‹ Contribution à l'étude de l'étiologie générale de la diphtérieChapitre 17 sur 25 · SN UE · texte numérisé non relu

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contagion, j'appris que moins d'une semaine avant l’invasion de l'affection, un pigeonnier établi dans la maison avait été décimé par la diphtérie, qu’un pigeon était venu mourir sur le palier de l’escalier et que les enfants l'avaient gardé plus d’une journée entre les mains.

L’aînée des enfants atteinte d’impétigo des lèvres el des orifices des fosses nasales avait élé la première contaminée. M. le D' Collardot a vu ces enfants.

VI. — Une autre famille demeurant rue des Hautes- Marnes à Nogent, vit la fille atteinte de diphtérie grave (4 août 1887). Dans le pigeonnier attenant à la maison, sévissait une épidémie. Les pigeons venaient constamment et familièrement manger à la porte de la maison et y mouraient à cette époque lors de l’épizootie.

VII. — Vers la même époque, sévissait dans une autre famille des épidémies successives de diphtérie. J’en cherchai les causes et je crois les avoir trouvées dans l’habitude qu’avaient les enfants de jouer dans le fond de la cour réservé à un marchand de volailles pour y tuer et y plumer ses animaux. J’attirai l'attention de la famille, le rôlisseur fut invité à porter ses pénates ailleurs et depuis celte époque je n'ai plus vu d’accidents analogues se produire chez le jeune sujet.

VIII. — Une autre enfant avait l'habitude de porter à manger aux volailles d’un poulailler, où il y avait souvent de la mortalité. Deux fois, cette enfant fut prise d’accicents diphlériques et toujours à l’époque d’une épizootie sur la volaille. Depuis, sur mon conseil, la famille s’abstint d'envoyer l'enfant dans ce foyer, et sa santé resta bonne.

IX. — Un cultivateur de Noisy laissait son jeune enfant jouer dans une petite cour remplie de fumier et servant de poulailler. Depuis quelque temps, les volailles y succombaient successivement à la diphtérie. En l'absence d’épidémie humaine, l'enfant fut atteint d’angine diphtériti- ‘que avec croup, opéré avec succès parle médecin de Noisy, le D' Pagnier; malheureusement ce jeune et distingué praticien prit lui-même l'affection, faillit en mourir et n’est pas encore tout-à-fait remis de l’albuminurie consécutive et chronique.

X. — L'enfant H..., habitait une maison, où se trouve un colombier qui a déjà infecté un certain nombre d’enfants. Il fut atteint de diphtérie nasale, pharyngienne, croupale ; il survint même cette particularité qu'il eut une kéralo-conjonctivite diphtéritique soignée par le D Galezowski, qui sans doute a relevé l’observation.

Le D' Grellet a observé une épidémie de diphtérie à Dely Brahim, en Algérie, « à laquelle, dit-il, je ne saurais assigner une autre origine que la maladie d’un dindon très libre et commensal assidu de la maison où- la diphiérie débuta >.

Mendinger soignait une petite fille de dix ans atteinte de diphtérie. Il apprit que six poules avaient déjà succombé à une épidémie qui régnait dans la bassecour, il examina une de ces poules et reconnut la diphtérie.

A Tonglam, dit Berhuer, un homme achèle dans une ferme dont la volaille était malade, une poule qu’on lui laisse pour peu de chose. Il la rapporte chez lui et la soigne. Mais voici que la diphtérie se déclare, atteint son

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fils qui succombe, puis s'étend au village, alors, dit Berhuer qu’il n’y avait jamais eu de diphtérie dans la localité.

Le D' Boncour de Saint-Aignan (Loir-et-Cher) fut appelé récemment à constater une épidémie de diphtérie fort curieuse.

.La maladie apparut à peu près en même temps dans trois communes à la fois et où la diphtérie était totalement inconnue.

Il fit une enquête et apprit que dans les trois communes la diphtérie chez les enfants avait été précédée d’une affection semblable chez les volailles.

Il poussa ses invesligations plus loin et découvrit que les volailles avaient été achetées au chef-lieu de canton, chez un éleveur où la diphtérie aviaire faisait fréquemment des ravages.

Pour combattre la maladie, l'administration des trois communes, sur l’avis du docteur, défendit tout nouvel achat de volailles dans le chef-lieu incriminé, les poules contaminées furent abattues, les volières brûlées, en un mot on fit de la désinfection en règle, La maladie fut rapidement enrayée. “

B. — Transmission de la diphtérie de l’homme à l'animal.

M. Teissier rapporte le fait d’un jeune garçon diphtérique et asphyxiant qui fut trachéotomisé.

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A la suite de cette opération, il rejela une grande quantilé de fausses membranes. Un coq qui rôdait dans l'appartement les absorba. Trois ou quatre jours après, l’animal était lui-même atteint de diphtérie, Il présenta du tirage et succomba bientôt. L'enfant guérit.

Le professeur Rossi rapporte une observation de transmission de la diphtérie de l’homme à chien, observation qui lui est personnelle. Il avait un superbe lévrier qui à la suite d’une négligence de domestique avait avalé les excréments d’une enfant morte de la diphtérie et soignée par lui.

Le lévrier au bout de quelques jours fut en proie à des symptômes de diphtérie et succomba. Rossi fit son autopsie, et trouva dans sa gorge l’exsudat pseudo-membraneux caractéristique de la diphtérie vraie.

A Enfield, en octobre 1888, un enfant avait la diphtérie et ses vomissements étaient lapés par le chat de la maison. Ce chat tomba malade et les symptômes qu'il présenta étaient tellement ressemblants avec ceux du petit malade — qui sur ces entrefaites avait succombé — qu'on fit abattre animal.

On l'avait parqué, pendant quelque temps pour la nuit, dans une petite cour où il trouvait des compagnons. L’un de ceux-ci, un chat du voisinage, tomba malade comme lui et fut soigné par les filles de la maison dont il était le favori.

Toutes ces filles, et elles étaient au nombre de quatre, eurent la diphtérie et Jacobi qui les soigna ne douta pas un instant de cette origine, attendu qu'elles ne s'étaient

exposées à aucune source de contagion.

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