ÉVOLUTION DES BLESSURES DE LA QUEUE DE CHEVAL
Plusieurs cas se produiront.
Les blessés vont :
a) guérir rapidement ;
b) guérir lentement ;
c) mourir de leurs blessures nerveuses, suivant des
modes très particuliers que nous étudierons un à un.
d) mourir d’une complication intercurrente.
a) La régression des signes est rapide. Passons-les en revue brièvement.
Les douleurs qui persistent, s’atténuent et perdent le : caractère aigu qu’elles avaient précédemment.
Les anesthésies persistent longtemps et disparaissent pour ainsi dire en descendant. Roussy et Lhermitte signalent que d’anciens blessés de la queue de cheval présentent des anesthésies un temps assez long après, et une anesthésie sacrée plus particulièrement.
La motilité est récupérée rapidement. Cette amélioration demande peu de jours ou de semaines dans les cas les plus légers. Elle paraît aller de l’extrémité à la racine des membres.
L’abolition des réflexes dure longtemps, plusieurs mois et suit une marche parallèle à celle des anesthésies,
Troubles des shhincters. — Dans les cas légers, ils s’atténuent rapidement. En quelques semaines la miction et la défécation redeviennent normales.
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Troubles musculaires. — L’atrophie et l’hypotonie qui ont eu peu de temps pour se constituer sont à peine apparents et difficiles à mettre en évidence.
Il serait bon, dans l’avenir, de rechercher les signes fins, tels que l’atrophie rapide des muscles pédieux, le signe de l’équerre, l'inégalité ou la duration du pli fessier.
Er somme les blessures légères guérissent très: Tapidement.
b) Cas de gravité moyenne, s’améliorant lentement.
Les douleurs persistent longtemps sous forme de crampes. Maïs les accès de souffrance du malade s’espacent.
Les anesthésies se maintiennent et finissent par ne plus intéresser que les régions les plus inférieures, comme nous l’avons vu plus haut.
Les yéflexes tlendineux demeurent abolis, et ceci, pendant plusieurs années. Dans l’Obs. XXIV, nous voyons ce fait trois ans après la blessure.
La motilité n’est récupérée que partiellement. Le malade viendra se plaindre de «faiblesse » dans les jambes ou de fatigue rapide.
Mais c’est surtout du côté des signes musculaires qu’apparaîtront les plus gros troubles.
L'hypotonie persistant, il y a des déformations de tout un segment de membre — pied varus — he exemple, La tonicité musculaire diminuée est facile à constater et no très accusée.
L’amyotrophie se maintient moins longtemps.
Les troubles sphinctériens sont les plus tenaces et ce
sont eux qui amènent souvent les anciens blessés à
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consulter. La période de rétention, qui, comme nous l’avons vu, est contemporaine du début, fait place à de l’incontinence relative caractérisée par des besoins impérieux.
La constipation semble se prolonger indéfiniment.
c) Sur les 7 blessés de la 2€ série d’observations, nous voyons distinctement que cinq sont morts, soit subitement soit à la suite de crises épileptiformes de plus en plus rapprochés, et deux seulement d’affections chirurgicales. Chez tous, la dure-mère était ouverte.
- Crises épileptiformes. — Dans l’Observation V nous voyons apparaître dès le second jour des crises épileptiformes très violentes. Le lendemain déjà le malade entre dans le coma, .dans un état de résolution presque complet. Puis il se produit une détente, mais de courte durée, et six heures après réapparaissent deux crises... À la suite de la seconde, le blessé reste dans le coma et meurt peu après.
Obs. VI. — Des secousses surviennent pendant le sommeil du sujet. Elles siègent à la face et aux membres supérieurs. Une véritable petite crise survient parfois où s’agitent les yeux, la bouche et les bras. Puis elles disparaissent trois jours et le blessé meurt.
. Mort subite. — Dans le cas relaté par l’Obs. IV où l’autopsie révéla une section complète de la queue de cheval, sauf de la racine sensitive de Li, le blessé
mourut brusquement, sans signe prémonitoire.
Obs. VIT. — Le blessé meurt brusquement après une période d’agitation.
Contractions musculaires. — Il est de notion classique jusqu'ici que les secousses musculaires sont dues à l’atteinte du neurone périphérique, c’est-à-dire à une
atteinte de la moelle. Mais dans un cas non douteux de blessure de la queue de cheval pure, au niveau de Lyy Ly nous voyons des contractions musculaires se produire, accompagnées de vives souffrances.
Dans l’Obs. II, nous remarquons des soubresauts musculaires.
A la suite de ces documents nous pourrons affirmer sans craindre de nous tromper que les blessures de la queue de cheval sont des affections générales du système nerveux et qu’à l’avenir il y aura lieu d’interroger soigneusement toutes les fonctions de cet appareil.
Combien d'observations ne nous ont-elles pas échappé, où le blessé mourait de sa blessure sur le champ ou peu de temps après?
Il existe dans la tradition populaire Ardennaïse un conseil précieux que prodiguent les vieilles femmes de la vallée de la Meuse, à savoir que les enfants jouant à des exercices violents risquent de se tuer en tombant sur le coccyx.
Par quel mécanisme se sont produites ces crises et ces morts subites? Peut-être par conduction sympathique, le traumatisme a-t-il influencé le bulbe.
d) Morts par complication intercurrente. — Dans les 7 cas rapportés plus haut, deux blessés sont morts de complications chirurgicales.
L'Obs.I relate l’histoire d’une terminaison par pyélo-néphrite purulente et infection urinaire, en l’absence de toute méningite. Et à l’autopsie on constata des lésions radiculaires limitées.
L’Obs. IIT rapporte un cas mort de ses blessures alors que les lésions nerveuses passaient au second plan,
Les auteurs ont signalé d’autres causes de décès :
la méningite, les atteintes de l’appareil pleuro-pulmonaïre, l'infection de différents segments de l’arbre urinaire, les escarres.
Quoi qu’il en soit, ces blessures des nerfs de la queue de cheval avec ou sans ouverture du cul-de-sac méningé, mettent le sujet à la merci de complications de l’ordre de celles qui ont été énumérées.