II. — HISTOLOGIE
Alors que chez le fœtus et l’enfant, l'étude microscopique de l’épiploon nous le montre sous l’aspect d’une plage continue, parsemée de groupes de cellules jeunes hystiocytaires, il en est tout autrement chez l'adulte où il apparaît formé de travées de fibres collagènes, enlacées les unes aux autres, limitant des espaces de lames conjonctives très minces.
Alors que chez certains sujets, ces lames présentent une surcharge graisseuse, chez d’autres au contraire, elles en sont dépourvues et peuvent même dis-
ra
paraître complètement. Dans ce dernier cas, les travées de fibres collagènes limitent des orifices de dimensions variables : c’est ce que les auteurs ont appelé la fenestration épiploïque.
L'origine de cet état de choses a donné lieu à plusieurs théories : TR
— Pour RANVIER, la fenestration sérait liée au rôle de défense assuré par l’épiploon vis-à-vis des infections péritonéales microbiennes : les leucocytes traversant la séreuse épiploïque y laisseraient les traces de leur passage. |
— Pour d’autres, tels que ZORNER ou TOLDT, ces trous seraient le résultat de la naissance rapide dé l’épiploon : l’épithélium ne se développerait pas assez vite pour suivre le rapide accroissement des travées conjonctives. Des ruptures épithéliales se produiraient par distension et seraient l’amorce de la fenestration.
— RETENER, lui, a repris la théorie de RANVIER en la modifiant quelque peu; les trous résulteraient de la transformation de certaines cellules en globules blancs, qui deviendraient non plus l’agent de la perforation, mais le résultat.
— KESSLER enfin, à propos d’un cas de hernie transmésocolique, expliquerait ces fenestrations par un processus dégénératif dans des zones peu vascularisées et qui se trouveraient en conséquence en voie de résorption progressive. Ceci ne se produisant que chez des sujets amaigris.