler qui examina un grand nombre de ces pigeons trouva parmi eux beaucoup de sujets atteints non-seulement de diphtérie pseudo-membraneuse, mais encore gangréneuse et qui fit de grands ravages parmi eux. Quant à l'épidémie de diphtérie qui éclata chez les enfants, elle fut très meurtrière puisqu'elle fit périr jusqu’à 75 enfants sur 103 qui avaient été atteints.
Déjà quelques années auparavant, rapporte le même auteur, les pigeons s'étaient établis dans le voisinage de cette localité et la moitié au moins des enfants avaient eu la dipatérie, mais on avait eu que très peu de morts à déplorer.
Georges Turner rapporte plusieurs observations d’épidémies de diphtérie, entre autres celle qui éclata au village de Branghing en 1891 précédée du croup des basses-cours. La diphtérie des volailles avait élé importée d’une ferme où Turner put dépister l’origine de la maladie sur les pigeons. Il fit plusieurs autopsies et trouva des fausses membranes tapissant la gorge et la trachée, fausses membranes, dit-il, en tout semblables à celles du croup infantile. L'examen microscopique lui révéla entre autres micro-organismes, un bacille absolument analogue à celui de Lüffler dont l’inoculation chez un lapin produisit une paralysie de l’arrière train de très longue
durée.
Les faits suivants publiés par Paulinis dans le Bulletin médical, en 1888, dépassent encore en précision les obser-
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vations que nous avons déjà rapportées. C'est la relation d’une épidémie de diphtérie transportée dans une île grecque, où elle était jusqu'alors complètement inconnue et on la voit s’y implanter définitivement par le fait de dindons amenés malades de la terre ferme.
C’est, en quelque sorte, de l’épidémiologie éxpérimentale. Le docteur Bild, qui exerce depuis trente ans dans l'ile de Skiatos, poste des plus salubres, n’y avait jamais rencontré la diphtérie. Dans les premiers jours de juin 188%, je fus appelé, dit-il, pour une jeune fille de douze ans atteinte de diphtérie, elle mourut, Ce décès marque le début d’une épidémie, qui évoluant en terre vierge, altaquait en cinq mois 125 personnes et causait trente décès. Depuis lors la dipthérie est restée endémique à Skiatos. D’où pouvait fondre si subitement ce genre, inconnu jusque là, de maladie et de mort? C’est ce qu’une enquête approfondie me permit de constater.
Une douzaine de dindons avaient été envoyés de Salonique par le bateau. Quelques-uns étaient déjà malades pendant la traversée : ils prirent tous sucessivement la maladie, dans un jardin au nord de l’île dans lequel ils étaient parqués, près du quartier — très exactement placé sous le vent régnant à cette époque — où débutait l'épidémie humaine.
La maladie des dindons n'était pas douteuse: sept élaient morts après trois jours de maladie, trois étaient guéris et chez les deux malades que Paulinis put examiner il lui fut facile de constater des fausses membranes grises sur le voile du palais et le pharynx. Chez l’un d'eux, les fausses membranes gagnaient le pharynx et causaient du
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tirage et une dyspnée extrême. On pouvait avec un pinceau détacher les pseudo-membranes peu adhérentes, laissant à nu la muqueuse tuméfiée, gonflée, facilement saignante. Enfin, dernier détail clinique péremptoire, un dindon guéri eut une paralysie des pattes ; il lui fut impossible de marcher.
Debrie, médecin-major, a publié dans les Archives de médecine et pharmacie militaires, 1892, un fait récent montrant avec vraisemblance une série de curieuses répercussions de l’homme à la volaille et de la volaille à l’homme.
Il s’agit d’une petite épidémie de dipthérie qui sévissait sur la garnison de Sebidou. L'origine en était facile à découvrir. Les deux premiers malades appartenaient à une compagnie qui avait eu de la diphtérie deux mois auparavant à Nemours; deux autres furent contagionnés par eux. Ces quatre malades fournirent un décès, dans la redoute même, à quelques pas de l’hôpital se trouvait une basse-cour, aux volailles de laquelle un infirmier donnait la nourriture. Les dix poules tombèrent malades présentant des plaques blanc-grisâtre aux commissures du bec, sur la route palatine et sur le pharynx, les narines, siège d'un écoulement ichoreux, formaient à leur pourtour des concrétions jaunâtres. Les paupières sont gonflées, recouvrent un exsudal épais tapissant les conjonctives; grande prostration. Cinq de ces animaux succombèrent à une diphtérie indéniable.
Le propriétaire de cette basse-cour qui la visitait souvent ouvrant le bec des poules pour les débarasser des fausses membranes, prit également la diphtérie. C’est
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même en constatant son cas que Debrie fut mis tardivement au courant des incidents de la basse-cour.
Le professeur Arleing auquel je fis parvenir deux têtes de poules confirma expressément la diphtérie aviaire. Sur ces entrefaites arrivait, au poste voisin d’'El-Aricha, un soldat qui dut êlre immédiatement hospitalisé et succombait bientôt à la diphtérie. Or, voici ce qui était arrivé: la diphtérie régnait alors à El-Aricha sur des poules qui y avaient été récemment envoyées et avaient été conser-
vées quelque temps au passage dans la redoute infectée de Seldon.
Longuet, dans ses Statistiques de 1893, cite plusieurs nouvelles observations. Entre autres une épidémie de diphtérie à Tlemcen, et une autre dans le département des Ardennes, où il incrimine formellement l'élément aviaire.