TROUBLES MOTEURS
Modifications des réflexes. — A cette période, elles deviennent de très gros signes. L’abolition est la règle, qu'il s’agisse des réflexes rotuliens, achilléens, péronéofémorale postérieurs ou de chacun d’eux séparément. L’énumération statistique de la disparition de tel ou tel réflexe n’a pas une très grosse valeur; il faut cependant remarquer que l’achilléen est presque toujours aboli. Le fait important est l’abolition d’un réflexe et non pas d’une quantité.
Il n’est pas possible de déterminer la taille de la tumeur d’après la topographie des réflexes abolis, car les opérations et les autopsies ont toujours révélé des néoformations beaucoup plus considérables que l’on eut pu prévoir.
Réflexes cutanés. — Les réflexes cutanés sont abolis fréquemment et jusqu’à un niveau supérieur de celui
des réflexes tentineux. Les réflexes abdominaux inférieurs, les réflexes crémastériens superficiels sont abolis, les réflexes crémastériens profond et anal, moins souvent.
Le réflexe cutané plantaire est souvent disparu, encore à plus forte raison, s’il y a de l’anesthésie plantaire. Mais même avec une forte excitation, on n’a jamais trouvé le réflexe de Babinski.
La limite supérieure de l’abolition des réflexes cutanés pourra être une indication très utile, mais non certaine, de la limite supérieure de la tumeur.
Manœuvre de la jambe, — Ce procédé fin de diagnostic permet de mettre en valeur et même en évidence des lésions les plus minimes de déficit pyramidal. Sa présence n’est pas juxtaposée à celle du réflexe de Babinski, car ce n’est pas l’expression de la même fonction nerveuse. C’est un signe de déficit pyramidal, alors que le phénomène des orteils doit être considéré comme l'expression d’une irritation de la grande voie motrice.
La manœuvre de la jambe est négative dans ces trois temps dans l’atteinte du nerf périphérique, à plus forte raison dans les lésions pures de la queue de cheval. On doit la chercher dans tout examen neurologique de la partie inférieure du corps. Si elle est positive, on peut affirmer à coup sûr la présence d’une lésion intra-médullaire ou du cône.
. Impotence. Troubles de la marche et de la Station debout. — À cette période ils sont constants, quelque peu accusés qu’ils soient. Ils s’échelonneront du degré le moindre, une simple faïblesse dans les membres inférieurs, à une paralysie entièrement constituée. On
pourra ne constater qu’un simple steppage. Le malade ne remuera qu’un groupe musculaire isolé; bientôt cela s’atténuera.
Mais il ne faut pas croire que nous irons jusqu’à la paraplégie qui sera flasque, amenant rapidement l’hypotonie et l’atrophie musculaires.
Cet ensemble de signes moteurs né survient qu’à une période déjà avancée de l’évolution, mais toutefois bien avant la fin.
Il n’est nullement légitime de baser sur leur simple présence un diagnostic de tumeur de la queue de cheval. Il faudra, à côté, des troubles de la sensibilité et des sphincters.
Troubles génito-urinaires et des sphincters. — Ils interviennent à la période d’état, mais ils ne comportent pas en eux-mêmes un pronostic de gravité. La tumeur, même petite, peut comprimer isolément les racines qui innervent ces régions aussi bien que celles du sciatique. Néanmoins, par leurs effets, ils exposent le malade à tous les événements fâcheux entraînés par la rétention d’urines.
Les troubles vésicaux sont fréquents. Ils débutent par de la rétention et finissent par de l’incontinence. L’incontinence rectale est moins fréquente. Il y a lieu de constater leur coexistence avec de l’hypoesthésie ou de l’anesthésie périnéales.
Les troubles génitaux consistent en abolition complète de l’érection et éjaculation ou parfois en suppression de l’éjaculation avec maintien de l’érection. Spiller et Parker attribueraient ce fait à la présence d’un centre de l'érection situé dans le sympathique.
La chronologie de ces altérations fonctionnelles
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n'est pas fixe, de même que leur fréquence. Tel cas évoluera sans troubles des sphincters pendant des mois ou même tout son cours.
Troubles irophiques. — L’atrophie musculaire se constitue précocement. Elle est diffuse, parfois unilatérale. La DR l’accompagne au bout d’un certain temps. L’hypotonie est très fréquente et marche de pair avec la faiblesse et l’atrophie.
L’œdème existe parfois, et Bailey rencontra deux cas où il était si étendu que l’on pratiqua une laparotomie, à seule fin de se rendre compte s’il n’existait pas d’obstruction de la veine cave inférieure. Il s ‘agissait de tumeurs de la queue de cheval.
Troubles vaso-moteurs. — Dans le cas rapporté cidessus, le Prof. Barré observa que les crises étaient généralement suivies d’une sudation intense.
Modifications de la température. — Le mem bre le plus atteint a une température différente de l’autre.
L’hyperthermie paraît la règle; elle correspond à l’hyperthermie de la sciatique-névrite, où une lésion vraie du nerf est constatable au microscope.
Ponction lombaire. — AÀ pratiquer aussitôt que possible. Lorsqu'on sera en présence d’un liquide xanthochronique, avec coagulation en masse et rapide, on pourra affirmer le syndrome méningite cloisonnée.
Elle permettra d’affirmer ou d'éliminer la présence d’une inflammation ou de la syphilis méningée.
Radiographie. — Ce procédé ne donne rien dans cette affection. Néanmoins, elle doit être faite systémati-
quement, étant de la plus haute importance pour Île
diagnostic de la tuberculose, de sacralisation de la Ve lombaire et même de spina bifida occulta.
Epreuves hématologiques.