‹ Contribution à l'étude de l'évolution clinique des affections de la queue de chevalChapitre 23 sur 28 · II. Période d'état · texte numérisé non relu

II. Période d'état

Au bout d’un laps de temps qui peut s’échelonner de six mois à deux et même trois années, nous trouverons des malades porteurs alors de gros signes neurologiques et venant consulter pour un des faits suivants: troubles des sphincters, douleurs vives, amaïgrissement des jambes, faiblesse dans les membres inférieurs, paraplégie.

Tous ces symptômes auront dès lors une tendance à s’accentuer.

Voilà le malade vraiment dans la période d'état. Poursuivons l’étude des différents signes visibles à cette époque.

Douleurs. — C’est le plus ancien symptôme, et elles retiennent de suite l’attention.

Les douleurs spontanées, siégeant parfois dans la partie inférieure de la colonne lombaire et sacrée, sont surtout accusées aux jambes. Elles en atteignent une, ou les deux, mais toujours avec une intensité différente.

Elles ont un caractère de continuité qu’elles n’ava:ent pas auparavant et subissent aussi des exacerbations paroxystiques. Le malade en arrive rapidement à ressentir des impressions de fracture, de distorsion des articulations ou de déchirure de tout le membre inférieur. Pour les atténuer, il prend des attitudes de relâchement et de flexion; il se recroqueville, prend des poses bizarres.

Les douleurs provoquées le sont par le pincement des masses musculaires par le contact seulement. Elles sont constantes. Mais ce qui est plus grave, c’est que le malade les provoque lui-même par le moindre mouvement, et alors il est obligé de s’immobiliser.

La colonne vertébrale inférieure est très souvent sensible et douloureuse à la percussion: maisil faut dire toutefois que le pétit tronc nerveux cutané peut être lésé à l’exclusion des grosses racines; aussi ce signe n’aurait-il qu’une valeur douteuse.

La mobilisation de la colonne inférieure est douloureuse également. |

Troubles de la sensibilité objective. — Signe très important et constant, qui est caractérisé soit par de l’hypoesthésie, soit par de l’anesthésie tactile et douloureuse. Ce pouvait être un contemporain des grandes douleurs. pe

Il faut chercher ces troubles avec une grande précision, ils s’échelonnent de la plus légère hypoesthésie à une anesthésie complète en caleçon des deux membres inférieurs. Il est extrêmement rare que le malade les signale lui-même; toutefois, lorsqu'il s’agit d’un bon observateur, accusera-t-il une «sensation fausse », une «interposition de papier entre la peau et les muscles »; ceci met aussitôt sur la voie et même cela permet de fixer le début de cette dysesthésie.

La distribution n’a qu’une valeur propre à chaque cas, mais il sera utile de lui superposer l’altération des réflexes tendineux. Nous aurons toujours ainsi une certitude quant au siège moyen de la tumeur, mais non quant à ses limites.

La dissociation entre l’anesthésie aux différents modes n’est signalée qu’une fois par Parker; il faudra la rechercher, car cela peut mettre sur la voie d’une découverte de lésion du cône ou de l’épicône.

Il faudra noter les anesthésies périnéales, anales et génitales correspondant en fait à des troubles des sphinc-

ters, et cette constatation de symptômes accouplés pourra, en l’absence de tout autre, faire confier à la neurologie un malade qui était en traitement jusque là pour des troubles urinaires essentiels.

Anesthésie douloureuse. — Le caractère essentiel de cette anesthésie est d’être douloureuse, et les plus grandes douleurs spontanées correspondent souvent au territoire insensible. C’est un signe pathognomonique des lésions destructives du nerf périphérique et un fort bon signe des atteintes de la queue de cheval, plus particulièrement.

Troubles de la sensibilité profonde. — Ts ne sont signalés qu’une seule fois et sur le ton dubitatif par Parker.

Page 1