‹ Contribution à l'étude de l'évolution et du traitement des fistules tuberculeusesChapitre 8 sur 31 · TRAITEMENT LOCAL · texte numérisé non relu

TRAITEMENT LOCAL

Dans le traitement des fistules tuberculeuses, l’asepsie parfaite de la région est la première condition à réaliser. L'on a affaire en effet à un organisme qui se défend mal, et sur lequel les microbes se développent facilement.Le pus tuberculeux lui-même est un excellent milieu de culture.Les plaies doivent toujours être recouvertes de pansements stlérilisés, copieux et abondants pour éviter la souillure des vêtements par le pus qui s’éeoule en trop grande abondance. Mais le traitement général et l’asepsic locale ne sont que le prélude du traitement local,qui lui, est directement actif et s’attaque au foyer même. Ainsi se trouve réalisé le tableau complet des moyens

dont on peut disposer pour lutter contre l’infection tuberculeuse.

Traitement chirurgical. -- Il a été longtemps le seul traitement appliqué à toutes les tuberculoses externes, et les fistules en particulier en ont été les tribulaires’ On ne peut pas songer à aviver simple-

ment les bords de la fistule ; les tissus sont en eftet infiltrés plus profondément et ce serait faire œuvre inutile. Il faut inciser d’abord au bistouri, gratter avec la curelte pour enlever toutes les fongosités, et pratiquer en somme de larges ablations. Si l’opération à été suffisante, si la plaie est refermée, l’on obtient une cicatrice énorme, peu esthétique toujours et génante parfois. Et l’on n’est jamais sûr d’avoir enlevé tout le mal : lorsqu'on a curetté un trajet fistuleux, gratté un os, enlevé un séquestre, il reste encore les ganglions et dans la moelle osseuse se trouvent aussi beaucoup de foyers tuberculeux qui se réveilleront plus tard et reproduiront les premiers accidents. Lorsque l’on a enlevé un testicule et une partie du canal déférent, ne laisse-t-on point les vésicules séminales, la prostate et les ganglions abdominaux où se trouvent aussi de petits tubercules.Enfin, ces interventions, efficaces dans peu de cas, laissent courir de grands risques d'inoculation.

« Lorsqu'on commence par ouvrir franchement la cavité et qu'on arrache ensuite fragment par fragment la paroi active, on fait saigner, c’est-à-dire qu’on ouvre des. bouches absorbantes pour les bacilles tuberculeux et les produits toxiques mis en liberté par la curette ou le bistouri tranchant dans cette paroi infectée ; on a bien essayé d'empêcher ces inoculations en arrosant la plaie d’un jet d’eau continu (précaution qu'on ne prend d’ailleurs que très rarement dans la pratique courante).Mème avec cette précaution, je ne puis dire que tout danger soit con-

ere

nage et occasionnent parfois une rétention de pus avec tous les phénomènes douloureux qui laccompagnent. La paraffine est un de ces produits et elle est tellement peu résorbable qu'on l’emploie aujourd'hui dans la prothèse chirurgicale.

Voici la formule du mélange tel que nous lem-

ployons :

lodoforme:re 28e TS RE 20 gr.

Naphtol camphrés. "eee 6 gr.

PhÉNOlECAMD NÉ MERE EPP 6 gr.

Gaiacol CrISTAIISÉ TIRER RE 8 gr.

CRÉOSO LEP PARAMETERS SR TRE 5 gr.

Lanoline Hé PRES CRE PRET 50 gr Blancide baleine eee 5o gr

Liquide à 41%, cette préparation est solide à 37°5.

L'iodoforme, CHF.— Est le médicament le plus employé dans les tuberculoses chirurgicales. En effet, son pouvoir antiseptique, faible in vitro, est au contrairé très puissant in vivo. C’est que dans les milieux alcalins et en présence des corps organisés, albumines, graisses, produits d'excrétion ou de sécrétion cellules, microbes eux-mêmes, il est décomposé en partie ou en totalité avec mise en liberté d’iode,cette teneur en iode est de 96°7 o/o de son poids.

A faible dose, sa toxicité est nulle et les malades supportent 4 où 5 grammes, le maximum employé, sans éprouver de malaises. Dans les intoxications légères, on constate de l’inappétance, de la céphalal-

La N LE . à . . . L gie, de l’insomnie. Mais dans les intoxications graves,

l’anorexie est presque absolue, les vomissements fréquents. Le malade est en proie à des hallucinations des insomnies, des délires, surtout la nuit. Le pouls est accéléré.

Peu irritant pour les muqueuses, l’iodoforme est légèrement anesthésique.

Le naphtol B (C“-H'-OH) B, mélangé avec deux parties de camphre, devient le naphtol camphré et voit son pouvoir antiseptique considérablement augmenté.

Ce médicament a été appelé ia «curette chimique». Il est en effet très caustique et cette propriété est utilisée pour la destruction des foyers tuberculeux. Mélangé à un corps inerte, tel que les graisses, il est absorbé moins rapidement et l’on peut ainsi en injecter de plus grandes quantités. Certains praticiens en ont employé jusqu’à »0 grammes sans avoir des accidents; d’autres ont rapporté des cas de mort après une injection de o gr.60. Pour notre part nous avons la précaution lorsque nous avons enfoncé l'aiguille, d'attendre quelques instants et de ne pas faire l’injection si nous voyons s’écouler du Ssang; nous en injectons alors volontiers de 2 à 8 grammes. Le danger du naphtol vient en effet de sa pénétration dans la circulation générale.

On voit alors le sujet palir, tousser, tomber en syncope, et si l’intoxication est trop grave, mourir au

milieu de violentes con\ulisions.

Phénol camphré. — 11 semble que le camphre

Dee

cavités ouvertes, leur excipient devra être changé puisqu'il faudra qu'il soit solide à la température du corps. Par ce moyen, on attaquera le foyer tuberculeux à sa source ; on bouchera en même temps sa fistule, et ce bouchon antiseptique empêchera les infections secondaires de se développer. Enfin, le liquide irritant détruira les fongosités, qui tapissent les parois de la fistuie, il avivera les surfaces qui bourgeonneront et formeront une cicatrice. L'on aura ainsi un abcès fermé que l’on traitera comme tel: par les ponctions et les injections liquides. Dès lors les conséquences fâcheuses d’une infection sura- Joutée ne seront plus à craindre puisque lon sait faire une ponction aseptique alors que l’on ne pouvait être sur de maintenir l’asepsie dans une cavité ouverte.

Mais si la fistule est déjà infectée. si le malade a une température élevée, la méthode des injections de pâles est mauvaise parce que l'on ferme un abcès chaud. Comme traitement local, il faudra laisser la fistule suppurer, laver la poche à l’eau oxygénée ou au permanganate, aseptiser la région avec de l'alcool ou de la teinture d’iode, ct faire des pansements aseptiques. Comme traitement général, il faudra relever les forces du malade par une alimentation copieuse, par de l'alcool et des ioniques généraux. Il faut attendre, en un mot, que l’abcès chaud soit terminé. Ce n’est que lorsque la itmpérature sera restée à la normale pendant huit jours et que le malade aura repris un bon état général qu'il sera

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