‹ Contribution à l'étude de l'extraction des corps étrangers de l'œsophage par voie cervicale externeChapitre 8 sur 14 · EE PE · texte numérisé non relu

EE PE

Cette donnée est importante pour justifier la pratique de l’incision latérale gauche dans l’abord de lœsophage cervical par voie externe.

D'autre part, le recurrent gauche passe dans l’angle dièdre formé par l’œsophage et ia trachée, ce qui explique la nécessité d'ouvrir l’œsophage sur sa face postéro-latérale.

A droite, le récurrent ne vient en rapport avec l’œsophage cervical qu’à sa partie toute supérieure et par conséquent, est beaucoup moins exposé.

Il est classique de décrire deux rétrécissements principaux à l’œsophage : le rétrecissement supérieur immédiatement situé au-dessous du cartilage cricoïde, et un second au niveau de la crosse de l’aorte. Cependant, ces rétrécissements sont accompagnés de nombreux rétrécissements secondaires, et celui qui siège au niveau de la fourchette sternale est à peu près constant (MourTon, Th. de Paris, 1894).

COMBEAU 2

TECHNIQUE OPERATOIRE

A quel mode d’anesthésie faut-il s'adresser 7...

— L’anesthésie locale, par infiltration de novocaïne et adrénaline, donne une hémostase supérieure aux deux autres procédés; FRIEDMAN signale que cette infiltration est amplement suffisante et paraît mieux supportée.

MM. AUBIN, OMBRÉDANNE, MAULONGUET, COLOMBET, ne signalent que des anesthésies locales dans leurs communications à la Société de Broncho œsophagoscopie et gastroscopie.

Navarro (de Cordoue) publie égaiement deux cas de corps étrangers extraits par œsophagotomie externe sous anesthésie locaie à la novocaïne.

Ce mode d’anesthésie est le plus courant et doit être employé exclusivement chez les sujets qui se prêtent facilement à l’acte opératoire ou dont l’état général est mauvais.

— L’anesthésie générale a l’avantage de venir à bout de sujets peu dociles comme celui qui est signalé dans la II: observation.

Elle est plus choquante qu’une anesthésie locale.

Cependant dans les deux observations que nous publions, l’œsophagotomie externe a été pratiquée sous anesthésie générale sans donner lieu à des complications.

2e Li pe

Le Pr. TERRACOL, de Montpellier publie également dans la revue de Bronchoscopie œsophagoscopie et gastroscopie (juillet 1935, n° 3), un cas d’œsophagotomie externe, pour extraction d’une pièce de monnaie, pratiquée sous anesthésie générale à la compresse. On ne voit aucune complication survenir au cours des suites opératoires.

A côté de ces deux modes classiques d’anesthésie, nous nous permettons de signaler la possibilité d’anesthésier le malade par voie rectale en employant un produit spécialisé sous le nom de Rectanol, ou par voie intraveineuse par l’Evipan sodique. Toutefois, ces deux méthodes d’apparition récente ne sont pas mentionnées dans les littératures françaises et étrangères que nous avons parcourues.

D’une façon générale, c’est à l’anesthésie locale qu’il faut recourir. Mais l’anesthésie générale rendra des services en face de malades indociles ou pusillanimes. |

Intervention. — Le malade est mis en décubitus dorsal, la tête inclinée du côté opposé au lieu d’incision. On placera un coussin sous les épaules et la nuque, afin de donner une saillie au cou.

L’incision porte sur la ligne qui va de la pointe de la mastoïde à l’articulation sternoclaviculaire. c’est la ligne de ligature de la carotide primitive. On incise la peau sur 5 à 6 centimètres.

Se basant sur les renseignements fournis par les

Eee

examens. cliniques et radiologiques, on pratiquera l’incision haute ou basse.

L'incision est classiquement faite à gauche : « La situation de l’œsophage cervical débordant fortement le bord gauche de la trachée, le récurrent gauche, visible sur sa face antérieure, donnent les raïisons de cette préférence » (FRIEDMAN, Th. de Paris, 1934).

LIEBEN et LERICHE, préconisent l’incision à droite. Il peut y avoir des indications formelles de l’incision latérale droite, à savoir la transfixion de la paroi droite, une collection purulente à drainer et à évacuer de ce même côté.

L’incision médiane préconisée jadis par NELATON est peu employée, bien que M. OMBRÉDANNE ne lui reconnaisse que des avantages (Société de Bronchoscopie Œsophagoscopie. Juillet 1934. P. 199).

L’aponévrose cervicale superficielle incisée, on divise à la sonde cannelée le tissu cellulaire qui existe entre le corps thyroïde et le sterno-cleido mastoïdien. Puis on sectionne le muscle omohyoîïdien, et on tombe alors sur le paquet vasculo-nerveux que l’on récline avec un écarteur.

Si la thyroïdienne inférieure est trouvée à ce niveau, on la sectionne entre deux ligatures.

Au fond du puits ainsi créé, on découvre la trachée et en arrière d’elle, et légèrement à gauche, l’œsophage. Dans l’angle dièdre, on trouve le récurrent, facilemnt visible surtout à gauche. j

Page 1