CHAPITRE III
L'extraction des projectiles pulmonaires à la pince sous écran
Nous allons dans ce chapitre exposer avec quelques détails, la manière dont nous avons pratiqué à plusieurs reprises la méthode d'extraction des projectiles à la pince sous écran, dite de Petit de la Villéon. Nous complèterons cel exposé à la lin de ce travail par quelques réflexions relatives au principe général de la méthode, à ses avantäges et ses inconvénients. Es |
Nous insisterons spécialement sur les petites précautions que nous avons dû prendre, métant pas radiologiste, pour mener à bien l'intervention : il n’est peut-être pas sans intérêt de montrer que la méthode de Petit de la Villéon est susceptible d'être employée par tout chirurgien, à condition de procéder suivant certaines règles très simples, en se servant de pelits moyens, de « trucs » qui ne nécessitent en
aucune façon une expérience approfondie du maniement des rayons.
Examen préalable
Le malade est d'abord examiné au point de vue clinique pour établir, d’après les considérations exposées plus haut, l’opportunité ou la non-opportunité de l'intervention. Il passe ensuite à l'écran et à plusieurs reprises, tant pour se prémunir contre une erreur de localisation possible, que pour constater si le corps éiranger ne s’est pas déplacé et pour observer les symptômes évolutifs d'un hémothorax ou de tout autre manifestation pleuro-pulmonaire.
L’examen du thorax est pratiqué dans son entier, et le résultat noté, de manière à pouvoir établir nettement les modifications qui pourraient survenir , Consécutivement à l’extraction : on apprécie ainsi la clarté du poumon, son degré d'expansion, la mobilité de chacune des coupoles diaphragmatiques, etc. On ne manque pas d'explorer le côté sain, assez souvent modifié dans les plaies unilatérales du thorax. |
Mais c'est le projectile lui-même qui doit, bien entendu, attirer l'attention. Nous avions l'habitude d'apprécier grossièrement dans ua premier exanem son siège probable par les moyens simples bien connus. Mobilité avec la respiration, en sens inverse du mouvement des côles : projectile pulmonaire. Mobilité avec les côtes: projectils pleural, souspleural, ou intercostlal. Puis par décalage de l'ampoule avec grande ouverture du diaphragme,
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examen comparatif de l'ombre du projectile et des ombres costales postérieures : avec une certaine habitude, on arrive ainsi à le situer approximative: ment en profondeur par rapport à celles-ci (d’ailleurs. toute cette recherche est, bien entendue, faile par um radiologiste). On peut aussi pratiquer l’examen en position latérale, ce qui n’est commode que quand le projectile est très volumineux, vu l’épaisseur du thorax ainsi traversé par les rayons dans le sens de
la largeur.
Cette première recherche a pour but de donper
d'emblée au chirurgien une idée de la manière dont
il placera son malade pour l'extraction. [l faut autant
que possible atteindre le projectile par le trajet le moins long : donc pour un projectile situé dans Ja moitié antérieure du poumon, on placera le blessé en décubilus dorsal, en décubitus ventral pour un projectile postérieur. Un projectile externe sera extrait dans le décubitus dorsal, par une brèche siluée aux environs de la ligne axillaire. Le choix de la meilleure voie d'abord est affaire de cas, avec des modifications de détail, comme par exemple quand la présence de lomoplate interdit la ligne la plus courle pour un projectile postérieur haat situé : il
est évident que dans ce cas on utilise la voie qui se
présente la plus rapprochée en évitant l'obstacle, le
plus souvent dans le creux axillaire,
Les chirurgiens habitués à la manœuvre de la pince peuvent se contenter de ces simples renseignemenis approximatifs, car avec l'habitude qu'ils