‹ Contribution à l'étude de l'évolution de la formule hémoleucocytaire dans la tuberculose humaine: son utilisation pour le pronosticChapitre 35 sur 46 · VIN PONT · texte numérisé non relu

VIN PONT

crépitants humides à la base. À gauche, respiration soufflante, de suppléance, au sommet; respiration rude, murmure vésiculaire dininué à la base.

En résumé, broncho-pneumonie caséeuse du côté droit, avec fonte rapide et excavation du parenchyme pulmonaire,

La malade meurt le 29 mai,

DATE (1910) 10 mars 22 mars 17 mai 23 mai rl HÉMOMODINE RES re 45 °/, TOR 50°/c 50 °/, Glopules ronges.., ru. 3.782,000!4%.526.00013.255.000!3.875.000 Giobules blancs 14.260 14.260 21.080 1.550 £/ Polynucléés neutrophiles .| 77,31 °/, | 75,73 °/, | 80,64 °/, | 87,17 °/s £| Grands lymphocyloïdes.… » 0,22 » »

8 Lymphocytes (moyens, petits). | 16,26 45,19 12,63 9,4: 2 { Mononucléés (grands)... 4,41 7,02 5,92 d, 94 2 } Polynueléés éosinophiles. .| 1,40 1,43 0,26 0,00 £ MASI7ENENRE Ter » » » »

£|\ Mononucléés multilobés.. .| 0,60 0,68 0,52 0,3: Quotient neutro-leucocytaire .| 3,8 91 4,2 6,8 Image neutrophile du sang et valeur nucléaire Dre ee rie nan En Te ee Loaieue ( ) par m.m.c. Non ul nucléaire os ge DS 7 Que dy 10 mars 11.024 JO) 00 112 NE 0 237 22 mars 1196 SHISRMo0| LC 2 0 250 17 mai 13.511 MAI ESC eI5)|R 0 245 22 mai 16.998 6: | 24 | 55 | 1% 1 0 234

En résumé, tuberculeuse cavitaire, bacillifère qui succombe, après deux mois d’hospilalisation, à des lésions de ramollissement aigu broncho-pneumonique. A l'entrée, l'examen du sang révèle une anémie du type chlorotique, de l'hyperleucocytose avec polynucléose, hypo-éosinophilie, rapport neutro-leucocytaire double de la normale.

L'aggravation a été marquée par des valeurs hématologiques un peu oscillantes, s'accentuant bientôt dans un sens défavora-

ble : hyperleucocytose d'emblée considérable, polynucléose, hypo-éosinophilie, accroissement du rapport neutro-leucocytaire. Vers Ja fin survient une défaillance des organes hématopoiétiques : leucopénie, avec polynucléose progressive (87 °/), disparition des éosinophiles ; rapport neutro-leucocytaire quadruple de la normale : formule d'aggravation extrême, avec leucopénie et hyperleucocytose, annonciatrice de la fin prochaine. À noter que la valeur nucléaire est restée basse, mais sans que son abaissement ait marché parallèlement avec les autres sligmates hématlologiques d'aggravation.

Ogservarion XLVI

Tuberculose pulmonaire ouverte à évolution fibro-caséeuse Laryngite tuberculeuse. Mort.

Maurice L..., âgé de trente ans, garçon de café, entre le 3 décembre 1909 dans le service de M. le Professeur Cassaët (salle 14, lit 9); il tousse et crache beaucoup, maigrit, a de la fièvre et est gêné pour respirer.

La maladie à débuté il y a cinq mois, par un € chaud et froid». I... s'alite pendant huit jours, puis continue son travail et ne se soigne pas davantage quoique la toux soit incessante, surtout la nuit, l'expectoration abondante, l'amaigrissement rapide : en plus, il avait des sueurs nocturnes abondantes et une forte diarrhée.

