‹ Contribution à l'étude de l'extraction secondaire des corps étrangers intrathoraciquesChapitre 11 sur 26 · RS EX · texte numérisé non relu

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£eptible:à ja main et quelquefois à l'oreille. On parfait ce dégagement, cette énucléation et on effectue la prise. à

C’est là la principale difficulté de l'intervention, assez notable quand on se sert des instruments ‘courants, dont les branches se coincent facilement dans l'espace intercostal, très réduite sans doute avec la pince spéciale. C'est affaire de doigté, car tout se passe bien’ plus à la la main qu'avec l’aide des yeux. La prise effectuée, la pince bloquée, petite manœuvre de bistournage : la pince effectue un ou deux tours de rotation qui achèvent de libérer le projectile. tte ES

Il ne reste qu’à tirer et le projectile sort simplement par l'orifice créé par la pince, avec un ressaut au passage de l’espace intercostal rigide. Quelquefois même, à ce passage dangereux, la prise lâche : le projectile reste dans le thorax, dans la corticalité “du poumon. Il faut le reprendre par la même voie avec beaucoup plus de facilité d’ailleurs et moins de orainte.

L'opération —- si on peut ainsi parler — est ter- “minée. On vérifie l’état du poumon par un derñier passage aux rayons. Le plus souvent on ne trouve aucune modification, quelquefois une petite tache «sombre à l'endroit où se trouvait le projectile,indice probable d'un léger ésanchement sanguin. Un crin

sur la plaie et le bles-€6 est reporté dans son lit.

Difficultés

Telle est la technique type pour un cas facile. Nous avons signalé une partie des petites difficultés qui peuvent survenir : d’abord erreur de route, soit que, artivé au contact du projectile,on ne puisse l’extraire parce que l'espace intercostal choisi est trop étroit, auquel cas il faut essayer ailleurs, soit qu'il faille modifier le trajet de la pince. En'ce qui concerne nos cas personnels, ces traumatismes n’ont eu aucun effet nocif : on peut les éviter en prenant bien ses mesures à l'avance. On peut ensuite éprouver une assez. grande résistance de la coque fibreuse qui empêche de saisir à même le projectile : on n’arrive à le tenir que par l'intermédiaire de tissu pulmonaire qu’il faudrait déchirer. Il est nécessaire d'abandonner la première prise el d’en chercher une autre plus favorable, De même quand un projectile long se présente en travers au bout de la pince, ce qui peut créer de graves délabrements au moment de la sortie.

Fait remarquable, les projectiles superficiels, corticaux et sous-pleuraux, sont d'une extraction plus malaisée que: ceux qui se trouvent en plein poumon. L'obliquité qu’il faut donner à la pince par rapport aux côtes est gênante et on travaille dans un tissu fibreux qui offre une résistance que n'offre pas le tissu pulmonaire, lequel n’en a aucune. Il est indiqué dans ces circonstances de se tenir prêt à faire

au besoin une résection costale pour se donner plus - de place, | |

Restent enfin les difficultés dues au projectile luimême : une balle et à plus forte raison, un shrapnell sont presqu’impossibles à saisir avec une Kocher où un clamp. Parmi nos observations (obs. VIT), un échec est dû à cette cause : la préhension d’une balle exposait à tant d’aléas à cause du voisinage du cœur, qu’il a été jugé préférable de la laisser et de l'enlever par thoracotomie, Aussi satisfaisantes qu’aient été les suites de cette dernière intervention, il n’est pas douteux que l'extraction à la pince en eut comporté d’autrement simples.

Suites

Car là est la caractéristique importante de cette méthode et qui en fait. l'intérêt et la valeur.. C’est la bénignité vraiment extraordinaire des suites et spécialement des suites éloignées, nous dit Oli- vier. De celles-ci nous n'avons aucune expérience mais, pour les symptômes immédiats, nous avons été frappés comme tout le monde de leur peu d’importance. Quelques hémoptysies le soir ou le lendemain de l’opération, 38 degrés de fièvre le soir, tels sont les phénomènes fugaces le plus souvent rencontrés et d’ailleurs inconstants : la réaction post-opératoire peut être absolument nulle. Dans un cas {obs. V}) nous avons observé des vomissements assez inquiétants après l'ablation d’un projectile au voisinage du phrénique et qui n’ont d’ailleurs nullement

compromis la guérison.

P; Fouquiau 3

ee.

Dans l’ensemble, l'opération ne semble pas avoir plus de gravité qu’une ponction pleurale. Par respect pour les habitudes établies, nous faisions reposer les blessés quelques jours. Nous avons vu des chirurgiens, adeptes convaincus, qui faisaient lever leurs malades le lendemain ou le surlendemain de ‘l’opération, sans inconvénient.

Nous verrons que l’analyse de statistiques plus. amples donne absolument les mêmes résultats que celles de nos quelques cas: nous en reparlerons

dans un chapitre d'ensemble terminal, où nous tenterons d'établir brièvement quelle place la méthode de Petit de la Villéon doit occuper dans la chirurgie . du thorax.

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