‹ Contribution à l'étude de l'extraction secondaire des corps étrangers intrathoraciquesChapitre 25 sur 26 · OBSERVATION VIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VIII

D... Victor, 53° régiment d'infanterie.

Blessé le 25 juillet 1917. /

Entré le 27 juillet 1917. |

Plaies de poitrine et du genou droit par E. O.

Opération, le 23 juillet. — 1° Plaie de poitrine bord droit dusternum. Signes d'épanchement.T'einture d'iode, morphine immobilisation ; 2° Deux plaies du genou droit par petits éclats : un superficiel, prérotulien, un pénétrant inclus dans la synoviale, pointant dans lacavité articulaire au niveau de l’aileron externe. Ouverture large et évacuation de sérosité purulente (blessure datant de vingt-quatre heures). Extraction de l'éclat. Suture de la synoviale au caigut et de la peau aux crins après lavage à l’éther. Gouttièré).

, Suites.— Régulières, sauf suppuration superticielle de la . plaie du genou qui disparaît à l’ablation des fils.

15 août. — Légère suppuration des plaies, mais évolution vers la cicatrisation.

29 août. — Cicatrisation complète. Ascension de la température à 38. Signes de phlébite du membre inférieur gauche : immobilisation en gouttière.

Evolution normale de la phlébite, sauf œdème transitoire

de la verge et des bourses (pas d’albumine).

1e" octobre. — Ablation de la gouttière, massage. Un léger œdème du membre persiste.

8 octobre. — Premier examen thoracique. Projectile se projetant sur le bord droit du sternum, à 4 centimètres de profondeur, à côté du bord droit du cœur (oreillette droite). Pas de mouvements imprimés par le poumon etpar le cœur. Poumon clair. Le projectile peut être approximativement localisé dans la zone péricardique du médiastin antérieur, entre les deux cul-de-sac pleuraux, ou immobilisé par une symphise pleurale droite. >

Il persiste une fistulette thoracique par laquelle on tente d'instiller del’éther iodoformé :toux,suffocation, goûtd'éther dans la bouche. La plaie communique done avecle poumon.

20 octobre. — L'œdème des membres inférieurs a complètement disparu. Le blessé se lève,

Opération, le 2 janvier 1918. — La persistance de la fistule et le voisinage du cœur indiquent l'intervention. Chloroforme difficile : éther, huile camphrée. Fistule dans le troisième espace à droite du sternum, projectile se projetant un peu en dehors sur le troisième cartilage costal. Ablation de la fistule et exploration à la sonde cannelée qui conduit à l'intérieur du thorax.

Incision inter-costale dans le troisième espace, de 10 centimètrés de longueur. Ouverture de la plèvre quiest libre. Section du troisème cartilage costal à 1 centimètre en dedans de l’articulation chondro-costale après hémostase de l’intercostale,

L'écarteur donne un jour de 5 centimètres de hauteur, Prise du poumon avec des pinces en cœur qui malheureuse-

ment déchirent. Exploration au doigt de la languette pul-

monaire antérieure: on ne sent pas le corps étranger. Par

contre on sent en dedans du poumon le trajet induré de la

fistule quitraverse le troisième espace à sa partie tout à fait

interne et se dirige en haut eten dehors vers la face interne du poumon où il adhére. Décollement difficile du bord antérieur du poumon : hémorragie en nappe, bulles d'air. Après des manœuvres assez pénibles on arrive sur la partie la plus

profonde du trajet fistuleux où la bonnette localise le projec-

tile : isolement facile de celui-ci au doigt et extraction. Il est

“situé certainement très en avant des vaisseaux qui ne sont

pas vus.

Ocelusion des petites bronches rompues, par surjet pulmonaire.

Fermeture difficile de la brèche à cause de la rétraction des intercostaux, surtout au niveau du cartilage : on ne peut arriver par manque d’étofle, à fermer l’ouverture. On y parvient en passant une aiguille en plein cartilage et en fixant celui-ci par un point dans le troisième espace. On ramène par-dessus les fibres profondes du grand pectoral.

Suture de l'aponévrose et de la peau par des crins. Un faisceau de crins pour drainage de la fistule.

Dans la soirée, dyspnée légère 37, 4, pouls 90. Une crise dyspnéique de dix minutes, avec cyanose légère.

Sérum, morphine. Pas d’hémopiysie, ni vomissements abondants. -

. Suites. — Marquées par des incidents multiples. Au cours | d'efforts de vomissement, désunion de la plaie et pneumothorax. Pneumonie traumatique massive, avec mauvais état général, fièvre élevée, pouls rapide, cédantle neuvième jour.

La plaie se comble pourtant peu à peu pendant le mois de

janvier et l'ouverture se bouche le 1° février: à cette date, la température qui se maintenait à 38 tombe.

9 février. — Cicatrisation obtenue. A l'examen radioscopique, la partie interne du diaphragme est mobile. Foyer obscur de réaction dans la zone opératoire ; pas de signes d’hémorragie intrapleurale mais présence d'une bande obscure dans la direction de l’espace interlobaire, reliquat des phénomènes aigus observés aprèsl'opération (pleurésieinterlobaire ?) AT

25 février, £xamen radioscopique. — Obscurité légère du côté opéré. Obscurité légère du cul-de-sac diaphragmatique.

Les côtes sont mobiles. Une petitetachenoire à la place du pro) ectile.

Examen somatique : bon état général.

Adhérence de la cicatrice en son milieu et légèreimpulsion à la toux.

Léger aplatissement du thorax du côté droit. La cicatrice est mobile avec l'élévation du bras, saufl’adhérence médiane

qui sera facile à libérer.

Le grand pectoral est légèrement atrophié dans sa partie

inférieure. ; Auscultation normale des deux côtés. A la palpation,

l'extrémité antérieure du troisième cartilage sectionné n'est

pas en regard du bout sternal, mais adhère en haut au deu-

xième cartilage, la suture ayant sauté le lendemain de l’opé-

ration. Il ne semble pas en résulter de-gêne notable de l’as-

-cension des côtes.

Evacuable pour longue convalescence.

Page 1