‹ Contribution à l'étude de l'évolution clinique des affections de la queue de chevalChapitre 11 sur 28 · B. — BLESSURES MORTELLES · texte numérisé non relu

B. — BLESSURES MORTELLES

(SCHÉMA 10) Observation I.

GE , André. Sergent 2799 KR. I.

Blessé le 6 octobre 19:16 à la région sacrée par énorme éclat d’obus. Le coude et l’avant-bras droits sont broyés.

16 octobre. — Centre neurologie :

Au moment de sa blessure, n’aurait eu qu’une certaine lourdeur, pas de paralysie. La miction fut impossible.

Rétention des matières ; la sensation de besoin était localisée plus haut que le rectum, au niveau du gros intestin.

Examen. Mobilité des membres inférieurs conservée.

Hypotonie des muscles des mollets et de la face post. des cuisses.

Réflexes rotuliens, égaux; achilléens et médioplantaires faibles à droite, paraissent un peu plus nets à gauche.

R. cutanés plantaïires, normaux avec forte réaction à distance.

R. crémastériens superficiels et profonds, v. abdominaux : normaux.

Sensibilité. Tactile: anesthésie restreinte au dos du pied, à la face post. des cuisses, à une partie des régions fessières.

Thermique : presque abolie sur le même territoire,

La plaie sacrée va bien. T°: 37 ° ou 37,5 © le matin. 38° le soir.

21 octobre. — Ponction lombaire entre Liv et Lwv.

Alb. : 0,20. Cellules : 2 à 4 par champ ; 3 lymphocytes pour 1 polynucléaire.

22 octobre. — 39,5 ° le soir, nausées et tremblement généralisés des membres. Urines troubles depuis hier.

23 octobre. — 40,39 le matin, 39,5 ° le soir. Amélioration générale.

24 octobre. — Reprise des signes généraux. Lavages de vessie, urotropine, dans l’hypothèse d’une infection urineuse. La palpation de la région lombaire est douloureuse.

26 octobre. — P. L. Pas d’hyperalbuminose. Sucre normal Pas de leucocytose.

27 octobre. — Baisse de la fièvre qui se tient vers 38°. Les troubles généraux s’amendent mais le

2 novembre. — La T° remonte le soir à 40,2 ©.

5 novembre. — Mort par infection urineuse.

Autopsie :

Moelle et vacines :

Hémorrhagie extradure-mérienne qui recouvre la face antérieure de l’étui méningé sur toute la région lombaire. Le cul-de-sac arrive jusqu’à la plaie sacrée et baigne réellement dans le pus semi-concrét qui baigne le fond de cette plaie.

Lésions macroscopiques des plus légères : petite hémorrhagie intra-dire-mérienne au niveau des dernières paires sacrées, et à la sortie du cul-de-sac dure-mérien, des petites attritions de Strt, Six, Siv droites et gauches. Dure-mère intacte.

Viscères : peu modifiés, sauf les Reins qui sont le siège de lésions purulentes étendues et profondes. Le Bassinei droit est presque entièrement tapissé de fausses membranes purulentes et contient un liquide épais, mélange de sang, de pus et d’urine.

Plusieurs papilles sont érodées, anfractueuses. Des fusées rayonnantes partent vers le cortex.

Lésions du Rein et du Bassinet gauches de même typeet plus profondes encore.

Vessie distendue, pas très fortement congestionnée. L’urine est moins purulente que dans les Bassinets.

Résumé : lésions radiculaires très limitées et peu profondes. Absence de méningite.

Mais infection de tout l’appareil urinaire.

Observation II.

DÉSENE , Mortial. 63 R. I.

Blessé le 12 novembre 1916 par un E. ©. au niveau de Lu.

Douleurs vives dans les membres inférieurs.

Le projectile ne peut être extrait. Des «accidents méningés» éclatent le 3.

Entrée au centre neurologique dans un état grave.

Perte de connaissance, soubresauts des muscles et mouvements des membres supérieurs. $

Yeux révulsés dans l’orbite.

Paralysie à peu près complète des pieds et des jambes. PR. votuliens, achilléens abolis.

