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LES ACCIDENTS DE LA RACHIANESTHÉSIE

Ils sont de deux ordres : local, général.

Les accidents d’ordre local. — Les plus simples, survenant fréquemment au cours d’une rachianesthésie sont les crampes.

Puis il peut s'installer de la rétention d’urines, durant 24 ou 48 heures.

Ces incidents, fréquents, disparaissent totalement.

A un degré de plus nous pourrons rencontrer de la rétention d’urines plus durable, puis de l’hypo- ou de l’anesthésie, de la constipation.

La rétention d’urines fera vite place à de l’incontinence vraie.

LE RETENTISSEMENT SUR LES NERFS DE LA QUEUE DE CHEVAL DE L'ANESTHÉSIE RA-

CHIDIENNE.

La rachianesthésie est pratiquée sur une grande échelle et aussi on a pu étudier les incidents qui survenaient au cours de son emploi. Les statistiques sont nombreuses; mais les accidents localisés aux racines nerveuses, quoique connus, n’ont pas reçu les descriptions qu’ils méritent. Nous allons, dans une observation récente, suivre l’évolution de troubles bien

localisés.

Le 17 avril 1923. — J. M., 41 ans doit être opéré d’un kyste du cordon ; on pratique une ponction lombaire et une injection de stovaine intra-rachidienne ; mais il ne se produit aucune anesthésie et on doit terminer l’opération grâce à la narcose à l’éther.

Le jour même, le malade cesse d’uriner spontanément; pendant les huit jours qui suivent, le cathétérisme est nécessaire à l’évacuacion d'urine.

Parallèlement, il existe une constipation opiniâtre.

Le malade présente ces jours-là des douleurs légères dans la région fessière droite.

Le 2 mai. — On constate des douleurs dans la région scrotale droite (mais c’est au niveau de la plaie opératoire) et périanales.

Il existe une hypoesthésie nette dans le domaine des racines sacrées S5-S$, Le réflexe bulbo-caverneux est aboli. Les reflexes anaux droit et gauche sont abolis. Les réflexes abdominaux sont normaux, égaux. Le crémastérien est net

- à gauche ; à droite, on ne le soit pas (emplacement œdématié de la plaie opératoire).

Il existe de l’incontinence totale des urines.

Se

Les accidents d'ordre général. — Les plus bénins seront de la pâleur de la face, des $ueurs froides, mais aussi nous rencontrerons des vomissements, de la petitesse du pouls, de l’anxiété respiratoire, tous symptomatiques d’une atteinte bulbaire. |

Les cas de mort subite qui se produisent parfois, sont à rapprocher de ceux qui surviennent au cours des traumatismes de la queue de cheval. On recommande pour assurer leur prophylaxie de n’étendre pas complètement le malade, de façon à empêcher la diffusion de l’anesthésique dans la partie supérieure du canal rachidien.

Mais ce point de pathogénie est loin d’être fixé définitivement. Des troubles mal connus et sur lesquels ôn à attiré récemment l’attention pourront survenir; après un temps un peu plus long, on constatera de l’amaurose passagère, des paralysies oculaires.

M. Terrien, dans un travail récent, vient de rapporter un cas de paralysie de la VIe paire survenant une semaine après la rachianesthésie, chez un syphilitique.

Plus récemment encore (avril 1923) MM. Bretagne et Ch. Mathieu en rapportent également un cas à la Société de Médecine de Nancy, le premier observé dans cette ville.)

1) Presse médicale, 14 mai 1923, p. 446.

LES LÉSIONS DE LA QUEUE DE CHEVAL DUES À L'OSTÉO-TUBERCULOSE VERTÉBRALE

(régions lombaire et sacrée).

Cette question de la tuberculose lésant la queue de cheval directement ou indirectement a été peu étudiée dans son ensemble. Il faut arriver jusqu’en 1922 pour avoir la première étude de ce sujet.

Tout d’abord il nous faut établir une distinction entre la tuberculose des racines et celle du sacrum.

Dufour rapporte dans sa thèse un cas de Fischer où il s’agissait de tubercules disséminés le long du canal lombo-sacré sur toute la longueur des nerfs de la queue de cheval et n’intéressant pas la moelle.

Mais bien moins rare est la tuberculose du sacrum.

Peu étudiée au point de vue neurologique, puisque le Prof. Barréet Schrapf, dans leur étude, n’en relatent que six cas en dehors du leur. Bien plus, le mal de Pott lombo-sacré est rare et on peut parcourir plusieurs années de périodiques chirurgicaux sans en trouver un Cas.

