‹ Contribution à l'étude de l'extraction secondaire des corps étrangers intrathoraciquesChapitre 19 sur 26 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

R..., 3° bataillon de tirailleurs malgaches.

Entré le 16 juillet 19137.

Blessé le même jour à 10 heures et demie.

Plaie pénétrante de poitrine par E. O. (côté gauche).

Vu à 21 heures avec symptômes pulmonaires peu accentués. Pas d'hémoptysies, signes d’épanchement à la base gauche, respiration perceptible en haut.

Pas de schock marqué.

Pansement simple. Immobilisation, Huile camphrée. Morphine.

2 juillet, — Ascension à 38%5. Quelques légers crachements de sang, pas de signes d’épanchement, légère diminution respiratoire à gauche.

5 juillet. — Pas de signe d’épanchement. Température à

AE

385 en plateau. Signes de réaction pulmonaire à la base

gauche.

1er août. — Les oscillations légères de la température con-

tinuent avec tendance à la défervescence.

Examen, le 17 août. — La température continue à osciller aux environs de 38 degrés. Percussion : en arrière submatité remontant à la pointe de l’omoplate, peu accentuée dans l’aisselle. Normale en avant. Pas de déplacement du cœur.

Auscultation : affaiblissement très marqué de /la respiration dans la zone de matité postérieure et latérale, respiration normale partout ailleurs, pas de bruits surajoutés. Une toute petite zone d’égophonie peu nette en arrière vers l& colonne vertébrale au niveau de l’épine de l’omoplate. Probablement zone de liquide extrêmement mince sur le tiers inférieur du poumon.

Examen radioscopique — En avant, projectile au ras de la coupole gauche du diaphragme, coupole droite normale avec obscurité à son niveau et diaphragme immobile. Zone d’obscurité triangulaire à base externe correspondant à la zone de submatité (adhérences ?).

L'examen oblique montre que le projectile se détache néttement du diaphragme.

Vue postérieure : À 10 centimètres de la peau sur lérayon normal, à l'extrémité postérieure du septième espace, sur: une ligne verticale passant à peu près par le bord spinal de: l’omoplate.

Opération, le 17 août. — Anesthésie en position ventrale.. L'espace intercostal choisi est le huitième, à environ 6 centimètres en dehors et en bas du repère cutané, de manière:

que la pince soit inclinée à 45 degrés environ sur l'axe dw

rayon normal. Ponction au bistouri de l’espace au ras de ia côte inférieure avec léger mouvement de va-et-vient, vu la dimension du projectile (amande). Le blessé dort mal, mais cliniquement aucune modification ne survient du fait de l'ouverture de la plèvre.

L'instrument d'extraction choisi est un clamp droit. La pénétration dans le poumon se fait aisément et après un décalage qui le montre dans la bonne direction, on arrive au contact du projectile qui se présente par une de ses extrémités : prise assez difficile après libération, bistournage. Le clamp lâche au moment de l'extraction, au niveau de l'espace intercostal. Introduction par l’orifice d'une pince de Kocher : le trajet est difficile à retrouver. Le contact est de nouveau obtenu, mais le projectile se présente de champ : mobilisation et nouvelle prise par une extrémité. Lumière : débridement cutané, débridement de l'espace intercostal. Extraction. Trois crins sur la peau.

Pas d'incidents au cours de l'intervention : légère accélération du pouls au moment des manœuvres, pas d’hémoptysie. Un morceau de bourre est venu avec le projectile.

18 août. — Quelques crachats sanguinolents, douleur légère.

19 août. — Quelques crachats sanglants.

21 août. — Pansement. Température 375, 37°8. Les crachements de sang ont cessé. L'auscultation donne sensiblement les mêmes résultats qu'auparavant, avec un peu plus de résonance de la voix.

-25 août. — Ablation des fils. Signes d'auscultation sensiblement les mêmes avec quelques râles au niveau de la place

du projectile. Radioscopie dans la position couchée et assise.

Amélioration, pas de pneumothorax. Zone diaphragmatique plus claire. On voit nettement le point d'union du bord gauche du cœur avec le diaphragme, flou auparavant.

9 septembre. — Grosse amélioration à l'examen radioscopique. Le diaphragme est mobile sauf dans la région externe: la zone ombrée triangulaire du début est réduite à une petite zone obscure au fond du sinus.

Signes stéthoscopiques correspondants : l'étendue du murmure vésiculaire augmente.

Evacuable.

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