R. cutanés plantaires abolis. Pas de réflexes de défense, La sensibilité ne paraît pas abolie.

Les urines sont troubles mais ne contiennent ni pus ni sang. To le 6 novembre soir : 40° ;

le 5 novembre matin : 41,2°, meurt le 5 à 10 heures

Observation III. (SCHÉMA 11)

AIN , Marcel. 1752 R. I.

Blessé de plusieurs éclats d’obus.

19 Plaie région lombo-iliaque droite sur laquelle on pratique une esquillectomie.

29 Plaie à la fesse gauche à 7 cm. de profondeur entre Lv et l’aileron gauche du sacrum.

Examen Toute la motilité volontaire est conservée.

Le membre inférieur droit est presque constamment tenu en flexion.

Réflexes Rotuliens normaux ; achilléens abolis ; cutanés plantaires en flexion franche.

Sensibilité tactile : abolie sur la fesse gauche et la moitié supérieure de la cuisse À droite sur la partie juxtaanale de la fesse,

L'état général devient bientôt grave. T° 36,2°. Pouls incomptable. Les yeux sont révulsés et hagards.

2 octobre. — Mort.

Observation IV. (SCHÉMA 12) -

BA , Michel. 1422 KR. I.

Blessé le 24 septembre 1914 d’une balle au flanc gauche.

S’effondre, les membres inférieurs paralysés.

5 octobre. — Centre neurologique.

Examen. — Paralysie complète des membres inférieurs.

Tonicité musculaire, faible aux mollets, assez bonne muscles face antérieure de la cuisse gauche, plus faible à droite.

Réfiexes rotuliens, achilléens, abolis. R. cutanés plantaires — O. R. crémastériens conservés à droite et à gauche.

R. abdominaux existent.

Sensibilité : abolie jusqu’à mi-cuisse à droite. Raparaît endessous du genou à gauche. Scrotum et verge insensibles. Dos de la verge hypoesthésiée.

S. vibratoire : un peu mieux conservée.

Sphincters : rétention d’urines du 24 septembre au 6 octobre.

Incontinence par regorgement ensuite.

Pas d'évacuation anale mais fistule stercorale lombaire.

1x octobre. — Amélioration. Mais la fièvre atteint 38,59 depuis 3 jours. Le blessé se plaint seulement d’une sensation d’affaiblissement profond.

12 octobre. — À 8 h. 30: meurt brusquement.

Autopsie :

Cul-de-sac dure-mérien enlevé avec queue de cheval et moelle lombaire. it

Deux crifices latéraux dans la dure-mère.

Toutes les racines en dessous des deuxièmes lombaires, sont coupées, sauf la racine sensitive de Latr.

En outre, petite hémorragie intra-dure-mérienne, au voisinage des extrémités des faisceaux radiculaires sectionnés.

Observation V. (SCHÉMA 13)

Gi 0Leonce 450" Int Blessé le 3 septembre 1916 à 13 heures par un shrapnell à la région lombaire. 2 plaies.

Paralysie immédiate des deux membres inférieurs ; sensation de broiement aux chevilles, douleurs vives aux mollets, à la face postérieure des cuisses et aux fesses.

Centre neurologique.

Les douleurs sent moins intenses, mais sur une même étendue.

Depuis l'opération du 6 septembre, le blessé continue à avoir des vomissements acides et sans douleurs. Il souffre dans la région lombaire et à la partie sous-ombilicale de la région abdominale. Abdomen à peine ballonné.

7 septembre. — Le membre inférieur droit est en rectitude,

le pied à 65° sur la jambe. Le membre inférieur gauche, légèrement fléchi, repose par son bord externe sur le ne du lit.

Motilité volontaire totalement abolie.

Tonicité, diminuée, surtout à la face postérieure.

Contractilité neuro-musculaire : bonne.

Réflexes rotuliens, achilléens, médio-plantaires, tous abolis.

KR. cutanés plantaires, absents.

Réflexes de défense: aucun. Cependant la manœuvre d’Oppenheim amène à droite et à gauche une flexion des petits orteils.

R. crémastériens normaux. R. abdominaux : absents.

Sensibilité : Les limites supérieures des zones d’anesthésie pour les différents modes de sensibilité sont dissociées.

