‹ Contribution à l'étude de l'évolution de la formule hémoleucocytaire dans la tuberculose humaine: son utilisation pour le pronosticChapitre 30 sur 46 · RL D ND · texte numérisé non relu

RL D ND

DATE (1910) janvier 14 mars | 23 mars 2 avril 25 avril 2 mai

Hémoglobine ...... » 90% 80 °/, 907$ TV JO Globules rouges... » 5.200.000 5.150.000! 4.867.000 4.216.000 5.084.000 Globules blancs... » 5.580| 13.433) 15.640] 10.540] 13.020 2/ Polynuel. neutr.| 63,90 °/, | 60,77 2/,| 68,16 °/.| 70,12 °/.| 75,75 °/,| 72,84 °/, £| Grands lymphoc. » » 0,79 » » »

$ Lymph. moyens, petits! 13,98 30,68 16,89 19,51 14,39 S47 5 Mono. grands. ..| 14,36 7,57 19,77 9,49 7,82 12,92 © Poly. éosinoph..| 7,74 0,38 0,39 0,86 0,00 0,00 2] Mastzellen ...…. » » 0,19 » » ” £\ Mono. multilob . » 0,58 0,78 » 2,02 6,08 Quot. neut.-leucoc.| 1,7 4,2 2,1 2,3 3,4 2,6 Image neutrophile du sang et valeur nucléaire DATES be Bee Cu, Lis eV | val (1910) Po CT Ecran ed EEE. naiss oo oo vo oo o/o janvier |. » 37,5 | 48,3 | 13,3| 0,8 | 0,0 177 14 mars 3.390 . 33,8 | 54,1 | 10,8] 1,6! 0,0 180 23 mars 9.155 40 -|50,1| 5 2 0,0 155 2 avril 10.966 47 |49 4 0 | 0,0 156 25 avril 7.984 40 45 |14,1| 1,6] 0,0 170 2 mai 9,479 67 |30 3 0,0 | 0,0 130

Ainsi un bacillaire réagissant à tous les modes d'exploration succombe aux progrès de son mal. |

jn janvier 1910, au moment d'une période de détente, il y avait éosinophilie; puis, successivement, la situation s'aggrave et le sang se modilie d'une façon correspondante : hyperleucocylose, polynucléose, diminution, puis disparition des éosinophiles, quotient neutro-leucocytaire d’abord bas, puis graduellement élevé : valeur nucléaire allant progressivement en faiblissant jusqu'à 136, ce qui constitue un taux très abaïissé.

Ces examens suecessifs cadrent donc nettement avec la fatalité du pronostic.

La nécropsie a révélé une réaction médullaire dans le sens neutrophile, en rapport avec l’état du sang périphérique.

£n somme, il s'agit donc là d’une courbe d’aggravation progressive.

OgservariIon XLII

Tuberculose pulmonaire ouverte à évolution caséeuse Traitement par le sérum Marmorek. Mort

Marcelle P..., margeuse, âgée de quinze ans, entre le 17 mars 1910 (salle 5, lit 25), dans le service de M. le Professeur Cassaët. Elle vient à l'hôpital parce qu'elle tousse et crache, a des sueurs nocturnes et est profondément anémique.

La maladie à débuté il y a deux mois par une bronchite localisée au poumon droit, bronchite qui a traîné jusqu’à ce jour ; ni fièvre élevée, ni frissons au début de la bronchite; toux surtout nocturne, expectoration muco-purulente, amaigrissement rapide, anémie précoce, perte de l'appétit; pas de vomissements; pas d'autres troubles cardiaques ni digestiis.

Marcelle P... à été bien portante dans sa petite enfance, à été nourrie par sa mère; pas de fiôvres éruptives, pas d’adénite cervicale, d’otite ni de coryza chroniques; pas d’'impétigo tenace du cuir chevelu. N'a pas encore élé réglée, n’a pas eu de pertes blanches. Pas d'affections

rhumalismale ni cardiaques : pas d'érythème noueux ni de purpura, pas de manifestations cutanées,

DE

Le

L'enfant travaillait dans un atelier assez aéré, éclairé, mais où abondait la poussière.

Le père et la mère de Marcelle P... sont bien portants, n'ont pas d'affection pulmonaire ; deux frères bien portants, ne toussant pas.