A l'entrée à l'hôpital, l’état général, d'abord stationnaire, s'aggrave bientôt; l’amaigrissement s'accroit ; l’expectoralion reste très abondante ct purulente.

Le 10 janvier 1910, on constate un état quasi cachectique du malade, dont la maigreur est très accusée ; la voix est éteinte, chuchotée ; la toux est rogue, pénible et entraine une expectoration jaune verdâtre purulente, très abondante, surtout la nuit et le matin.

Au niveau des poumons, on note au sommet gauche des lésions étendues de ramollissement avec sclérose du sommet ; à la base, congestion pulmonaire et pleurite ; à droite, adénopathie bronchique, infiltration tuberculeuse du sommet : congeslion légère de la base.

UT

Le pouls est petit, égal et régulier (104 pulsations). Les bruits du cœur sont normaux.

L’appétit est mauvais ; la langue est dépouillée sur les bords et à la pointe, les digestions faciles ; il existe de la diarrhée, mais pas de (roubles péritonéaux.

La température, normale jusqu'au 15 décembre, subità partir de celte date des oscillations de pius en plus fortes, entre 38 et 36°.

Examen des crachats : Bacilles de Koch en abondance (8 à 10 par champ Bimmersion), bacilles d'infection secondaire nombreux (cocci, diplocoques, streptocoques).

25 janvier 1910. Les lésions pulmonaires progressent. On note au sommet droit, dans la fosse sus-épineuse, l'existence d'un souffle cavitaire avec ràles humides sonores. L'état général est mauvais. L’amai- ‘’grissement et la perte des forces sont extrèmes.

On pratique chez le malade une prise de sang dans la veine du pli du coude. On recueille 10 centimètres cubes de sang.

Une partie de ce sang additionnée d’une solution stérilisée de citrate de soude à 20 pour 100, est centrifugée et ensemencée dans du bouillon. On n’observe par la suite aucune culture microbienne.

L'autre partie du sang recueillie est hémolysée à l’aide d’une solution forte d’acide acétique glacial et centrifugé. Dans le culot de centrifugation étalé sur lame et coloré par la méthode de Ziehl, on ne peut découvrir aucun microbe acido-alcoolo-résistant.

4 mars. Etat de plus en plus précaire. IL existe actuellement deux cavités aux deux sommets, avec souffle cavitaire et gargouillements sonores ; la voix est éteinte. Sueurs nocturnes abondantes et diarrhée. Le malade est arrivé à un état d'émaciation considérable.

12 mars. Même état. On fait une prise de sang au lobule de l'oreille. Le malade est livide et cyanosé. :

Le 8 mars, on a procédé à l’ophtalmo-réaction, positive, moyenne.

Le 13 mars, le malade meurt dans la matinée.

Examen du sang le 12 mars 1910 :

Hémoglobine : 400°/, (cyanose des extrémités due à la stase veineuse par encombrement cardiaque).

Globules rouges par millimètre eube........ 5.642.000

Globules blanes par millimètre cube........ 19.200

Formule leucocytaire :

Leucocytes polynuecléés neutrophiles....... 50710 Petits et moyens lymphocytes. ,........... 7,1 ÉTARS MONONUCIÉÉ SE EL NET Lente mt 5,09 MOnOnucléSmUuIHIobEe ee 0,41 PoRnuelées é0Simophiles 2; :. 5200 0,00 Quotient neutro-leucocytaire............... 6,5

En résumé, un tuberculeux cavitaire avec de nombreux bacilles dans les crachats, en période de progression des lésions, donnant une oculo-réaction positive, ne présentant ni bacilles de Koch ni autres microbes dans le sang, est examiné presque in extremis. I n'est pas anémique ; il a une hyperleucocytose au-dessus de 15.000 avec polynucléose, absence d'éosinophiles, quotient neutro-leucocytaire élevé. Il s’agit là d’une formule d'extrème gravité dans la tuberculose.