De bas en haut reparaissent : la sensibilité à la pression, à la température, au contact, vibratoire (au pli de l'aine) tactile en Li, Lit, un peu plus haut à droite qu’à gauche.

Sphincters : rétention des urines et des matières, Sondage non perçu.

Température : des membres inférieurs normale à la face antérieure des cuisses, fraîche aux jambes, un peu plus élevée aux pieds. Le mollet droit est un peu plus frais que le gauche.

Aux cuisses, à la limite de la baresthésie, abaissement brusque de température.

Quelques taches rouges aux pieds, aux malléoles.

Evolution : La température tombe de 38,5° à 37°.

Mais brusquement, le 2° jour, apparaissent des crises épileptiformes violentes (nuit du 8 au 9 septembre).

Le lendemain matin, le blessé se trouve dans un état comateux. Il a le râle prélude de la mort. Pouls à 160.

Réfiexes des membres supérieurs abolis. La résolution semble complète. Pendant une amélioration, à 11 heures le blessé répond à ce qu’on lui dit.

17 heures nouvelle crise, plus courte. Agitation d’un seul côté du corps tête penchée du côté droit.

18 heures nouvelle crise. Le blessé reste dans le coma jusqu’au lendemain.

10 septembre. — À 3 h. 30: heure à laquelle il expire.

Observation VI.

Site , Jean.

Blessé le 12 juillet 1916 par un éclat à la région lombosacrée. Paralysie, immédiate des membres inférieurs.

15 juillet. — La motilité reparaît.

16 juillet. — Extraction d’un éclat fixé entre l’aileron droit du sacrum et Lui.

19 juillet. — Centre neurologique.

Mouvements des membres possibles maïs faibles.

Réflexes : rotuliens vifs, achilléens, abolis.

R. cutanés plantaires : douteux (?) R. abdominaux normaux.

Sensibilité : hyperesthésie tous téguments des membres inférieurs et des organes génitaux externes.

Sphinters : rétention d’urine. Incontinence des matières.

Contractions cloniques des petits muscles de la face, des mouvements brusques des membres supérieurs, à gauche surtout, dès la première nuit de son séjour au centre. Parfois une véritable petite crise se produit, où s’agitent les yeux, la bouche, les bras et avant-bras et que suit une période de calme plus ou moins complet et prolongé.

Disparition pendant 3 jours.

22 juillet, matin, brusquement réveillé vers 11 heures par des violentes douleurs dans toutes les «jointures» des membres supérieurs.

De mêmes douleurs, mais moins intenses, aux membres inférieurs. |

La veille, le blessé s'était plaint d’avoir quelques nausées.

Réflexes non modifiés aux membres supérieurs et inférieurs.

Manœuvre de Lasègue douloureuse.

Le blessé meurt dans la nuit du 22 au 23 juillet.

Observation VII.

T....., Pierre. 69 KR. I.

Blessé d’un éclat d’obus à la région lombaire inférieure sur la ligne médiane.

Aussitôt il éprouve la sensation qu’on dui coupe les jambes ».

Il ne le remue plus que pendant quelques minutes.

2 juillet 1914. — Intervention chirurgicale.

Les apophyse épineuse et lames sont fracturées. Le projectile est au contact de la dure-mère qui semble intacte.

. Centre neurologique,

Motilité volontaire en partie restaurée. Le blessé peut fléchir et étendre les orteils, les pieds, les genoux.

Tonicité : hypotonie mollets et muscles postérieurs des cuisses.

Réflexes rotuliens normaux. Achilléens et médio-plantaires abolis.

R. cutanés plantaires, normaux, fort retrait des membres.

R. défense : serait un mouvement volontaire.

Sensibilité.

Anesthésie tactile s'étendant aux organes génitaux externes, à la face postérieure des cuisses et à la plus grande partie de la plante des pieds. Anesthésie thermique.

Sphinciers : Rétention d’urines, sondage.

Rétention des matières.

Evolution. Etat général très bon à l’entrée.

Le 12 juillet. — Au moment du pansement, on note une gaîté insolite. Puis un sommeil profond lui succède avec état d’agitation vive, malgré les yeux clos. Cette agitation dure toute la nuit.

13 juillet. — À 8 heures meurt brusquement,

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