‹ Contribution a L'Etude de L'Extrapation De L'AstragaleChapitre 15 sur 21 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

OBsERvArION | inédite).

JBruest V..., %6 ans, mouleur, entré, le 7 novembre 1891,à lPhôpttai Fenon, safe Nélaton, lit n° 9 (service de M. le docteur Richeloi).

Le malade jouit d’ane excellente santé et il n’y a à relever dans ‘. ses antécédents qu'une brülure du pied droit et une entorse de -. Particulation qui est actuellement malade. Cet accident remonte . précisément à l'époque de sa brûlure : sautant sur un seul pied, il

se, fit une entorse ou une fracture malléolaire, laquelle fut confiée à.un rebouteur et guérit à la longue. Il put, au bout de quelques semaines, reprerdre son travail el, pendant quelque temps, il n'éprouva ni gêne ni douleur dans la jointure ; mais, depuis la fin d'août 1891, il souffre dans le cou-de-pied, l'articulation augmente de.volume, après une marche plus longue que de contume, le coude-pied. se tuméfie de plus en plus, il éprouve de vives douleurs. . Cet. élat aigu, persistant pendant plusieurs jours, nécessite le repos absolu au lit et s’atténua par la compression ouatée faite sur Particulation.

Trois semaines après le début de ces accidents, le: malade est admis dans le service de M. Richelot. Le 7 novembre, à l'examen, 9n constate que les mouvements de l'articulation tibio-tarsienne / s'exéeutent difficilem ent, la flexion el l'extension déterminent une

douleur tiès vivo dans la région du cou-de-picd ; de chaque côlé des tendons extenseurs se voient deux tuméfactions au niveau desquelles on perçoit une sorte de fluctuation qui passe d’un côté à l'autre.

On porto le diagnostic de tumeur blanche tibio-tarsienre.

La compression faite en ville, la révulsion, le repos au lit n’apportent aucune modification.

Comme la tuméfaclion, que l'on croit être un amas de fongosités, persiste et comme le malade présente, derrière la malléole interne, un point un peu douloureux où l’on croit sentir une tuméfaction profonde, on croit que la synoviale est atteinte profondément.

Le traitement médical ayant échout, on se décide à une intervention sanglante : à l’extirpation de l'astragale comme on l'a fail souvent, dans le service, pour les tumeurs blanches au début.

Le 11 novembre, l'opéralion est pratiquée par M, Morestin, interne du service.

On fait d'abord une incision extorne à concavilé antérieure, pénétrant dans l'articulation ; [a plaie donne issue à de la sérosité et l'on aperçoit la synoviale très altérée, rouge. on fait une seconde incision perpendiculaire à la précédente et on commence le dépouillement de l'astragale. L'astragale. à demi-dénudé, on découvre, à la partie antérieure de l'articulation, derrière le paquet tendineux, un Corps étranger du volume d’une noiselte, il est situé derrière le plan des tendons extenseurs mais il n'est pas fixé par une pédiecule. Inutile de dire qu'il n'avait pas été senti par les explorations antéricures.

A ce moment, l'astragele était à demi-dénudé, les ligaments externes tranchés, et comme on supposait que la tuméfaction et la douleur que causait l'exploration en arrière dans un point assez limité devait correspondre à une alléralion profonde de l'articulaton, on se décide à extirper l'astragale.

A cet effet, une incision complémentaire est faile en avant de la malléole interne. ; Fe

L'os est enlevé, on trouvo alors la synoviale, aussi malade en arrière qu’en avant, chargée de fongosités extrêmement vasculaires

Lin

ct, de plus, on découvre devx corps étrangers, l'un pédiculisé, adhérent à la synoviale; l'autre, mobile, logé à la partie posté-

‘ rieure de l'articulation.

Les fongosités furent soigneusement détachées, ik n’y eut pas de ligature à faire.

Sutures au crin de Florence.

Pas de drain.

Le picd, enveloppé d'un léger pansement, est immobilisé dans une gouttière plâtrée.

Les suites de l'opération furent des plus simples.

Le malade n'eut ni fièvre, ni douleur.

Le dixième jour, on enlève les sutures, on applique un nouveau

plâtre et, six semaines après, le malade marche avec une boltine silicatée et, le 12 janvier 1892, le malade sort de l'hôpital, s’appuyant bien sur sa jambe et ne boîtant pas.

Considérations. — Il est certain qu’au premier abord cette intervention pourrait paraître bien radicale et osée pour une affection de corps étranger articulaire. Nous ne pensons pas qu'elle ait été déjà pratiquée.

Cependant, la conduite tenue a été assez rationnelle : l'idée première d’une intervention était justifiée par le diagnostic porté et par les symptômes; de plus, l'erreur de diagnostic était excusable : les corps étrangers de l'articulation tibio-tarsienne étant rares, à part Dupuytren, qui les a mentionnés, nous n’en avons pas trouvé d'exemples ailieurs.

4° Dans le cas actuel, on ne retrouvait pas le signe de douleur brusque au moment de la marche, comme il apparaîl tout à coup dans les corps étrangers articulaires, c'était le soir, après une longue course, que la douleur s'était manifestée et, comme la région du cou-de-pied donnait l’aspect d’une tumeur blanche, on pensa à une intervention précoce : à l’ablation de l’astragale.

2° On ne crut pas devoir s'arrêter, après que le corps étranger fut découvert, car la synoviale était en effet très allérée. Les lésions auraient pu disparaître comme cela a lieu après l'ablation des corps étrangers : mais les franges rouges, enflammées, de la synorviale.

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