Ogservarion XLVII

Tuberculose pulmonaire ouverte à forme fibro-caséeuse Phlébites multiples. Mort

Joachim P..., maçon, âgé de quarante-huit ans, entré le 20 octobre 1909, dans le service de M. le Professeur Cassaët (salle 14, lit 35), atteint d'une affection chronique des voies respiratoires. Début, il y a quatre ans, par une congestion pulmonaire survenue à la suite d’un refroidissement. Avant celle époque, jouissait d'une bonne santé générale, n'avait jamais eu d'affection pleuro-pulmonaire.

Fit plusieurs séjours au Tonkin et en Alrique. A eu les fièvres paludéennes et la syphilis, affections contractées en Afrique.

Père mort à cinquante-cinqans, d’insolation ; mère morte à soixantedix-huit ans, paralysée ; un frère et une sœur en bonne santé,

Le malade raconte que, dès le début, sa maladie actuelle est allée en progressant, malgré quelques rémissions durant lesquelles persistaient la toux, l'expectoration verdâtre et les sueurs nocturnes ; jamais d'hémoptysies, parois filets de sang dans les crachats. Sous l'influence d'un refroidissement et parfois sans cause appréciable, la fièvre appa-

raissait de nouveau, accompagnée de douleurs intercostales et d'une recrudescence de la toux et de l’expectoration; l'affaiblissement et lamaigrissement progressaient.

Au cours de l'une de ces poussées survient, en 1909, une première atteinte de phlébite de la jambe gauche qui provoque son entrée à l'hôpital ; peu de jours après son arrivée, le membre inférieur droit devient à son tour le siège d’une nouvelle phlébite. Traité par lPimmobilité absolue et les applications de teinture d'iode, ces phlébites s'amendrent assez rapidement, mais pour réapparaitre en janvier, puis en avril 1910 ; chaque nouvelle phlébite provoquant une poussée thermique jusqu'à 388.

A l’arrivée du malade à l'hôpital, on constata chez lui des lésions avancées de tuberculose pulmonaire ; ramollissement du côté droit, alteinte plus légère du côté gauche.

En février 1910, il se développe sur sa main gauche, face dorsale, une luberculide croûteuse, évoluant sur une minime lésion de gratlage. On ne put découvrir la présence de bacilles acido-résistants sur les frottis faits avec les produits de grattage de ces lésions.

Mars 1910. Ophtalmo-réaction positive. Examen des crachats : Bacilles de Koch très nombreux, avec nombreux microbes d'infection secondaire (létragènes, staphylocoques, diplocoques et bâtonnets).

avril 1910. Le malade est d'aspect cacheclique, sa maigreur est extrème ; pâleur livide des téguments, sueurs nocturnes très abondantes, voix étouflée, chuchotée; gène et douleur à la déglutition ; expectoration purulente, {rès abondante, non fétide.

Maigreur extrème du thorax ; fonte des muscles du scapulum. Submatité du sommet droit, bruit de pot fêlé; persistance des vibrations vocales. Souffle caverneux étendu dans tout le tiers supérieur du poumon droit ; gros ràles muqueux, gargouillements sonores. Les mêmes lésions existent en arrière jusqu’à l’angle inférieur de l’omoplate.

Du côté gauche, diminution du murmure vésiculaire, rudesse respiratoire, expiration soufflante, craquements humides au niveau du sommet en avant el en arrière.

Aux deux bases, signes de congestion hypostatique, submatité, râles humides de divers volumes ; frottements pleuraux.

Pouls rapide (104 pulsations); tension artérielle très faible. Les bruits du cœurs sont assourdis.

Appétit médiocre, digestions faciles ; météorisme abdominal ; diarrhée intermittente.

La température du malade oscille d'une façon constante et depuis plusieurs mois entre 37° et 385.

10 avril. Le malade meurt dans la nuit, asphyxiant et cyanosé, après

une agonie prolongée pendant trois jours.

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