CHAPITRE V
Indications respectives des différentes méthodes d'extraction.
des projectiles du thorax
D'après les chapitres précédents une seule caractéristique commune domine les différents procédés d'extraction des projectiles du thorax : c'est l’utilisation du contrôle radiologique, indispensable dans tous les cas comme nous croyons l’avoir établi.Pour
le reste ils se séparent en deux grandes classes entière-
ment différents au point de vue techniqueet pronostic.
. Dans une première catégorie se placent les procédés d’extraction à la pince sous écran, dits de Petit de La Villéon, procédés grossiers, que certains ont déclaré antichirurgicaux, mais d’une bénignité extra ordinaire, immédiate et tardive ; dans une seconde les méthodes chirurgicales proprement dites, qui comportent un élément de gravité primordiale, l’ouverture de la plèvre et des possibilités de déficience organique pour l'avenir, par le fait même qu’elles exigent des manœuvres plus ou moins délabrantes sur le squelette thoracique.
En chirurgie, comme ailleurs, la fin justifie les
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SEE moyens et c’est une conception que nous ne pouvons admettre que celle qui consiste à discréditer une méthode parce qu’elle n’est pas dans la règle des dogmes chirurgicaux, lesquels dogmes ne sont autres que des consécrations d'habitude et des empirismes érigés en lois. Guérir les malades, tout est là.
À priori, puisque nous disposons de deux méthodes, l’une de tout repos, l’autre grevée d'aléas, pourquoi ne pas sacrifier celle-ci au dépens de cellelà? Pourquoi ne pas enlever tous les projectiles du thorax à la pince sous écran ?
Les promoteurs de la méthode de la pince ont bien l'air d’avoir eu quelque velléité de céder à la tentation. Autant que nous avons pu en juger, l’idée, qui peut paraître bizarre au premier abord, d’introduire une pince à l’aveugle dans le thorax pour en extraire un éciat, D’est pas sortie d’un seul jet de l'imagination de son auteur; nous avons peine à nous en représenter la genèse, parce qu’elle procède de principes absolument opposés à ceux qui nous dirigeaient en chirurgie avant et pendant la guerre. Procéder anatomiquement, voir clair et opérer largement, telles étaient les règles absolues, en particulier pour l’extraction des projectiles des membres, règles absolument conciliables d’ailleurs avec l’utilisation des rayons X. Au cours de la guerre, dans certains milieux, il en allait tout autrement : le projectile accaparait toute l'attention, d'autant plus que des raisons militaires prescrivaient souvent de l’enlever à tout prix.
P. Fouquiau