ETUDE CLINIQUE
Cas de M. le Prof. Barré.
G. P., 23 ans, en traitement depuis le 15 décembre 1917 dans différentes ambulances pour « algie du membre inférieur, nevralgies avec atrophie musculaire ».
Entre le 21 février 1918 au C. N. de la XIe région pour «pseudo-sciatique par compression des racines lombo-sacrées droite, de cause inconnue».
En fouillant d’une manière aussi précise que possible les antécédents de ce militaire, on ne trouve aucune maladie antérieure.
25 février. — Examen.
Douleurs aux faces antérieure et externe de la cuisse droite (quadriceps) à maximum vespéral. À Amiens, le 15 janvier, il avait présenté de l’engourdissement et des douleurs de la moitié inférieure de la jambe droite et de la région lombosacrée du même côté.
La jambe gauche devient douloureuse, le malade tombe à genoux.
Abolition presque complète du R. achilléen gauche.
Percussion, au relâchement, contraction nette à droite, avec flexion des orteils.
À gauche, flexion des orteils, sans contraction musculaire. Depuis le 18 février, difficultés de la marche. Les troubles progressent. La douleur à la pression est plus vive au mollet droit qu’à gauche.
Réflexes : Rotulien, aboli à dr. et à gauche.
T. F. P. paraît aboli à droite.
? à gauche.
P. F, P. égal à droite.
? à gauche.
Cutané plantaire, à droite, bord externe flexion franche des petits crteils, bord interne : flexion tous les orteils, à gauche, flexion tous orteils par bord externe.
R. crémastériens : très faible à droite.
normal à gauche.
profond : très beau à gauche,
Signes des adducteurs : positif des deux côtés.
Cruro-abdominaux : très faibles des deux côtés. Abdominaux normaux.
Sensibilité : modifiée sur la face externe des deux cuisses aymétriquement, plus à droite (impression de papier interposé entre la peau et les tissus.
À la place douloureuse : anesthésie (anesthésie douloureuse).
Atrophie marquée et visible du quadriceps droit (cuisse à 20, Dr. 47,5, gauche 50).
Hypotonie quadriceps et adducteurs droits.
Pas de troubles des sphincters. Douleur spontanée et marquée pour tous les mouvements.
Au palper de la ligne des apophyses épineuses, on perçoit au niveau de la IIe sacrée une brusque saillie de la crête.
À la pression, aucune douleur à ce niveau, ni aux articulations sacro-iliaques, mais une douleur profonde spontanée dans toute la région sacrée et sacro-iliaque.
28 février. — Ponction lombaire : pas d'écoulement par la piqûre entre Liv et Lv. L’aiguille est laissée en place, nouvelle ponction entre Lit et Liv, écoulement par l’aiguille inférieure : cioisonnement méningé.
«4 cc. goutte à goutte, liquide xantho-chromique, coagulation en masse dans l’un des deux tubes. Analyse : pas de cellules (Dr. Rapin).
chlorures 7 gr. 31.
Albumine n’a pu être cherchée, à cause de la quantité
trop minime de liquide. P. Andouard.»
6 mars. — À beaucoup souffert depuis quelques jours, surtout de 17 heures du soir à 5 heures du matin. Impression de jambe brisée, à droite trois points plus douloureux: tubérosité tibiale externe, saillie de l’astragale, extrémité du gros orteil.
Trois jours après, à la jambe gauche : brülures, du mollet
à la fesse en suivant les racines sacrées ; douleurs à apparition irrégulière, suivies de sudation locale.
Le malade ne marche plus depuis le jour de son entrée. La faiblesse a commencé à droite, puis a gagné la gauche. À gauche, contraction volontaire du quadriceps et du vaste interne.
Hypotonie de toutes les masses musculaires.
Etat des Reflexes Dr. G TER P: (o) (e] PREMIE: faible certain, assez fort Achilléen « ot Medioplantaise Simple contreact.,
après som. legère
Sphincters : pas de troubles faible réaction à Cubaire plantaire Flexion 3-4,5 distance immobilité du gros-orteil
Crémast. super.
(e] Oo et profond.
Cruro abdominaux (o] o Abdominaux inf. réaction au-dessus Moyen et sup. normaux
Attitude en expension continue des gros orteils.
Température : diminution, mais pas d’inversion du type normal.
14 mars. — Le pied gauche est devenu plus chaud.
Lors des crises douloureuses, l’impression de brûlures aux pieds correspond à une réelle élévation de température.
25 Mars. — Les douleurs ont diffusé à la région dorsale et à l'abdomen. Pendant la crise du 24, refroidissement de la moitié antérieure des pieds.
24 mars. — Crise très pénible dans la nuit.
L’anesthésie s’est étendue aux régions fessière et anogénitale. Troubles de la miction.
Le malade souffre constamment, en dehors des grandes crises.
27 mars. — Pas de crises depuis deux jours. Simples brûlures superficielles.
La miction n’est pas perçue, mais le malade conserve le besoin d’uriner. Le bulbe et le gland sont sensibles à la pression.
Corps caverneux indolores.
Dr. G Réflexes crémast. sup. et profond ... o o 4 ; contraction Ce abdamal Nine es bilat. etsynchrom| © abdominales supér. "e nn moyen he a inf. À sa Différents réflexes : comme plus haut, Constipation facile.
30 mars. — Congestion pulmonaire.
14 avril. — Bon état général.
Fin avril. — Apparition d’une tuméfaction à contours peu nets à dr. de la colonne Lit environ. *** Le 15 Mai. — Vers 3 h. 30 le malade ressent des nausées, des
douleurs dans le thoraux. Il est secoué de frissons et présente de la crispation de la face et des mains. . T. 380, P — 120.
17 mai. — Amélioration.
26 juin. — Ponction dans la grosseur: aucun liquide.
1 juillet. — Douleurs vives sous forme de chaleurs profondes. Secousses en décharges électriques généralisées aux quatre membres avec choc dans la tête.
13 juillet. — Evacué sur Hal Ba.. pour traitement radiothérapique, retourne à l’Hal municipal le 25 juillet. Ponction pas de pus, pas de poche, tissu mou, peu de sang.
31 juillet. — Asthénopie accommodative.
7 août. — Contractions brusques des deux membres supérieurs en adduction avec généralisation à la poitrine et à l'abdomen. Début immédiatement après l’apparition d’un sommeil débutant, Ces secousses entretiennent l’insomnie et se réproduisent toutes les nuits 3 ou 6 fois par minute.