OBSERVATION E
À. Henri, 117° régiment d'infanterie.
Blessé Le 24 juin 1919. Entré le 21 août.
Plaie de poitrine par grenade.
Blessé ayant passé dans différentes formations. Pas d’autres renseignements que ceux portés sur le billet d'hôpital : 1° plaie pénétrante par éclat de grenade du sein droit ; 2° plaies superficielles des deux mains.
Vu ie 27 août 1917, avec thoracotomie droite drainée par mèche avec issue de grande quantité de pus. Très gros amaigrissement et faiblesse générale. Huile camphrée.
3r août. — Fièvre à 39 degrés. Etat général mauvais. Aspect d’un bacillaire cavitaire. À l’auscultation rien de spécial à gauche. À droite, côté touché, gros frottements pleuraux avec ronchus en avant, en arrière matité avec silence respiratoire. bronchophonie plutôt qu’égophonie : c’est-à-dire grosses lésions pleuro-pulmonaires avec prédominance pulmonaire. Peu’de pus dans le pansement. À sur-
veiller.
8 septembre. —: Apyrexie. Suppression du drainage : ilne
sort par l’orifice que du liquide séro-purulent et non du pus franc.
:16 septembre, Examen radioscopique. — Poche de pneumothorax limité occupant la région postéro-externe avec peu ou pas de liquide, le reste du poumon légèrement obscur dans la région de la base. Diaphragme mobile dans sa portion centrale. Projectile (amande) à 8 cm. 1/2 du point marqué (5° espace) en dedans et en avant de la poche du pneumothorax. Cliniquement, amélioration spontanée.
27 septembre. — Examen du blessé en position couchée. Poche moins claire. Le diaphragme semble un peu plus mobile du côté externe.
’ Cliniquement matité, dans la zone obscure, silence respira- | toire, ni égophonie ni pectoriloquie aphone. A la radioscopie la poche signalée dans la région postéro-latérale de l'hémithorax droit contient aujourd’hui une petite quantité de liquides et de gaz visibles à la succussion. La paroi externe de la poche est épaissie. Le diaphragme droit est surélevé, assez mobile dans sa portion centrale. VE
12 octobre. — La poche du pneumothorax ne contient plus de liquides et de gaz et a beaucoup diminué d'étendue ; elle s'est presque complètement aplatie.
Diaphragme semblable au dernier examen.
Intervention, le 15 octobre. se Ablation très simple du projectile par la méthode de Petit de La Villéon. ‘On aborde le cinquième espace à 5 ou 6 centimètres en dehors du rayon normal de façon à pouvoir diriger la pince obli-quement de dehors en dedans et d'avant en arrière, en
côtoyant la poche du pneumothorax sans la pénétrer.
— Gr —
— Mobilisation et prise facile du projectile sans aucun incident.
Le soir, hémoptysie légère.
31 octobre. — Aucune modification radioscopique, ce qui est compréhensible étant donné que les lésions observées n'étaient pas en contact du projectile. Elles continuent à évoluer pour leur propre compte, tendant nettement vers la régression. Le diaphragme est nettement mobile en son cenire. =
A l'examen clinique, submatité, silence respiratoire, frot-
tements pleuraux.
Evacuable.