OBSERVATION VII
P... Joseph, 130° régiment d'infanterie.
Entré le 31 août 1917.
Blessé le 11 août 1917. :
. Plaie pénétrante du thorax par balle.
Antérieurement à l'entrée à l’hôpital, soigné par le traitement classique pour hémothorax. Repos, morphine. Il y a eu dans les premiers jours des hémoptysies. Continuation du traitement médical.
Examen, le xe' septembre.— Submatité légère à droite en avant et en arrière. Vibrations à la main un peu augmentées à droite. |
Balle à 7 centimètres de profondeur, à l'extrémité interne du sixième espace à 2 centimètres du bord droit du sternum, vis-à-vis de l’oreiliette droite, battant avec elle, non mobile avec la respiration, légèrement mobile en position latérale :
donc balle du médiastin antérieur. La pointe est dirigée en
haut, en dehors et en arrière ; le culotest un peu plus super— ficiel. |
Radioscopiquement, la pointe parait en tissu pulmonaire, le culot dans le médiastin antérieur juxta-péricardique. Il paraît indiqué de tenter l'extraction à la pince par le procédé de Petit de La Villéon.
Intervention, le 14 septembre. — Introduction de la pince dans le troisième espace. On arrive assez facilement sur l'extrémité de la balle.
On renonce à l’extraire en raison des difficultés de préhension et du danger qu'il y aurait à faire une prise plus étendue à cause des échappées possibles vers l'oreillette droite. Au cours de l'opération, pas d'hémoptysie, légère accélération du pouls. ;
15 septembre. — Réaction générale nulle.
A l’auscultation, zone de frottements et résonance métallique de quelques râles à la base du poumon, en avant, à l'endroit de projection de la balle, en rapport avec pneuma-
thorax partiel.
20 septembre. — Signes stéthoscopiques nuls. Ablation du fil. |
27 septembre. — Aspect radioscopique identique à celui du début, même mobilité du diaphragme, pas- d’obscurité pulmonaire au contact du projectile. Examen stéthoscopique négatif.
Opération, le 16 octobre .— Décidée en raison de la proximité du péricarde, par thoracotomie. Incision des plans cutanés immédiatement au-dessous du mamelon, dans la direction du cinquième espace et des fibres du grand pecto-
ral, de 10 centimètres environ. On branche sur celle-ci une
incision verticale sur le bord droit du sternum. Incision de l'espace : le pneumothorax se produit sans aucun heurt. Cette incision est prolongée jusqu'à l'extrémité antérieure de l'espace intercostal. À ce niveau, on coupe verticalement le cartilage costal supérieur, très facile à sectionner. Ce faisant on coupe l’intercostale correspondante qui donne beaucoup et dont les deux bouts sont difficiles à pincer. Au contraire le cartilage costal inférieur est sectionné aisément sans section de l'intercostale. La brèche ainsi obtenue est très suffisante pour arriver sur la région du projectile : le poumon ne bouge pas, car il y a des adhérences nombreuses. Les battements du cœur ne sont pas perceptibles.
On se porte en dedans, sur le bord antérieur du poumon, dans le but de séparer sa face interné du péricarde : au doigt les adhérences sont assez faciles à rompre, tout en saignant assez fort. On arrive ainsi à libérer toute la face interne du poumon, sauf sur une zone d’adhérence indestructible qui relie celui-ci au péricarde de l'oreillette droite, sur une surface d’une pièce de cinq francs environ et derrière laquelle on peut passer le doigt : un examen à la bonnette montre que la balle siège dans cette zône adhérente, qui n’est autre que la réaction inflammatoire qui s’est créée au contact de celle-ci. On estime imprudent d’inciser sur le rayon normal, car on risque d'ouvrir le péricarde : on préfère inciser la face interne du poumon légèrementen dehors. On pénètre assez facilement avec le doigt dans le tissu pulmonaire qui saigne un peu et on arrive au contact de la zone de réaction proprement dite, au voisinage de la balle. On peut alors localiser, dégager au doigt et à la sonde cannelée
et voir le culot qu’on saisit avec une pince de Kocher. Extrac-
tion, aucune hémorragie. Rapprochement au catgut des lèvres de la plaie pulmonaire, pas de suintement. Fermeture sans drainage avec grosses diflicultés pour rapprocher les plans ostéo-musculo-cutanés ; plan intercostal, cartilages sectionnés, grand pectoral et insertions sternales de celui-ci, le tout au catgut.Crins sur la peau.
” Réaction fébrile le lendemainet le surlendemain à 39, avec chute rapide et bon état général. <
1* novembre. — Plaie partiellement désunie, sans communication apparente avec la plèvre. Apyrexie. Pas de dyspnée. Pansement avec liquide de Mencière. |
10 novembre. — Cicatrisation totale. Paroi solide. A la radioscopie pas de modification apparente des cartilages Costaux. |
Mouvements des côtes un peu moins étendus que du côté sain. I] persiste une légère obscuritéà l’endroitoù se trouvait 1a balle.
14 novembre. — Toute petiteopacité au niveau de la balle. Diaphragme mobile. Les mouvements des cartilages paraissent normaux. |
A l’auscultation, respiration un peu plus brève du côté opéré, mais elle s'entend partout. Il ne persiste que de la submatité aux alentours de la plaie, avec quelques frottements pleuraux.
Le blessé se plaint de douleurs légères à l'inspiration proprofonde, de gêne pour la rétropulsion du bras et d’essouflemment après les efforts. Il y une légère douleur à la pression des cartilages sectionnés qui paraissentun peu gros et légèrement immobilisés à la respiration profonde.
Cicatrice adhérente surtout en dehors. En faisant contrac=
Ro
ter le pectoral, on constate que lesinsertionsinférieures sont supprimées. Les mouvements d'élévation du bras sont très limités. | |
Evacué sur l’intérieur pour mécanothérapie et longue convalescence. ;