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Quels éléments d’information peut-on retirer des observations que nous apportons ?
Le plus grand nombre des cas étudiés par nous concerne des tuberculoses pleuro-pulmonaires chroniques. Aussi est-ce l'étude Synthétique de leur formule hémoleucocytaire que nous ferons tout d’abord. |
Les tuberculeux améliorés que nous avons examinés nous ont paru présenter, durant leur séjour à l'hôpital, une poussée évokitive typique telle que la conçoit M. Bezancçon et se dénouant avec la courbe hémoleucocylaire classique d’une infection aiguë. La polynucléose s'atténue et le taux des neutrophiles peut parlois tomber au-dessous de la normale. Les petits et les moyens lymphocytes, diminués au moment de l'aggravation du processus pathologique, sont le plus souvent en nombre supérieur à la normale lorsque l'amélioration s'établit. Leur prédominance dans la formule sanguine peut être précédée d’une ascension des grands mononucléés et de leurs formes d'évolution. On a pu voir que si, au moment de l'amélioration, les lymphocytes étaient peu nombreux, les grands mononucléés dépassaient largement la normale. En fin de poussée, le taux des polynucléés éosinophiles est supérieur, le plus souvent, à la normale. Il semble qu'il existe également une sorte de balancement dans les proportions respectives des lymphocytes et des polynucléés éosinophiles ; si au moment de l'amélioration les uns sont en proportion faible, les autres ont un taux hypernormal et réciproquement. D'ailleurs, mononucléose, lyniphocytose, éosinophilie sont au même chel (rois signes de pronostic favorable dans l’évolution Œune formule hémoleucocytaire au cours des infections ; il est légitime de penser qu'ayant même signification favorable, il puisse y avoir entres elles suppléance.
Mêmes constatations hématologiques furent faites dans des cas de tuberculoses pulmonaires fermées, de tuberculoses ouvertes, à évolution Hbreuse améliorée, de pleurésies sérofibrineuses avec lésions pulmonaires minimes, dans un cas de pleuro-péritonite tuberculeuse améliorée.
Il s’agit là d’un processus hématologique commun à toutes
les formes de tuberculose qui réagissent favorablement au traitement institué. Leur apparition au cours d’une poussée évolutive a donc une signification favorable au même titre que la montée du poids du sujet, la reprise de l'appétit, la cessation de la lièvre, la diminution de l’expecloration et de la toux; comme ces signes, elle indique que l'alerte est déjouée, que le stade d'euphorie va survenir, elle juge de l'opportunité du traitement, spécilique où non, qui doit à ce moment être instilué chez un patient plus que jamais en état de réagir favorablement à son influence.
Un retour offensif du mal se produit-il au déclin de la poussée évolutive, une formule hémoleucocytaire plus inquiétante s’inslalle aussitôt, lymphocytes, mononucléés et éosinophiles baissent, les polynucléés neutrophiles augmentent de nombre, la leucocytose se reproduit (Obs. XXIX).
Les renseignements que nous fournissait l’étude de la formule hémalologique ont été confirmés d'une façon générale par la recherche du quotient neutro-leucocylaire, de la valeur nucléaire et par l’image neutrophile d'Arneth.
Chez les tuberculeux pulmonaires, porteurs de lésions ouvertes, à évolution fibreuse ou fibro-caséeuse, à état général stationpaire, oscillant pour ainsi dire, la formule hématologique répond à cel élat d'instabilité organique par des oscillations multiples dans le pourcentage de ses éléments. Les poussées évolutives se succèdent rapidement, les périodes intercalaires d’accalmie sont brèves, elles sont marquées par l'augmentation des lymphocyles, des mononucléés et des éosinophiles, par une diminution de la leucocytose et de la polynucléose. Lors des aggravalions, au contraire, on constate les déviations inverses. Le quotient neulro-leucocytaire traduit ces oscillations par des valeurs oscillantes ; la valeur nucléaire est le plus souvent au-dessous de la normale; l’image neutrophile du sang est déviée vers la gauche.
Chez les tuberculeux pulmonaires à formes ouvertes, caséeuses, à élat général mauvais, marchant rapidement au dénouement fatal, les caractères hématologiques se modifient profondément,
De très rares périodes d’accalmie ; les poussées évolutives se succèdent sans intervalle, elles sont subintrantes pour ainsi dire. Diminulion considérable, disparition même des 6osinophiles, taux très faible des lymphocytes et dans le plus grand nombre de cas taux. très faible des mononucléés. Augmentation énorme des éléments blancs et des polynucléés. Le quotient neutro-leucocytaire est très élevé, l’image d'Arneth est déviée vers la droite. Dans ces cas il faut remarquer que la valeur nucléaire peut, aux approches de la mort, prendre une marche ascensionnelle ; peut-être, se traduit ainsi l'incapacité des organes leucocytopoiétiques (la moelle osseuse) à rénover les éléments blancs du sang. Cette déchéance de l'organisme se traduit, du reste, dans les formes extrêmes par de la leucopénie avec hyperleucocytose.
Nos observations de tuberculoses chirurgicales concernent des macro-adénopathies, des localisations osseuses ostéo-périostiques et articulaires.
Dans le groupe des tuberculoses ganglionnaires, une macroadénopathie cervicale à guéri sous l'influence du traitement chirurgical, la polynucléose du début s’est rapidement convertie en lymphocytose, mononucléose et éosinophilie ; parallèlement le quotient neutro-leucocytaire a baissé, la valeur nucléaire s’est accrue.
Un cas de polymacro-adénopathie pseudo-lymphadénomateuse a résisté longtemps au traitement radiothérapique, la polynucléose du début s'est maintenue constante, le quotient neutroleucocylaire élevé, la valeur nucléaire faible.
Parmi les cas de tuberculoses ostéo-périostiques, osseuses el articulaires, les formes améliorées ont présenté une formule hémoleucocytaire évoluant de l'hyperleucocytose avec polynucléose modérée à un taux normal d'éléments blancs avec lymphocytose, mononucléose et éosinophilie.
Dans quelques cas de tuberculose localisée, torpide, évoluant chez des sujets robustes,la formule sanguine fut d'emblée, au début, une formule de résistance avec taux hyponormal de polynucléés, lymphocytose, mononucléose et éosinophilie. À noter que