LES LÉSIONS DE LA QUEUE DE CHEVAL PAR SYPHILIS (TABES
Bien souvent le tabes commence par des radiculités inférieures, et toute infection méningée latente ou reconnue est susceptible de donner naïssance à des radiculités.
Ces troubles se manifestent par des douleurs vives, à type fulgurant par l'abolition des réflexes tendineux, en commençant par le moins élevé de la série, le péronéo-fémoral postérieur (Sx). L’abolition unilatérale ayant la même valeur sémiologique.
Néanmoins, nous citons fort brièvement ce syndrome pour pouvoir permettre d’en faire le diagnostic difiérentiel avec les autres troubles de la queue de cheval.
LES LÉSIONS DE LA QUEUE DE CHEVAL PAR MALFORMATIONS CONGÉNITALES DU RACHIS (SPINA BIFIDA). |
Ces malformations, sans être rares chez l’enfant, ne persistent que sous leurs formes bénignes chez l’adulte.
Les revues d’orthopédie en rapportent fréquemment des cas, mais aucun examen neurologique n’y est annexé. Cependant nous trouvons relaté dans la Revue d’Orthopédie de 1920 (p. 181) une observation du Prof. Kirmisson où on ne constate aucun trouble des sphincters, de la sensibilité ni d’atrophies (enfant de 2 mois).
Chez l’adulte, les formes qui persistent sont bénignes, correspondant généralement au degré le plus atténué, c’est-à-dire au «spina bifida occulta »;il existe une simple fissure vertébrale, la moelle est normale. Il n’y a pas de hernie des membranes rachidiennes et, par suite, pas de tumeur: on note assez souvent un développement exagéré du tissu cellulo-graisseux et une croissance anormale &es poils.
Elsberg 1) rapporte le cas d’une jeune fille de 26 ans présentant depuis quelques années des ulcérations de la face dorsale de la jambe gauche et des maux perforants.
Comme on constate la présence d’un lipôme pileux à la région lombaire on soupçonne l'existence d’un spina-bifida
occulta et on intervient. La malade ne guérit pas. On intervient une seconde fois et l'opération montre la
1) Journal of Nervous and Mental Diseases, in Rev. Neurologique, 1912, I, p. 187.
queue de cheval englobée dans un lipôme intra-rachidien ; on ne peut la libérer. On résèque alors la Ve racine lombaire gauche et la guérison des douleurs survient.
Comme on le voit, il n’y a aucun caractère évolutif particulier; seule la torpidité des signes neurologiques accompagnant la malformation rachidienne permit d'orienter les recherches d’Elsberg.
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR L’'ÉVOLU- TION DES AFFECTIONS DE LA QUEUE DE CHEVAL.
L'hématorachis, succédant rapidement à un traumatisme, aura une tentance à s’atténuer rapidement.
L’hémorragie méningée, après une période latente où les symptômes n’ont pas encore acquis leur ampleur, arrive à son apogée assez longtemps après le début, et les phénomènes toxiques consécutifs àl’hé molyse font traîner en longueur les troubles apparus.
Les blessures ont une marche nette; apparition de grandes douleurs, de troubles moteurs paralytiques, qui régresseront progressivement dès le début, alors que les troubles des réflexes, les amyotrophies, l’hypotonie régresseront avec une grande lenteur.
La tuberculose lombaire sacrée prend dans toute son évolution un caractère bien particulier: c’est la
progression lente, l’extension d’un massif osseux, à ses voisins, de sorte que l’on voit «la tache d’huile » augmenter.
L’ostéomyèlite lombaire, à côté de phénomènes généraux intenses et très graves, présente une quantité de douleurs irradiées irrégulièrement, l’évolution est capricieuse.
L’ostéosarcome, après une période de latence très longue, arrive par l’explosion de douleurs et de signes associés à une période d'état; les étapes vont dès ce moment être brulées, la déchéance et la fin arrivent rapidement.
Les méningo-radiculites de la syphilis et du tabes sont bien parmi les premiers symptômes de ces localisations. La suite de l’évolution en marquera l’aggravation.
Les malformations congénitales n’ont pas de traduction clinique propre; quand elles sont graves, l’enfant disparaît rapidement, et si elles sont bénignes, leur découverte est tardive, due à la radiographie ou à une intervention chirurgicale.