Cas de Dufour (1895), (résumé).

En mars 1895. — La malade ressent d’abord des douleurs intermittentes dans le membre inférieur droit, région antéro-in terne.

Elles devinrent continues, puis augmentèrent par la fatigue.

En juin 1895. — Extension à la face postérieure de la cuisse, au creux poplité et jusqu'aux malléoles.

Peu de temps après, apparition des mêmes symptomes du membre inférieur gauche, avec localisation sur le trajet dunerf sciatique a le crural étant respecté de ce côté. Les souffrances sont nettement plus marqueés dans la station debout et la marche. Apparition de quelques crampes la nuit.

Examen (juin 1895).

Amaigrissement des jambes et des cuisses, plus marqué à gauche, et répondant à une atrophie également plus manifeste des muscles de ce côté. Diminution de la force musculaire.

__ Réflexes rotuliens diminués à droite. Pas de clorus. Réflexes achilléens et plantaires : faibles. Réflexes fessiers disparus. Muscles fessiers mous et flasques ; la peau de la région présente des vergeturés.

Teinte violacée au niveau du coccyx et à la face antérieure de la jambe gauche, abaissement de T° sur le dos des pieds. Sensibilité : Douleurs sur le trajet des sciatiques, exagérées par la marche, mais ne pouvant être provoquées par la pression sur lasciatique.

Pas d’anesthésie. Pas de trouble des sphincters. Marche difficile à cause des douleurs.

Cyphose au niveau du disque qui sépare Lai de Liv. Accès douloureux pendant le sommeil.

Sort améliorée après un traitement reconstituant général.

La marche est facile à suivre. Les douleurs d’abord isolées et intermittentes, finissent en quelques mois par affecter un territoire étendu; elles deviennent nocturnes et on note l’apparition de crampes. L’extension de l’atteinte des racines est bien facile à mettre en évidence. Et tout ceci s’est produit en quelques semainest Contrairement aux tumeurs qui, après une . période latente d’accroissement durant un temps très long, se développent très vite et donnent une succession rapide de gros symptômes — la tuberculose du sacrum, silencieuse au début s’installe doucement et progres-

sivement et on se représente très bien la lésion osseuse s'étendant aux différents trous de conjugaison.

Cas du Prof. Barré et R. Schrapf (résumé).

L'histoire de ce malade a été exposée dans tous ses détails à propos de l'étude si soigneuse du syndrome de la queue de cheval par tuberculose du sacrum.

Nous nous bornerons ici a en fournir un exposé résumé ; ensuite de quoi nous étudierons plus spécialement la marche et la progression si spéciales de cette affection.

En janvier 1918. — Il présente un très fort lumbago, avec des douleurs dans la fesse droite. Fin janvier, la douleur s'étale et descend la cuisse pour gagner la région poplitée.

En juillet. — Nouvelle poussée ; le malade a une «sensation fausse» à la face externe de la jambe et du pied droits, aussi bien que des douleurs en éclair.

En septembre 1918. — Mêmes phénomènes, mais du côté gauche.

FX Au début de 1919. — S’ajoute une faiblesse des membres inférieurs.

En avril. — S'installent des troubles sphinctériens. En novembre. — Modifications des réflexes tendineux et anesthésie.

R. Rotuliens G. Dr.

égal égal Achilléens diminué o ES eR: égal o

Ponction lombaire. Examen du L. C. KR. :

Albumine 0,54.

Cellules 1,8.

B. W. négatif.

En janvier 1920. — Aggravation subite et apparition de douleurs atroces, par crises et ayant souvent le caractère fulgurant. La marche devient presque impossible. On constate un amaigrissement considérable des masses fessières, ains qu’une consistance molle de ces muscles.

La face antérieure du membre est normale.

D. R. électrique.

Manœuvre &e la jambe négative.

Etat des réflexes : Achilléens o o (Lv, Si) PLFxPr T0 © (Sri)

Les troubles spinctériens augmentent fortement. En prenant des attitudes invraisemblables, le malade arrive à uriner.

L'Anesthésie s'étend.

Réflexe cutané plantaire normal, nette inflexion des orteils. Signe de Lasègue positif.

La lésion a d’abord intéressé St, puis Sur, puis Sin, puis l’autre côté et les phénomènes sphinctériens ont été maxima à Sir du côté opposé.

Nous sommes donc en présence d’une radiculite de la queue de cheval, suite de méningo-radiculite par tuberculose du sacrum.

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