‹ Contribution à l'étude de l'extraction des corps étrangers de l'œsophage par voie cervicale externeChapitre 10 sur 14 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Le 16 novembre 1934, vers 10 h., M. R.., 22 ans, femme de chambre, en mangeant une croute de pain, avale son appareil dentaire composé de 4 incisives et d’une plaque palatine, démunie depuis plusieurs mois des crochets latéraux de fixation.

Vu à la radiographie le dentier est localisé au niveau de la 4° dorsale.

Avec l’œsophagoscope de CHEVALIER JACKSON, le dentier est facilement retrouvé et saisi avec la pince à mors plat, sans trop de résistance il est désenclavé, et peut être remonté de quelques centimètres, quand un arrêt brusque fait déraper la pince.

Sa situation élevée fait préférer au CHEVALIER JACKSON l'œsophagoscope de BRUNINGS, plus large, et permettant de mieux recliner les parois œsophagiennes. Ce tube est passé, et on est surpris de tomber sur les dents, l’appareil ayant tourné de 90 degrés, vraisemblablement au moment où s’est fait sentir la résistance. Il se présente donc sur son plus grand diamètre et à plusieurs reprises, après cocaïno-adrénalinisation poussée, on essaie de le désenclaver, sans toutefois exercer une forte traction. On ne peut de même le faire basculer, et se rendant compte de sa fixité et de son volume, toute tentative d’extraction par voie pectorale est abandonnée. Il est décidé de faire le lendemain une œsophagotomie externe.

Intervention : (D' VIEL).

Celle-ci est pratiquée sous-anesthésie générale, le malade ayant un excellent état général sans température.

On croit sentir l’appareil dentaire au travers des téguments au niveau du cartilage cricoïde, mais par suite d’une erreur d'interprétation, ce qui est pris pour le dentier n’est autre que les cornes inférieures des ailes thyroïdiennes.

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Incision du côté gauche suivant la ligne classique en avant du sterno cléido mastoïdien qu’on récline en dehors.

On incise l’aponévrose moyenne et l’omohyoïdien contenu dans son dédoublement.

Le paquet viscéral est récliné en dedans.

Le paquet vasculo-nerveux en dehors.

On découvre facilement l’æsophage qui semble assez œdématié. On tamponne à la gaze iodoformée la partie inférieure de la plaie opératoire.

Incision de la muqueuse sur un centimètre de hauteur. Au stylet dirigé vers le bas on tombe sur l’appareil dentaire. Par la plaie œsophagienne on passe le petit œsophagoscope de BRUNINGS qui permet de constater que le corps étranger garde la position observée la veille, on le saisit à la pince, et on éprouve la même résistance que la veille.

Pour éviter les délabrements de la muqueuse du tube digestif on agrandit l’incision de la paroi au niveau du corps étranger dont la situation correspond à trois centimètres au-dessus du bord supérieur du sternum.

Le dentier est solidement fixé par une pince, et, plutôt que de provoquer une déchirure dela muqueuse œsophagienne on sectionne le dentieri à l’aide d’une pince coupante, ce qui en permet l’extraction facile.

Une sonde œsophagienne par voie nasale est placée dans le tube digestif. La musculeuse œsophagienne est suturée au fil de lin par surget, un drain est placé au contact de la paroi œsophagienne, une nouvelle mêche iodoformée est placée à la partie inférieure de la plaie opératoire, et les téguments sont suturés.

Suites opératoires : Très simples.

La température, après une légère ascension le soir de l'intervention, se stabilise au bout du 3 jour à 37°2.

Le drain est enlevé le 3° jour, et la sonde le 8°.

L’alimentation est reprise normalement. L'état général est excellent.

La malade quitte le service au 20° jour avec une cicatrisation achevée.

‘Examen radiologique.

Sur les deux radiographies pratiquées, se contrôlant l’une l'autre et prises l’une de face et l’autre en oblique antérieure droite, on ne voit ni rétrécissement ni diverticule.

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