Le 19 mars 1910, enfant très amaigrie, au teint cireux, aux muqueuses et aux conjonctives décolorées ; face bouîlie, facies adénoïdien, nez rétréei à la base, bouche constamment ouverte.

Petits ganglions cervicaux en chapelets, pas de ganglions sousmaxillairés : douleur au pincement du paquet vasculo-nerveux du cou du côté gauche.

Pas de dyspnée ; toux nocturne, toux non émétisante; expectoration abondante, crachats nummulaires jaune verdâtres avec points rosés.

Amaigrissement de la paroi thoracique, immobilisation de l’hémithorax gauche dans les grandes inspirations. Respiration du type thoracique supérieur ; pas d’amyotrophie localisée.

Examen du thorax en avant : Percussion : Submatité au sommet gauche; palpation profonde douloureuse à ce niveau; vibrations thoraciques diminuées des deux côtés.

Auscultation : Au sommet gauche, respiration rude, soufflante, gros rèles humides, bulleux, prenant l'allure de ràles caverneux dans toute la hauteur jusqu’au niveau du mamelon. |

A droite : Au sommet, sous la clavicule, souffle cavernuleux avec gargouillements ; plus bas, respiration rude avec craquements humides et bulleux.

En arrière, à la percussion, submatité des deux sommets; submatité de la base gauche.

Auscullation : À gauche, respiration soufflante avec ràles humides cavernuleux, occupant le tiers supérieur du poumon; frottements à la base ; respiration diminuée.

A droite : Au sommet, souffle cavitaire et gargouillement un peu plus bas, rudesse respiratoire el craquements humides; dans les deux tiers moyen et inférieur, respiration de suppléance.

En résumé : Lésion ulcéreuse et ramollissement du sommet gauche, avec broncho-pneumonie caséeuse; pleurile et congestion de la base; au sommet droit, perte de substance de la dimension d’une noix ; congestion et envahissement du lobe supérieur; intégrité des lobes inférieurs.

Le pouls bat à 108 à la minute, il est égal, régulier: tension faible ; dicrolisme.

Les bruits du cœur sont normaux; tachycardie.

Système digestif : Langue sèche, saburrale, pas de troubles gastriques ni abdominaux; le ventre est souple, indolore, pas de gâteaux péritonéaux ni d'ascite. L'appétit est médiocre; depuis quelques jours, diarrhée liquide, fétide, abondante, accompagnée parlois de coliques abdominales.

Foie, rate, organes génitaux internes normaux.

Pas d'œdème des membres inférieurs. ;

Pas de troubles nerveux.

Traitement : Opiacés; carbonate de gaïacol; toniques généraux; injeclions de cacodylate de soude (1 centigramme pro die); suralimentation ; lavements alimentaires.

Examen des crachats : Crachats presque exclusivement constitués de polynucléaires en dégénérescence (globules de pus); bacilles de Koch très nombreux (40 à 15 par champ d'immersion); assez nombreux microbes d'infection secondaire (cocci, bâtonnets, tétragènes).

5 avril 1910. Depuis son arrivée, l’état général de la malade cest allé en empirant; l'amaigrissement est considérable ; sueurs nocturnes proluses; Loux et expectoralion abondantes, crachats purulents riches ëên bacilles; facies cyanosé cachectique; rougeur livide des pommettes.

La température reste très élevée, oscillant entre 40,2 et 38° sans que des applications d'huile gaïacolée à 2 puis à 3 pour 20 puissent amener une détente; la cryogénine (0,30 centigrammes pro die) entraîne une chute passagère, jusqu'à 36,6; mais, rapidement, un étiage très élevé se rétablit et persiste, oscillant entre 39,7 et 37,4.

La diarrhée diminue; appétit minime, digestions faciles; pas de douleurs abdominales.

Les signes pulmonaires déjà notés s’accroissent rapidement.

4 mai 1910. Amaigrissement persistant, pâleur cireuse des téguments et des muqueuses.

Pouls : 136 pulsalions à la minute: fgal, régulier, tension très faible.

Auscultalion : Matité au sommet gauche avec vibrations diminuées ; souffle cavitaire et gargouillements énormes s'étendant jusqu’au mamelon,

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