II. — Ligatures artérielles
A, — Ligature de la carotide primitive
Depuis la première ligature de la carotide primitive pratiquée par Travers en 1805, pour un exophtalmos pulsatile, c’est à ce procédé que l’on a eu le plus fréquemment recours pour traiter cette affection.
En 1890, Le Fort, dans la Revue de Chirurgie, le considérait comme « le seul traitement efficace de l’exophtalmos pulsatile ».
C'est, en effet, le procédé le plus logique. La simple compression de la carotide primitive amenant la disparition des principaux symptômes de lexophtalmie pul-
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satile, on est en droit d'espérer que la ligature les fera définitivement disparaître.
Dans 57 % des cas d’ailleurs, suivant le travail de M. Cauchoix, qui a réuni plusieurs statistiques antérieures, cette ligature a été suivie de guérison, et, les accidents mortels sont rares, de 4 à 7 % seulement. Ils sont encore moins fréquents dans l’exophtalmos pulsatile d'origine traumatique, et cela probablement parce qu'il s'agit presque toujours de sujets jeunes, dont le système cardio-vasculaire est en bon état et chez qui s est développée rapidement une circulation de suppléance.
La ligature faite d'une façon aseptique, lentement et un certain temps seulement après le début de l’affection, le nombre d'accidents cérébraux ou oculaires diminuerait encore.
La ligature de la carotide primitive a donné un certain nombre de guérisons et un nombre plus grand encore de notables améliorations, mais trop souvent, cette guérison est passagère et il se produit une récidive rapide que l’on semble pouvoir attribuer au retour de l’ondée sanguine par les voies collatérales.
Nélaton déjà, dans la crainte de voir se rétablir trop rapidement une circulation collatérale après ligature de la carotide primitive, conseillait de pratiquer en ouire, la ligature de la carotide externe à son origine.
Les deux systèmes carotidiens externes possèdent, en effet. de nombreuses anastomoses qui permettent le retour de la circulation dans la carotide interne.
B. — Ligature de la carotide interne
Pour obvier à cet inconvénient, certains chirurgiens préfèrent la ligature de la carotide interne.
Cette ligature, dont la gravité est supérieure à celle de la caroide primitive lorsqu'elle est pratiquée après un traumatisme ou au cours d’une intervention sur la région cervicale, ne semble pas entraîner dans l’anévrysme artério-veineux un pourcentage de mortalité sensiblement plus élevé (2 à 3 % seulement en plus, d’après plusieurs statistiques différentes).
Elle donnerait, par contre, un pourcentage de guérisons ou d'améliorations supérieur à celui obtenu par simple ligature de la carotide primitive : 63 % d’après M. Cauchoix.
MM. Delore, Aurand et Roland, dans un article paru dans le Lyon Médical en 1926, à propos d’un cas d’exophtalmie pulsatile spontané, guéri par ligature de la carotide interne, après échec de la ligature de la carotide primitive, arrivent aux mêmes conclusions. Ts relatent un travail de G.-E. Locke (Annals of Chirurgie, Juillet 1924), qui aurait réuni 588 cas d’exophtalmie pulsatile (Hudelo, dans sa thèse, met ce chiffre en doute). D’après G.-E. Locke, la ligature de la carotied interne donnerait une proportion de 87 % de gœuérisons ou d'améliorations, celle de la carotide primitive n’en donnerait que 67 %. La mortalité serait de 9 % dans le cas de ligature de la carotide interne, et, de 7 % après ligature de la carotide primitive,