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Remarquons que ces écarts minima sont beaucoup moins prononcés que les écarts maxima étudiés; le plus élevé d’entre eux est de 9. Ils se produisent en toute saison. Nous n’avons donc pu y trouver une cause saisonnière.
En fait, nous n’en avons tiré aucune conclusion d’ordre pratique.
Si l’on prend cependant une vue d’ensemble des deux tableaux, on s’aperçoit que les mois de grande chaleur : juin, juillet et août sont en dessous de la moyenne générale mensuelle. Ceci est vraisemblablement dû au fait que la vie se déroule moins en vase clos qu’en hiver, et à l’usage plus fréquent de l’eau, en particulier à la pratique des bains.
Influence du sexe
L'analyse des différentes colonnes nous montre que l'influence du sexe n’est réelle que dans la première catégorie, c’est-à-dire celle des moins de six ans. Les différences enregistrées dans toutes les autres catégories sont insignifiantes, Nous nous occuperons donc uniquement de cette première catégorie où, pour l’année 1949-1950 nous notons 282 cas masculins pour 356 féminins, soit 74 cas de différence ou, en d’autres termes, environ 25 %,. Pour 1948-1949, les chiffres sont 235 et 338, soit 103 cas féminins en plus, ou environ 45 %,. Ces différences sont notables. Nous les rapprocherons des chiffres fournis par COUTELEN. Cet auteur se réfère à des analyses de selles d’enfants d’écoles maternelles de Lille et de la région lilloise. Sur l’ensemble des examens effectués, COUTELEN dénombre à Lille 22,5 % de fillettes et 11,4 % de garçonnets. Pour Douai, les chiffres sont 21,57 % de fillettes et 12,71 % de garçons.
COUTELEN propose, pour expliquer cette différence, le fait que «les œufs d’oxyures étant déjà embryonnés (et par suite infectieux) au moment où le Nématode femelle les pond au niveau de la région ano-périnéale, les filles pouvant présenter une infestation anovulvaire plus étendue, par conséquent, que les garçons, ont peut-être plus de chances que les garçons de s’auto-infester ».
Comme le dit d’ailleurs COUTELEN, cette explication demande à être confirmée par de nouvelles et nombreuses observations.
Nous nous bornerons à signaler ces faits, n’en pouvant fournir aucune autre explication, d'autant plus que certains auteurs affirment que le sexe n’a aucune importance dans la répartition des oxyuroses. ROMAN et COUDERT, que nous avons déjà eu l’occasion de citer, se sont livrés à des examens systématiques sur des enfants de la région lyonnaise. Les examens ont été effectués en 1946 et 1947, sur 300 enfants hospitalisés à l'Hôpital Édouard Herriot et 306 à l'Hôpital de l’Antiquaille.
Après avoir analysé les différents résultats obtenus, les auteurs lyonnais concluent à une non-influence du sexe, quoique dans le service de Pathologie infantile de l'Hôpital Edouard Herriot, ils aient découvert un nombre de fillettes
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infestées, supérieur à celui des garçons. Mais cette différence était compensée par les résultats inverses fournis par les services de Dermatologie de l’Antiquaille, où, il convient de le préciser, l’âge moyen des sujets examinés est nettement supérieur à celui des enfants du service Infantile.
Nous pouvons donc partiellement rapprocher nos résultats, et les comparer entièrement à ceux fournis par COUTELEN qui, lui, ne s’était occupé que d’enfants de 3 à 6 ans.
Il semble donc bien que le sexe n’influe que pour les enfants de moins de 6 ans.
Mais si l’on envisage alors à ce propos l’explication d’une plus grande région d’infestation, on ne voit pas pour quelle raison celle-ci ne jouerait pas pour les autres catégories. Peut-être pourrait-on arguer d’une hygiène plus stricte et notamment la pratique plus fréquente de bains de siège de la part de la femme adulte et un peu chez les jeunes filles, qui compenserait cette plus grande vulnérabilité de la femme à l’oxyurose.
Si nous comparons entre elles les différentes catégories, nous nous apercevons que pour les années 1948-1949 plus importantes numériquement, les moins de 6 ans constituent 573 cas, pour la totalité de 1395, soit plus de 40 %,. Ce chiffre est particulièrement élevé, ainsi que celui de 1949-1950 qui est de 638 pour 1320, soit 48 %. Quoique aucune des statistiques que nous avons consultées ne donne de chiffres aussi élevés, elles tendent cependant toutes à montrer que c’est entre 4 et 8 ans que l’on trouve le plus grand nombre de sujets porteurs d’oxyures. Nous pensons que notre chiffre est particulièrement élevé, d’une part par le fait que l’oxyurose étant surtout considérée dans le publie comme une maladie des petits enfants, les bases de notre statistique se trouvent conditionnées par cette donnée, d’autre part parce que jusqu’à l’âge de 6 ans environ, les émissions fécales sont plus surveillées et par conséquent, les infestations apparaissent plus fréquemment aux parents.
Une des causes de cette densité de l’infestation chez les enfants nous paraît être le manque d'hygiène personnelle des petits qui touchent absolument à tout, et portent souvent leurs mains et les objets les plus divers à leur bouche. A ce propos, nous avons remarqué qu’un grand nombre des enfants infestés fréquentent les écoles maternelles et que les conditions de cette vie en commun ne peuvent, la plupart du temps, que favoriser la propagation des Helminthes. Dans presque toutes les écoles maternelles, les jouets sont propriété commune et passent d’un enfant à l’autre, au hasard des jeux et des choix. Cette pratique a sans doute une valeur éducative indéniable, mais il n’en demeure pas moins qu’il conviendrait d’essayer d’en limiter les incidences pathogéniques par l’emploi de jouets quotidiennement lavables ou individuels.
Nous retiendrons surtout de tout ceci que l’oxyurose se développe à la faveur de la vie en commun, et dans la partie de notre exposé consacrée à l’hygiène, nous
tirerons les conclusions d’ordre pratique.